‹ Une cigale au Salon de 1883Chapitre 3 sur 52 · BALLADE DE L'ALSACIENNE · texte numérisé non relu

BALLADE DE L'ALSACIENNE

Mon père était soldat français; Je suis née en terre d'Alsace ; J*aime la France et ses hauts faits, Et sa gloire que rien n'efface.

Je sais qu'une victoire passe; Que la guerre a de fiers retours ; J'attends et garde, jamais lasse, Mon cœur à la France toujours.

Si je vis en des jours mauvais, Pour le bonheur de notre race, Que le vainqueur me laisse en paix Chez autrui qu'il porte sa grâce ; Me souvenant, fière je passe, Et, dévoilant tous ses détours.

Je dis, en relevant la face :

Mon cœur à la France toujours.

y\ LA FKANCE TOUJOURS

Qu'il reste fier de ses succès, Qu'avec tant de peine il amasse.

11 ne me conquerra jamais; Mon deuil éternel le tracasse.

Le Français donnera la chasse, Un jour, aux avides vautours, Dont la serre, en vain, nous enlace ; Mon cœur à la France toujours.

ENVOI

Dédaig^nant caresse et menace; Restant fidèle à mes amours, Je conserve, quoi que Ton fasse, Mon cœur à la France toujours.

^^jr^^

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