LES ORPHELINES
Il est mort, couvrez-vous de longs habits de deuil J Orphelines, venez derrière son cercueil, Car il avait pour vous la tendresse d'un père. Vous l'aimiez toutes deux et son ardente voix Vous a fait, tout là-bas, bondir plus d'une fois En vous criant : « Espère ! »
L'étranger croyait bien, ayant pris nos guerriers, Avec tous ses canons et tous ses cavaliers.
N'avoir qu'à chevaucher sur la terre de France ; Mais il parut debout et tout prêt au combat.
Et de chaque Français il a fait un soldat Au cri de résistance.
Le sol n'est plus livré que lambeaux par lambeaux, Le succès, par moment, revient sous nos drapeaux ; La France, succombant, prend un regain de gloire ; Ou*aurait-il fait pour vous, ce noble et fier lutteur. Oui parvint à troubler, un instant, le vainqueur, Môme dans sa victoire ?
\ . Il n'oublia jamais, non pas même un seul jour,
Que vous viviez là-bas dans l'espoir du retour; Sans cesse, il travaillait à briser votre chaîne; Et politique habile autant qu'esprit hardi.
Il n'agissait jamais ainsi qu'un étourdi; ' L'ennemi redoutait sa haine.
Il était craint, au loin, comme il était aimé. La mort l'ayant saisi, jeune et si renommé.
Vous venez, apportant chacune une couronne.
Le g^rand mort a laissé son âme dans nos cœurs ; Comptez sur les Français, toujours, ô chères sœurs Que, loin de nous, on emprisonne.
CHARLES DAUX