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5. M. Lambros, loc. cit., préfère reconnaître une ventouse dans l’ustensile tenu par cette femme; M. Leroux ne partage pas cet avis.
d’Hermès barbu auquel elle parait s’adosser. Plus loin, à droite, un autre athlète, debout et nu, met la main à son épaule droite et présente un aryballe à un troisième athlète nu, qui est assis sur une espèce de rocher ou de banc et qui trempe dans l’ aryballe une bandelette, sans doute pour en faire une compresse. — B. Scène à trois personnages. A gauche est debout un homme drapé, barbu, tenant de la main droite une longue branche recourbée1 qu’il incline au-dessus d’un athlète nu, tourné à gauche et un genou en terre, dont le visage est enveloppé d’un pansement et aune expression souffrante. Plus loin, à droite, un autre athlète nu s’avance vers les précédents, soutenant son bras droit avec la main gauche, comme s il était cassé. —
Les bandages qui entourent les têtes des blessés sont indiqués avec assez de soin, et il n’y a pas de doute possible sur l’intention du peintre ; la mentonnière est figurée par deux traits noirs laissant un intervalle réservé en clair. Je ne sais si la tache noire placée sur le tibia gauche de l’homme accroupi représente un pansement, ou si c’est une simple goutte de couleur tombée par accident pendant l’exécution du vase.
Il est évident que ces curieuses peintures se rapportent aux blessures reçues par des athlètes dans la palestre on dans les concours. Mais la guérison paraît être demandée ici à des moyens plutôt miraculeux, comme dans le fameux sanctuaire d’Esculape à Epidaure2 3. J'estime, avec M. Lambros, que la femme figurée au centre du premier tableau doit être la déesse Hygie, ou Iaso, ou quelque autre fille d’Esculape. Le personnage drapé du second tableau ne peut pas être le dieu guérisseur, qui serait reconnaissable à des attributs plus distincts ; on penserait plutôt à Machaon, fils d'Esculape, ou à tel autre héros médecin. La présence de ces personnages mythiques n’est pas en contradiction avec un fait historique connu, qui est la date assez basse où le culte d’Esculape et d’Hygie fut introduit en Attique. C’est seulement en 420 av. J.-C. que le dieu d’Épidaure prit officiellement possession de son temple sur la pente de l'Acropole :!. Hygie y entra en même temps que lui ; le reste de la famille suivit, ses fils Machaon et Podaleiros, puis ses autres filles, Akéso, Iaso,
1. Je pensais reconnaître une torche clans cet accessoire; mais M. Leroux m’écrit qu’aucun détail n’indique une flamme à l’extrémité de la hampe.
2. Voy. Defrasse et Léchât, Épidaure, avec le récit des guérisons miraculeuses, p. i/|2 et suiv.; Dr. A. P. Arabantinos, ’Ar/./ojz'.c; xat xà ’AaxXYjraeta, 1907, p. 79 et suiv.
3. Cf. Léchât, article Ilygieia du Dict. des Antiq. de Saglio, p. 324, 325.
MONUMENTS ET MEMOIRES
Panakéia. Le cratère du musée d’Athènes n’est certainement pas antérieur à la fin du vc siècle ; il peut être du ivc. Par conséquent, la chronologie s’accorde bien avec la composition de la scène. Allons plus loin; disons quelle s’explique par l’importance nouvelle du culte d’Esculape et de ses guérisons miraculeuses. Grâce à l application d’un simple baume, Hygie fait disparaître la souffrance des blessés. Quant au héros guérisseur, je pense qu il est représenté étendant son sceptre, ou un rameau, dont le seul attouchement suffît à guérir les éclopés. La pose du personnage accroupi rappelle l’attitude rituelle de ceux qui prenaient part à la cérémonie religieuse du Dios kodion, cérémonie expiatoire où l’initié, soumis à la lustration, s’agenouillait sur la peau de la victime étendue à terre1. Malheureusement le style du vase est tellement négligé, les accessoires indiqués par des touches si hâtives, qu’il est difficile d’interpréter avec sûreté tous ces détails. Il n’en est pas moins vrai que ce cratère rentre aussi dans la série des plus précieux documents que l'antiquité nous ait légués sur la médecine des Grecs.
A quelle époque et à quel groupe de la fabrication attique appartient l’aryballe de la collection Peytel? Nous connaissons quelques vases qui présentent la même structure, fort rare dans la série des vases à figures rouges2 3. Le premier appartient au musée de Boston ' et porte le nom de l epbèbe Panaitios, ce qui le classe parmi les vases contemporains de la jeunesse d’Euphronios et de la manière
1. Voy. Je Dict. des Antiq., II, p. 265, fig. 245o; de Witte, Descript. des Antiq. de l’Hôtel Lambert, pl. XXII.
2. Un spécimen en pierre, trouvé à Théra, dans la nécropole de Sellada, offre exactement la même forme ; mais il n’a pas d’ouverture, c’est un simulacre de vase (Dragendorff, Theraeische Graeber, p. 77, lig. 278).