L'USINE A GAZ
SONNET
Les charriots blindés de fer, coffres mouvants, Apportent dans la cour la matière enflammée Qii'on retire des fours, à moitié consumée ; Et le coke se fait de ses charbons brûlants.
De rudes ouvriers, travailleurs vigilants.
Jettent des seaux pleins d'eau sur la masse allumée ;
On les voit au milieu d'une épaisse fumée,
Noirs comme des démons, les membres ruisselants.
Paris comme l'usine est bien une fournaise ; On y sent le travail comme un feu sous la braise Ayant pour aliments : le corps, l'esprit, le cœur ;
Le plaisir est au bord ; au fond, la grande ville Doit à son dur labeur incessant et fertile De jeter dans le monde une immense lueur.