‹ Une colonie féodale en Amérique (volume 2)Chapitre 24 sur 45 · MORICE · texte numérisé non relu

MORICE

— Laverdeur. » (La Ver-

dure.)

Lettre du lieutenant-gouverneiu' Doucett en 1718, suivie de la réponse du mca^quis de VaudreuU , sur les injustices (fue M. Nicholson a fait subir aux Acadiens en 1714.

Le 15 avril 1718, le capitaine Jean Doucett, alors lieutenantgouverneur d'Annapolis, écrivait au marquis de Vaudreuil. Il en référait au traité et priait Son Excellence de lui écrire une W^^ne ou deux, « pour montrer ici aux habitants que ceux qui ont l'intention de devenir sujets du roi de la Grande-Bretagne, ont franche liberté, selon les articles de la paix si^ifnée à Utrecht, et que pour ceux qui ne deviendront pas sujets de Sa Majesté le roi Gcoqjcs^ vous vouliez bien leur donner l'ordre de se retirer au Canada ou dans

toute autre colonie française

« Prie/ aussi l'archevêque do Québec de vouloir exhorter les missionnaires ;\ ne rien faire qui puisse exciter les habitants français à ajifîr contre les intérêts du roi Geor(][cs, les deux nations étant maintenant en paix ; s'ils le ftiisaient, je serais obligé d'agir d'une façon qui ne serait agréable ni pour eux, ni pour moi. J'espère, que par l'ordre de leur évêque, ils se conduiront comme ils doivent et que toutes choses seront paisibles et moi tranquille. »

Lettre de M. de Vaudreuil.

Le marquis répondit le 22 septembre 1718. Il repoussait toute

idée d'excitation cliez les sauraj^es, pour leur faire insulter le {jouvernement an^^lais durant la paix. Il ne voulait pas croire les missionnaires assez malavisés pour cherclier à faire révolter un peuple qui s'était soumis.

Il se plaif^nait que les habitants, qui par l'article 14 du traité avaient la liberté de s'en aller avec tous leurs effets , s'étaient vu refuser des passe-ports et la liberté d'emmener leurs bestiaux et leurs meubles.

Il ajoute : " Je vous prie aussi de ne pas permettre à vos vaisseaux anglais d'aller clans la rivière Saint-Jean, qui est toujours une possession française. » — Les habitants furent pressés par les gouverneurs d'Annapolis ou de prêter le serment, ou de quitter le pays.

Louis Allain écrivit à Vaudreuil sur le même sujet. Le marquis lui répondit qu'ils avaient le droit d'emporter avec eux leurs bestiaux et leurs meubles, (^Colonial Records, à Londres.)

Extrait (Tune lettre du capitaine Doucett à M. Saint-Ovide Broiiillanlj datée de Royal-Annapolis, le 16 mai 1718. (Londres, Colo^ niai Records.)

« TROISIÈ!\IEME^^T. — J'ai* à me plaindre de ce que l'arrangement entre les habitants français et le capitaine Laronde-Denys n'ayant pas été observé par vous, cela a été un grand dommage pour ces provinces appartenant à Sa Majesté le roi Georges ; car, au départ de ces habitants, qui avaient signé, nous aurions garni leurs plantations avec des sujets de Sa Majesté, et autrement, si lesdits habitants n'avaient pas souscrit à un arrangement de départ sur la promesse de M. Pensance et le capitaine Laronde-Denys de pourvoir a eux et à leur famille, ils se seraient sans doute déclarés tous les sujets de la couronne d'Angleterre selon le 12*^ article de la dernière paix signée a Utrecht, par laquelle feu Sa Majesté très chrétienne^ cédait et transmettait tous les habitants français à feu Sa Majesté et à la couronne d'Angleterre pour toujours, aussi bien que la Nouvelle-Ecosse avec ses anciennes limites.

« Je pense que puisque le susdit arrangement entre le capitaine Laronde-Denys et ces habitants n'a pas été exécuté dans le temps fixé par feu Sa Majesté pour leur sortie dehors ses Etats, il pourrait être annulé et non avenu, si les habitants le désirent aussi; mais si quelques-uns d'entre eux ne désirent pas changer cet arrangement avec le capitaine Laronde-Denys, je pense qu'alors vous

356 QUATHIEME SERIE.

voudrez Lien diriger et fournir les moyens nécessaires a leur évacuation, tlansles Etats de Sa Majesté Très Glu'étienne, aussi promptement que possible. Sur tous ces points, j'attends avec impatience l'honneur de votre réponse, que je puisse transmettre au Roi mon maître. »

Extrait of a lelter from M, Saint-Ovide de Brouillant daied Louisbourfjf, 'i\. july 1718. (Londres, Coloiiial Records.)

« A ré{jard des plaintes que vous me faites, que les habitants de l'Acadie ne s'estant point retirez comme l'on en estait convenu, et que ce retardement à causé de la perte à Sa Majesté Britannique, vous avez deu savoir, Monsieur^ Tympossibilité dans laquelle M. de Nicholson et autres commandans de l'Acadie les ont mis de pouvoir exécuter les conventions que l'on avait fait.

« Les uns en ne voulant pas leur laisser emporter leurs biens, et les autres n'aiant voulu permettre qu'il leur feut par nous envoyé des appareaux pour jjréer les petits bâtiments qu'ils avaient construits et dont ils ont étez oblij^ez de se défaire presque pour rien aux marchands anglais ; je ne manquerai pas d'informer le roi, mon maître, de tout ce que vous me marquez sur cela, afin qu'il y donne les ordres qu'il jugera à propos. »

This letter in answer to one from capitaine Doucett of iO may

A V honorable Lawrance Armstrong , lieutenant-gouverneur, — Rap^ port de Wroth, écuyer, sur sa mission au fond de la baie. (Londres, Colonial Records of Ainerica.)

Page 1