‹ Une cigale au Salon de 1884Chapitre 27 sur 53 · CHANSON DE PIERROT · texte numérisé non relu

CHANSON DE PIERROT

« J'aime les jours de carnaval « Où je quitte l'habit noir, triste, <i Pour un vêtement moins banal ; « J'aime les jours de carnaval !

« J'aime le vin, j'aime le bal ; « J'aime errer ainsi qu'un artiste ; « J'aime les jours de carnaval « Où je quitte l'habit noir, triste.

« J'aime surtout un souvenir « D'une bien étrange aventure « Qyi n'aurait dû jamais fmir.

« J'aime surtout un souvenir ; « En vain, je voudrais le bannir, « J'y pense tant que le jour dure.

« J'aime surtout un souvenir « D'une bien étrange aventure.

« Étant en Pierrot, l'an dernier, « J'aperçus une Colombine « Qyi me fixait d'un air altier, « Étant en Pierrot, l'an dernier,

. Elle passait sans cavalier, •t Attira par sa taille fine, -L ÉUnt en Pierrot, l'an dernier, •• J'aperçus une Colombine. »

Je m'approche et lui dis riant :

(1 Je vous reconnais sous le masque

« Rien qu'à votre coup d'œil brillant. *

Je m'approche et lui dis riant :

« Vous avez le port élégant,

« Et le caractère fantasque. »

Je m'approche et lui dis riant :

H Je vous reconnais sous le masque.

- Vous êtes belle ! » — « Je le sais, u N'avez-vous rien autre à me dire? »

Je répète, mais sans succès :

i4 Vous êtes belle. » — « Je le sais. »

** — Vous avez le teint rose et frais; « Vous avez un charmant sourire.

« Vous êtes belle. » ■ — « Je le sais, « N'avcz-vous rien autre à me dire? »

K Je vous quitte, Pierrot, bonsoir; i Rien ne m'a séduit sur ma route, t Ni paru remarquable à voir.

< Je vous quitte, Pierrot, bonsoir. »

( — Pas avant, dis-je, plein d'espoir,

< De souper avec moi sans doute? »

* ' — Je vous quitte, Pierrot, bonsoir;

< Rien ne m'a séduit sur ma route.

« J'ai trouvé plus d'un soupirant « Charmé par ma coiffure blonde. »

Me lance-t-elle en ricanant.

« J'ai trouvé plus d'un soupirant.

« Votre empressement paraît grand ; « C'est sur ma beauté qu'il se fonder « J'ai trouvé plus d'un soupirant « Charmé par ma coiffure blonde.

« Elle vient droit du perruquier;

« Elle me donne de l'allure,

« Un air attrayant et guerrier;

« Elle vient droit du perruquier.

« Vraiment, à qui donc se fier?

<( Vous admirez ma chevelure ;

« Elle vient droit du perruquier ;

« Elle me donne de Fallure. »

« — Parbleu, je n'en démordrai pas, « Je vous suivrai, fussiez- vous laide.

« Voulez- vous accepter mon bras?

« Parbleu, je n'en démordrai pas!

« Je crois deviner mille appas !

« Que Cupidon me vienne en aide ; « D'ailleurs je n'en démordrai pas, « Je vous suivrai, fussiez-vous laide.

« — Je vais très loin. — Je vous suivrai.

« — Et jusqu'où? — Jusqu'au bout du monde,

« Oui je vous accompagnerai.

« — Je vais très loin. — Je vous suivrai.

« Je sens que je vous aimerai ;

« Ma tendresse sera profondei

« — Je vais très loin. -^ Je vous suivrai.

« — Et jusqu'où ? — Jusqu'au bout du inonde. »

Vers les deux heures du matin, J'arrive en une chambre blanche, Où j'entre, l'esprit incertain, Vers les deux heures du matin.

Accompagnais-je un doux lutin?

J'avais peur d'une laideur franche.

Vers les deux heures du matin, J'arrive en une chambre blanche.

J'étais dans un exquis boudoir.

Auprès d'une femme divine; Qyand elle ôte enfin son loup noir, J'étais dans un exquis boudoir.

Elle était si jolie à voir

Qye tout le reste se devine

J'étais dans un exquis boudoir.

Auprès d'une femme divine.

Le lendemain, je la vis fuir.

Où s'en va l'oiseau qui Venvole Et que Ton ne peut retenir?

Le lendemain, je la vis fuir.

Elle promit de revenir Dans un an ; chère tête folle ! Le lendemain, je la vis fuir.

Où s'en va l'oiseau qui s'envole?

Un an est long à s'écouler?

Cette nuit passa comme un songe Que rien ne saurait rappeler.

Un an est long à s'écouler.

Il est passé. Je sens trembler Mon cœur ! si ce temps se prolonge !

Un an est long à s'écouler !

Cette nuit passa comme un songe.

Il se rouvre ton boudoir blanc ; Oh ! je t'adore, Colombine.

Tout plein d'amour, venu tremblant, II se rouvre ton boudoir blanc.

Je crois être au ciel rayonnant.

Là, près de moi, je te devine.

11 se rouvre ton boudoir blanc.

Oh ! je t'adore, Colombine.

Page 1