‹ Une cigale au Salon de 1884Chapitre 50 sur 53 · LAGE DE PIERRE · texte numérisé non relu

LAGE DE PIERRE

Voici, père, voici ce que nous avons fait :

Nous avons, ce matin, parcouru la montagne Où l'ours horrible et fort comme un maître vivait, Car nous nous étions dit que le manger se gagne Alors qu'on est sans peur; rien ne nous effirayait.

Le chemin était dur et la béte féroce.

Nul n'a tremblé parmi tes fils braves et fiers ;

Ils allaient au combat comme on part pour la noce ;

Et les périls prévus même leur semblaient chers,

Dût la béte entr'ouvrir pour eux plus d'une fosse.

Les chiens allaient devant pour sonder le chemin, Et nous, l'oreille au guet, hardis à l'escalade. Nous avancions avec nos haches dans la main ; Qyant tout à coup bondit, sortant d'une embuscade, L'animal plus terrible, excité par la faim.

COHMON (P.-C.),

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