‹ Une colonie féodale en Amérique (volume 2)Chapitre 27 sur 45 · II · texte numérisé non relu

II

tuent qunrante-cinq liommes. — M. do Roisliébert se tient en correspondance avec les Acadiens r<î3tos dans la presqu'île, etnotimment avec M. Mavacbe, missionnaire à Mirarnicliy,

Lettre de Vaudreuil, 30 octobre 1755.

Les xAnglais ont enlevé de force tous les Acadienir et la plupart des femmes des habitants de Tintamare, du Lac, de Pont-à-Buot; M. de Boishébert n'a pu arriver assez tôt pour les en empêcber; il ne restait que ceux de Péticodiak, Mémérancouque et Gbipoudy, qu'il a sauvés. Ils ont fait fustiger plusieurs femmes, dont deux sont mortes sous leurs coups. M. de Roisbébert va faire passer toutes les femmes et les enfants à Gbédiak.

Mémoire de Vévêfjue de Québec, du 30 octobre 1757.

L'ile Saint-Jean serait un pays de blé, mais elle n'est pas ])ien établi(\ Depuis qu'il y a passé de nouveaux xAcadiens^ il y a au moins 6,000 habitants. Ce qui rest(^ dans l'Acadie anj^laise (presqu'île de l'Acadie) est tellement dispersé, qu'on ne sait plus où les prendre. Ils sont principalement :

Au cap Sable^ à l'extrémité est de la presqu'île, sous la (conduite du missionnaires M. Desenclaves, qui s'y est réfugié avec un petit nombre de familles qui y vivent comme elles peuvent et qui, continuellement, sont chassées et harcelées par les Anglais, — ils sont obligés d(? se cacber dans les bois, — du reste, il y a longtemps qu'on n'en a eu de nouvelles.

Sur la Grande Rivière, à la côte de l'Est, il y a un certain nombre de familles assez considérable qui se soutiennent mieux et qui, jusqu'à présent, ont été en état de s'opposer aux incursions fréquentes des Ani^laîs; ils demandent un missionnaire, à charge pour eux de le payer et de l'entretenir.

Il reste encore quelques Acadiens dispersés sur les rivières de Gbipoudy, Péticodiak et Memcrancouque ; ils étaient là, autrefois, 2,897 habit nits; les Anglais leur font une chasse continuelle. A Miramichy, ceux (pii s'y sont réfugiés sont dans la plus affreuse

misère.

XIIÏ

Documents sur l'île Saint- Jean,

Bordereau des comptes de l'île Royale, jusqu'à la fin de décembre

1756. (Registres de 1756, île Royale.) Cliapitre : Transmigration des Acadiens. (^Arch. mar.)

« On a payé, à Paul Bugeaut, Abraham Dugas, Joseph Dugas, « Jean-Baptiste Le Marquis, Francis VijTneaux, etc., etc., habi- M tants de Tilc Saint-Jean, pour voya{^cs faits afin d'amener les « Acadiens dans l'île Saint-Jean et aussi pour leur porter des pro- « visions à terre, plus de trois cents voyages, pour 60,000 livres « environ. Le plus grand nombre de voyages sont : de Tatami- « gouche au port la Joye ; de Cocagne au port la Joye, ou à Vile « Saint-Jean et a Bedek^ etc., etc. Plusieurs sont marqués de Tile « Saint-Jean à Cocagne.

« Beaucoup sont mentionnés expressément comme ayant ra- « mené des bestiaux de la baie Verte a l'île Saint-Jean. »

Lettre de M, Prévôt , du 26 novembre 1756, à Louisbourg.

«... Je n'ai pu envoyer à M. de Villejoint (île Saint- Jean) tous « les secours qu'il m'a demandés pour faire vivre cette multitude « de réfugiés qu'il a voous depuis un an ; il lui en reste encore qua- « torze cents, indépendamment de tous C( ux qui sont retournés à « Miramichy et de ceux que ce commandant a exportés en Canada. »

Suivent des détails curieux sur l'état de l'île, sur ses bestiaux (il y a défense de tuer et vendre les vaches et brebis), sur le placement et l'installation des Acadiens réfugiés.

Lettre de M, Raymond de Villejoint^ commandaîit de Vîle Saint- Jean, 8 septembre 1758. (^Archives maritimes,)

Il commence en disant qu' « on a ensemencé dans l'île tout ce qu'il y avait de grains en magasin et tout ce que le bateau du Roy a apporté à cet effet; ou aurait pu en ensemencer davantage, tant j'ai fait préparer de terres, selon vos ordres; en bestiaux, l'ile s'est garnie depuis trois ans, de manière qu'elle aurait pu secourir efficacement l'approvisionnement de Louisbourg. L'ennemi ne s'est point présenté sur nos côtes avant la prise de Louisbourg, mais cette prise a entraîné notre perte. Trois mois après la reddition de Louisbourg, le colonel Rollo est venu à l'île Saint-Jean, avec les deux officiers que M. Drucourt m'envoyait, avec ordie de suivre les articles de la capitulation,

« Nous aurions eu le temps d'évacuer le pays, si cela eût été possible, mais Miramichy, qui est le port le plus à portée, est sans

vivres; quelques-uns de nos habitants, qui, étaient le plus à portée, y ont é(é avec leurs esquifs et out été obligés de revenir, plutôt que d'être exposés à mourir de faim.

« J'ai présenté requête au colonel Rollo, pour que les habitants pussent rester sur leurs terres, — mais à Louisbourg on n'a point acquiescé à cette demande; les généraux anglais semblent désirer l'évacuation totale des habitants. — Je ne pense pas, cependant, qu'ils puissent y réussir pour cet automne; quoique M. Rollo ait déjà lait embarquiu', en même temps que moi, environ sept cents personnes, il reste encore sur l'île environ quatre mille âmes; il n'est point facil<^ (rembar(|uer tant de monde.

« Tout ce misérable peuple va donc, je crois, se rendre en France. J'ose vous représenter leur triste situation, — il y «t^ trois ans que les derniers réfugiés sont sur l'ile. Il leur a fallu essuyer bien des pertes et des fatigues pour s'y rendre, et là ils se sont trouvés dénués, })our ainsi dire, de tout secours. — Je n'avais que trèspeu de choses à leur distribuer, et ce n'est qu'en rendant fréquentes de milices distriljutions que je suis parvenu à ne voir mourir personne de toutes ces misères

*' Lorsque je serai en France, qu'il me soit permis de joindre

ce peuple ; je crois utile, pour éviter la maladie, de les placer éloignés d'un port de mer, et, si vous avez confiance en moi, je m'offre de les suivre dans la destination qu'il vous plaira de leur fixer.

« Ce sera, selon moi, un grand mal de ce que les Anglais ne permettent pas à un certain nombre de rester sur l'île; il sera par là bien difHciie de la remonter en bestiaux. Il en restera plus de six mille à la disposition des Anglais. «

Relation de V amiral Boscawen, après la prise de Louisbourg, en 1758, sur la capitulation de Vile Saint-Jean, (Beamish, Histoire de la Nouvelle-Ecosse, p. 347.)

La chute de Louisbourg entraîna la soumission non-seulement de l'île du Cap-Breton, mais de l'île Saint- Jean ; les habitants de cette dernière étaient, d'après le rapport officiel de Boscavven : à la pointe Prime, 700 ; Rivière du Nord-Est, 2,000; Saint-Pi^nTe, 700; pointe I>ford, 500; rivière du ]Xord et de l'Ouest, 700; total : 4,600 âmes.

Ce recensement de Boscawen est évidemment approximatif; cela

résulte des cliiffres roads qu'il donne, et il est incomplet, car toute une série de localités, toutes celles qui sont à l'est et au nord de Tîle, sont omises; ces localités comptaient, en 1753, 360 âmes ; ce sont : Tracadie, Malpec, Bédec, Rivière des Blonds, pointe de l'Est et pointe Fortune.

Ce n'est pas les évaluer trop haut que de les estimer, en 1758, à 600 ou 800 âmes, quand le port la Joie et les environs avaient plus que triplé leur population.

Gela nous ramènera donc au chiffre de 5,000 à 5,500 âmes, fort proche de l'estimation faite par l'évêque de Québec : il pouvait donc très-bien y avoir entre 6,000 a 7,000 âmes, quand la proscription eut lieu.

Etat de l'île Saint- Jean, en 1758.

Dans le rapport de l'abbé de l' Ile-Dieu, vicaire f»énéral de Québec, daté de Paris le 15 janvier 1758, on trouve l'article suivant : Mission de Saint-Louis du Nord-Est (ile Saint-Jean), missionnaire : M. Gassiet. Par le dénombrement de cette mission fait en J755, il paraît qu'il y avait alors :

Hommes 113

Femmes , 114

Garçons portant les armes 80

Jeunes garçons, 146

Filles. . 220

En tout 673 hab.

Les autres missionnaires qui la même année desservaient Tile Saint-Jean étaient au nombre de cinq seulement, savoir :

Au port Lajoie (aujourd'hui Gharlottetown), un Père BécoUet, aumônier du port.

A la pointe Prime (ou Grande-Sanction), l'abbé Girard, missionnaire depuis plus de vingt ans, tant à l' Acadie qu'au susdit poste.

A Saint-Louis, nord-est, l'abbé Gassiet.

A Saint- Pierre du Nord, les abbés Peronnel et Biscaret. A la mission de la Sainte-Famille, sur la rivière Malpec et dans le village de Bedeck (aujourd'hui Summerside), M. Dosque.

Il n'y avait en Acadie, la même année, que les missionnaires Dandin, Le Ghevreux, Desenclaves, Lemaire et Le Guerne^.

^ Rapporté par M, Tanguay, dans le Foyer domestique d'Ottava ou de Montréal, en 1876, p. 83.

390 QCATRiEME SEIUE.

Récit du vieux Fougère cVArichat, né en J76i,

J'ai recueilli ce récit de la bouche même de ce vieillard, à Saint- Pierre, 8ur le Gut de Ganseau, le 14 août 1860 :

Du temps de sa jeunesse, il y avait 18 maisons en Arichat, ^ ou 5 à Descousse, 4 au petit Dégrat. — Son père était de Saint- Pierre (Port-Toulouse).

Lors de la j^uerre américaine, 1774 ou 1775, ils far<'nt obligés <le quitter l'iie; il n'y resta que six familles, le reste se sauva à Halifax et de là s'établit en partie à Chezetcook ; puis à la paix ils revinrent ici. — Les anciens habitants de Port-Toulouse ont émigré, les uns à Saint-Pierre, les autres à l'Ardoise. — A Tracadie (N.-E,), dès avant la guerre américaine, il y avait quatre familles : Benoit, Fougère, etc. ; puis, après la guerre, il en vint d'autres, entre autres, le père et l'oncle de M. Girouard, revenant du Nouveau- Brunswick. Tout ce monde-là paraît s'être réfugié momentanément à Chezetcook. Lui, Fougère, y est resté trois ans; il a vu souvent traîner par des femmes le bois que \e,?> hommt^s menaient à Halifax dans des barques. II a vu là des Surette, qui ont dû plus tard aller vers Shediac.

Aux environs de vingt-trois ans, en 1784, il navigua aux îb\s Madeleine : il y avait alors à l'z/e à l'Entrée, autrement dit le havre Auhert, huit maisons. Ces premiers habitants étaient d(\s Cormier, des Boudrot; puis il y est venu des gens de Saint-Pierre : Vigneau, Ricliard, Sire, Petit- Pas et Briand. A l'âge de trente ans, il se rappelle (ju'il y avait bien plus de monde; il y avait une famille Manceau. Déjà Goffin (l'amiral) prétendait lever sur eux des rentes.

II a assisté à une tournée de l'évêque, avec un prêtre canadien, Migneau. — Discussion sur la différence entre la condition de>^ terres aux îles Madeleine et à Vile Madame,

Quand il avait vingt-deux ans, vers 1782, il n'y avait que deux familles à Gheticamp : Pierre Bois et Joseph Richard, dit Matinal. Ces familles étaient anciennement à Port-Toulouse; puis, lors de la Révolution française, ils se réfugièrent à la baie des Chaleurs, d'où ils vinrent au Grand-Cheticamp, rejoindre les Jerseyais qui faisaient déjà la pêche là ; puis il vint d(îs Landry, des Aucoin, etc., etc., venant de l'île Saint-Jean.

Le premier curé d'Arichat, à sa connaissance, était M. Bailly,

un Canadien, mairi il n'était que missionnaire passant; c'est lui qui l'a baptisé à l'âge de cinq ans; il se rappelle d'avoir choisi son parrain et sa marraine; puis Mac Eacliarn, un Ecossais qui depuis a été évêque à l'ile Saint-Jean; puis M. l'abbé P)Our{î (c'était un Acadien, nous dit positivement le père Fouf^ère) ; puis M. Phelan, Irlandais, M. Le Jamtel, M. Alain, et enfin M. Champion, dont il a fait la tombe dans le cimetière. Après M. Champion, M. Potdevin, M. Gaulin, M. ïludon, M. Boy, M. Laré, M. xAnsart.

INous avons quitté ce bon vieillard à quatre heures du soir; je lui ai serré les mains avec effusion, et il m'a (bt : « Nous ne reverrons donc plus la vieille souche française revenir ici? J'aurais pourtant bien voulu voir ceba ! » — Je lui dis : « Qui sait, peut-être! — Ah! dit-il, je suis trop vieux, il faudrait que je n'aie que trentecinq ans. ))

En le quittant, j'ai eml^rassé cette \énérable figure; il était si ému, que j'aperçus couler deux larmes dans ses yeux, qui ne voyaient plus.

Aventures d'un groupe d' Acadiens proscrits a travers les forêts du Canada, (Extrait du Mechascebé, journal de la Louisiane, du 14 décembre 1872.)

Un journal canadien donne les intéressants détails qui suivent., sur d'anciennes familles acadiennes :

M Lors de la dispersion des Acadiens, en 1755, plusieurs familles de Grand'Pré et Beauséjour se jetèrent dans les bois pour ne pas tomber entre les mains des Anglais, et vécurent ainsi quelques années avec les sauvages.

u Elles entretenaient l'espérance qu'en suivant ces derniers à travers les bois, elles se rapprocheraient assez du Canada pour venir s'y fixer; mais les sauvages ne s'éloignant pas beaucoup des côtes, et la vie au milieu d'eux devenant intolérable parce qu'une partie des hommes étaient sans cesse occupés à faire la garde autour des tentes pour prévenir les impertinences de ces sauvages pendant que les autres faisaient la chasse pour se procurer des vivres, il fut décidé de laisser les champs sauvages et de tenter la fortune à travers les bois. La troupe se composait d'une dizaine de familles, entre autres, nommées : Béliveau, Gaudet, Poirier, Bergeron , Bourque, Berçasse et Lamontagne. Il y avait plusieurs femmes, des jeunes filles, des jeunes gons et des enfants en bas âge. Le chef de

392 QUATrxlEME SÉRIE.

l'expédition ekait Michel Bergeron, de Nantes, homme hardi à la chasse et un vrai coureur de bois.

« On n'avait point de provisions pour vivre le lonf» de la route. Mal^rré cela, on se confia à la divine Providence et l'on s'enfonça dans les bois en se diri{ïeant du côté du Canada. C'était vers le printemps de 1763. On marcha tout l'été ; les femmes portaient les enfants sur leurs épaules et les hommes traînaient les ba{jafT<\s, exploraient les bois, faisaient la chasse et préparaient le camptîment pour la nuit. Quand il se rencontrait une rivière, on bâtissait un radeau sur lequel la petite caravane traversait; il fallait faire halte souvent, pour attendre le gibier et à cause des difiicultés de toute sorte qui se dressaient sur le chemin ; aussi ne faisait-on point de longue route à chaque jour. On vivait de castors, de perdrix et d'autres animaux que les chasseurs surprenaient dans les attrapes qu'ils tendaient, car on n'avait ni armes, ni munitions, excepté des haches et des couteaux et quelques ustensiles de cuisine. Le soir et le matin, à l'heure où les oiseaux chantent l'arrivée du crépuscule ou le réveil de la nature, on faisait la prière, on se recommandait spécialement à la sainte Vierge, patronne des voyageurs, puis après avoir pris un peu de repos on continuait la route.

« Aucun événement fâcheux ne troubla cette petite, mais héroïque troupe d'émigrés, qui avait laissé sa terre natale pour conserver sa foi et cîieminait ainsi au milieu des bois, entourée de périls de toutes sortes et sans autres témoins de son sublime dévouement que le ciel et la nature. Si l'on fut continuellement pressé par les inquiétudes les plus poignantes, du moins les vivres ne manquèrent point, {>râce à l'habileté et à la prudence de Michel Bergeron, ou Michel de Nantes, comme ou l'appelait alors.

« Cependant, le mois d'octobre était commencé et l'on ne découvrait point le fleuve ; pendant plusieurs jours on marcha découragé, du moins épouvanté par la crainte d'être forcé de passer l'hiver dans les bois. Finalemeut, trois jours avant la Toussaint, on atteignit les habitations à Gacouna, où l'on passa l'iiiver.

« Le printemps arrivé, toute la petite colonie, moins une jeune tille qui avait épousé un « balon » de l'endroit, s'embarqua à bord des canots préparés pendant l'hiver et remonta le fleuve jusqu'à Saint-Grégoire, où elle arriva l'automne suivant et se fixa à l'endroit où est actuellement le village et tout près d'un petit ruisseau où les castors abondaient.

« Les paroisses de Bécamour et de Nicolet étaient habitées depuis plusieurs années, mais il n'y avait encore aucun habitant à Saint- Grégoire. La première maison y fut élevée au pied d'un coteau et

à l'endroit où se trouve actuellement la maison de M. Jouleau. Ce fut là que la petite colonie hiverna des produits de la chasse et des provisions que Michel de Nantes avait pu acheter aux Trois -Rivières, où il passa l'hiver, employé à des travaux que le gouvernement faisait exécuter. Le printemps arrivé, il fallut monter jusqu'à Ghambly pour y acheter quatre minots de blé, que l'on sema à travers les grands arbres, après avoir un peu débarrassé la terre en se servant de râteaux en guise de herses.

« Les années suivantes, plusieurs autres familles acadiennes venues à travers les bois, et parmi lesquelles se trouvaient les Hébert et les Vigneau, vinrent s'établir à Saint-Grégoire. La grand'mère de M. Beliveau, de qui nous tenons ces détails, après avoir été séparée de son mari, qui ne survécut que quelques jours à la catastrophe de la dispersion des Acadiens, fut embarquée à bord d'un bâtiment et jetée, avec quelques Acadiens, sur les côtes de la colonie du Sud.

« Après y avoir séjourné quelque temps, elle eut la bonne fortune de pouvoir se rembarquer dans un bâtiment qui faisait voile pour Boston, et de là elle suivit un parti d' Acadiens qui se dirigeaient, comme les précédents, vers le Canada, où elle put revoir ses enféints et mourir au milieu d'eux. »

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