‹ Une cigale au Salon de 1884Chapitre 49 sur 53 · LE MEETING · texte numérisé non relu

LE MEETING

Ils sortent de l'école où l'esprit des enfants

S'est trop longtemps nourri de sujets étouffants :

De Taride calcul et de l'âpre dictée;

De la dure leçon mot i mot récitée,

Sans en saisir assez le sens et la raison.

On les a fait sortir enfin de leur prison!

Adieu bouquins; adieu pensums; adieu vieux maître,

Qlii, toujours courroucé, semble ne pasconnsûtre

Qjie l'air vif a du bon et vous met en gaité ;

Qy'il est doux de courir, joyeux, en liberté ;

Qu'il ne faut pas longtemps que les jambes se rouillent.

L'enfant est un oiseau dont les lèvres gazouillent ;

Qyi n'a qu'un seul désir, qu'un seul plaisir : jouer.

11 veut, étant resté calme, se remuer.

Mais à quel jeu jouer? oh ! la question grave !

Pour bien l'élucider, il faudrait un conclave.

Aussi voit-on souvent, sur le bord du chemin.

Des gamins réunis, la toupie à la main.

Le bout du fouet aux dents, au sortir de l'école,

Et là, des orateurs à la chaude parole,

Écoutés de chacun, éloquents, entraînants, Parlent de ce qui fait le bonheur des enfants. Et l'esprit se reporte au beaux jours de Tenfance, Dont le plaisir était Tunique jouissance; Où Ton rêvait de jeu, comme on rêve d'amour ; Où Ton aurait voulu s'amuser tout le jour.

Ignorant des meetings ennuyeux, politiques ; On se réunissait pour des choses pratiques; L'un n'avait pas raison, l'autre n'avait pas tort ; On faisait tout afm de bien tomber d'accord, Et, l'accord établi, la petite assemblée Prenait dans le préau, joyeuse, sa volée.

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