NYMPHE QUI PLEURE
Tu caches dans tes mains ta tête, Jeune nymphe ; pourquoi pleurer?
Conte-nous ce qui t'inquiète ; Pourquoi tant te désespérer?
Qpand le soleil luit sur la terre, Pourquoi, dans un coin solitaire.
Près de Tarbre viens-tu gémir?
Qpand on est jeune et qu'on est belle, La douleur n'est pas étemelle ; Le temps vient toujours l'endormir.
Dis-nous ton chagrin, ô mignonne, Dont le corps a tant de blancheur, Qpe le bois entier en rayonne Et te garde comme une fleur, Comme une fleur si délicate, Qu'on la contemple et qu'on là ^ktt^ Qyànd son bourgeon vient à pousser.
Est-il donc une âme inhumaine Qyi put te faire de la peine, Qyand tous voudraient te caresser?
NYMPHK Ql!I PLi:UKE
As-tu perdu dans le bocage
Un de tes oiseaux favoris,
Qyi recherchait ta main pour cage,
Et quêtait ton gentil souris.
Tu l'as rencontré sur ta route,
Ce matin, couché mort ; sans doute
Tu regrettes le malheureux
Oiseau, dont la voix est éteinte.
Qui ne voudrait mourir sans crainte
Étant pleuré par de beaux yeux?
Peut-être aussi qu'un fier jeune homme Parla-t-il, prés de toi, d'amour, Pour une belle qu'on renomme; Pour sa grâce et pour son humour.
A la beauté tu viens de naître ; Tu n'auras bientôt qu'à paraître Pour être adulée à ton tour ; Tu verras chanter les poètes ; Les peintres prendront leurs palettes Afin de te faire la cour.
Sois fière; ta grâce naissante Promet des triomphes prochains ; On aime à te voir innocente Et le visage entre les mains.
Ton mal n'est pas bien grand, fillette ; Ton cœur pour un rien s'inquiète ; Tu feras autrement souffrir, Plus tard, quand ta coquetterie
Jettera, parmi la prairie.
Un mal difficile à guérir.