‹ Une cigale au Salon de 1884Chapitre 4 sur 53 · TEMPÊTE · texte numérisé non relu

TEMPÊTE

SONKET

L'immense mer rugit ; les vagues déchaînées Viennent, en se choquant, se combattre dans l'air, Comme font, au combat, des troupes bien menées. Le ciel nuageux va faire jaillir l'éclair.

L'assaut est incessant des lames forcenées Se brisant sur les rocs avec un bruit d'enfer ; On voit rouler au loin les barques condamnées, Malgré les matelots, dont les bras sont de fer.

En vain les malheureux, ballottés par l'orage. Auront trouvé la mort tout auprès du rivage.

Laissant des fils sans force et des femmes en deuil :

L'Océan, sombre à voir en ces jours de colère. Viendra vers les vivants, de nouveau sûr de plaire. Et le soleil joyeux fera rire l'écueil.

Oh ! comme elle a souffert ! le cœur tout plein d'alarmes,

Elle a longtemps douté de son affreux malheur ;

Elle n'a même pas, pour calmer sa douleur,

Le corps de son amant pour Tinonder de larmes.

O belle aux cheveux noirs qui la suis pas à pas, A l'air aventureux plein de coquetterie, Quoiqu'elle ait un mal dont tu te serais guérie, Regarde ta compagne et ne la quitte pas.

Plus rien de merveilleux, ici-bas, ne la touche; La mer qui nous séduit avec son bel azur Ne lui paraît qu'un lit où le sommeil est sûr ; Et des sons douloureux s'échappent de sa bouche !

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