‹ Une cigale au Salon de 1883Chapitre 23 sur 52 · BIBLIS · texte numérisé non relu

BIBLIS

Elle a couru longtemps; hélas 1 toujours il fuit! Elle est ivre d'amour, elle adore son frère, Oui, le sachant, l'évite, et Biblis le poursuit.

Elle est ivre d'amour, rien ne peut la distraire; Elle court, sous le coup d'un désir furieux ; Enfin, tout épuisée, elle tombe par terre.

Il n'est plus de repos, pour elle, sous les cieux :

Biblis, comme une masse inerte gît couchée ;

Les pleurs, abondamment, s'échappent de ses yeux.

La Terre, en l'entendant, de sa plainte est touchée. Malheureuse, elle tord ses délicates mains, Sa larme recommence et n'est jamais séchée.

Biblis, ton sort paraît triste ; chez les humains Nul ne te comprendra ; ton frère te repousse. Ton mal est sans espoir, les remèdes sont vains.

La consolation que tu sens la plus douce Est de pouvoir pleurer; pleure, pleure, Biblis ; Tes pleurs ont déjà fait un chemin dans la mousse.

Ton père, le Soleil, qui voit tes traits pâlis,

Tout ému de pitié, lorsqu'il poursuit sa course,

Te fait pleurer, enfant aux bras blancs comme u:» lys,

Jusqu'à ce que ton corps charmant se change en source.

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