‹ Une cigale au Salon de 1883Chapitre 32 sur 52 · ETIENNE MARCEL · texte numérisé non relu

ETIENNE MARCEL

Le peuple accourt en foule et salue avec joie, Marcel, le fier tribun, qui, lorsque tout s'abat, Noblesse et royauté, se dit prêt au combat.

La France des Anglais ne sera pas la proie

Tant que vivra Marcel, ivre de liberté.

Un g-reffier, près de lui, vient lire une ordonnance. Que le roi dut signer ; le cortège s'avance, Proclamant au grand jour le mot d'égalité.

Là, bourgeois, écoliers et manants, pêle-mêle, Accourent pour mieux voir leur défenseur aimé. Et sur tout le chemin son nom est acclamé.

Marcel, la royauté doit bien veiller sur elle.

Tu répands dans les cœurs un éclatant flambeau Que les siècles, en vain, essayeront d'éteindre; La vérité du temps n'a jamais rien à craindre;- Car elle sait sortir plus vive du tombeau.

Rejetant de côté noblesse abâtardie,

Tu comptes sur le peuple, et c'est avec raison.

Après Poitiers, après Crécy, qu'est le blason?

Tu veux un sang nouveau, plus jeune et plein de vie.

Plus tard, comme un martyr, tu tomberas frappé ;

Mais fayant vu, toujours, pour son bien occupé,

Paris H'oublîra pas ton ardente parole.

Gomme aujourd'hui, couvrant ton front d*une auréole,

11 voudra, libre et fort, à jamais te bénir,

O bourgeois, ô rêveur du progrès à venir.

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