‹ Une cigale au Salon de 1884Chapitre 37 sur 53 · ORPHÉE · texte numérisé non relu

ORPHÉE

Il s'en va, le jeune homme, à Taube matinale, Beau comme un Dieu ; son cœur attend la floraison : Eurydice n'a pas encore à l'horizon Montré, pour le charmer, sa grâce virginale.

La lyre dans les mains, les yeux levés au cie^ Il chante; les rochers semblent avoir une âme; Il chante ; l'univers qui l'écoute Tacclame : C'est Orphée, et son chant est doux comme le miel.

Il chante; il voit venir à lui les tourterelles; n chante; les amants accourent à sa voix; Il chante; le lion ému sort des grands bois; Il chante, et sur la terre il n'est plus de querelles.

Il chante; les oiseaux s'embrassent dans les nids; n chante, et l'on peut voir s'accoupler les vipères. O Rhapsode charmeur qu'ont célébré nos pères, Qyels accords trouvais-tu pour tes rythmes bénis?

N'es-tu pas un écho vibrant de la nature?

L'objet même insensible, ému, pour t'ccouter, Semble se redresser afin de te fêter.

Lorsque tu vas, rêveur, errant à l'aventure.

Tu vois sur ton chemin les êtres égayés.

Comme tu sais parler le langage des choses! Ton chant divin s'étend comme un parfum de roses : C'est pourquoi les lions se couchent â tes pieds.

CHARLES DAUX

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