‹ Une colonie féodale en Amérique [microforme]Chapitre 18 sur 40 · ris · texte numérisé non relu

ris

es

a Aucun manuscrit ancien n’est exempt de fautes de copistes.

ent Ilest clair que pour obtenir le plus haut degré de probabilité

- relatif à l'orthographe des auteurs eux-mêmes, il faut con-

’'at- sulter le plus grand nombre possible de manuscrits de leurs

ne - ouvrages. Or, on sait qu'il n’y a pas encore grand nombre

ne d'anrées, un, deux, trois manuscrits de C ir, de Cicéron, de Virgile, etc., etc., défrayaient toutes les éditions de ces classi ques.: Une nouvelle édition ne faisait que réimprimer plus ou

ip - moins bien une précédente, et la différence était. toute‘typogra -

se D nu

si oa. Hiéaprié sceptique de notre époque et 4le lie de l'antiquité

us, ont déterminé la patience des savants à remuer les vieilles

gi - | bibliothèques, à réunir tous les manuscrits connus,.à aller à

que la découverte d’autres manuscrits inconnus, à les consulter, à hé - les étudier, puis à vérifier et à soumettre à la critique les im-

pressions en vogue. Îlen est résuité un bouleversement général: les vieilles ornières ont été abandonnées, et l'ortho- RAIN. graphe.— puisque nous ne voulons parler que de l'oritrogragisé — a subi de graves transformations. bot 9 Voici quelques-unes de ces rectifications, auxquelles,se sou mettent avec peine les latinistes qui ont achevé leurs études il y à vingt ou trente ans :

On écrit : ae, oe,etnonæ,æ; ‘ts On écrit: afui, afuturus, afore, au lieu de abfui; ou

bucina, bucinator, °:: . “ . buccina; EH cena, “ cœna; | LR ceteri, cetera, ceterum, “ cœteri, etç,; .." 14 condicio, " conditio ; M

contio, # concio;

DE: convitium, au lieu de convicium ; Do Danuvius, se Danubius ; | l' 4 dicio, $ ditio ; LEE discidium, # dissidium ; LE dissignator, “ designator ; | El epistula, te epistola ; genetrix, à genitrix ; ; indutiae, + induciæ ; ; intellego, neglego, à intelligo, negligo ; L 116 lagoena, lagona, ds lagena ; À , n | mercennarius, “ mercenarius ; " d | k nummus, a numus ; Es | nuntius, à nuncius ; é nr oboedio, de obedio ; RES | otium, negotium, ” ocium, negocium ; | hi paeligni, ce peligni ; l paenula, + penula ; | si pilleus, pilleum, " pileus, pileum, u à promuntorium, de promontorium ; dr quadriduum, se quatriduum ; Hi Regium (la ville de), “ Rhegium ; [RES Rodanus (le Rhône), " Rhodanus ; na: setius, “ secius ; ab solacium, x solatium 3 fl 10 suspitio, " suspicio ; dr umerus, : humerus ; Ni | (! | k On écrit avec un seul n conecto, coniveo, conubium, conitor. Î Comminus est mieux que cominus ; harena, que arena ; raeda, a que reda (jamais rheda) ; singillatim, que singulatim. 4! | # On écrit aussi bien :

|} 1e aenus et aeneus, que ahenus ; | | h ‘ Brittii, que Bruttii ; | MARNE Clytemestra, que Clytaemestra ; fe : haud, que haut; | DA: nactus, que nanctus; || | | qu | “Thrax, Thraca, Thracus, que Thraex, Thraeca, Thraecus ou la 14 "Thraecius. |

? Eofin, on n’use d'aucun accent, et l'on écrit à préférablement (QE UE à j. |

ORTHOGRAPHE LATINE 173 Je termine en transcrivant les derniers vers des Géorgiques :

Haec super arvorum cultu pecorumque canebam Et super arboribus, Caesar dum magnus ad altum Fulminet Euphraten bello, victorque volentis Per populos dat iura, viamque adfectat Olympo.

\ Illo Vergilium me tempore duicis alebat Parthenope, studiis florentem ignobilis oti, Carmina qui lux pastorum, audaxque iuventa, Tityre, te patulae cecini sub tegmine fagi.

On peut consulter sur ce sujet le rapport de la 20e assemblée des philologues allemands à Francfort-sur - le - Mein, par M Fleckeisen.

L'abbé HyaciNTHE MARTIAL.

Dr. PT

da,

s OU

Le vieux dicton “le roi est mort, vive le roi!” n’a pas coutume de s'appliquer à la papauté; et certes s’il y eut jamais une circonstance où l’on s'attendait à un long intervalle entre le décès d’un pontife et l'élection de son successeur, c'était bien à la mort de Pie IX.

Les prédictions répandues depuis longtemps par les ennemis de l'Église, faisaient redouter que l'Italie et l'Allemagne ne s’entendissent pour empècher l'élection d’un pape à Rome, ou, ce qui eût été plus dangereux encore, pour y réunir un certain nombre de faux évêques et de faux prêtres et élire un faux pape, comme cela s’est déjà vu. Tout au moins pouvait-on craindre que l'intervention des puissances ne génât le choix du conclave, que les cardinaux eux-mêmes ne fussent divisés sur l'endroit où devait se faire l’élection.

Et voilà qu'en moins de deux jours cette élection, qui paraïissait si difficile, s’est opérée, non pas par inspiration ou par adoration, comme on l’a dit d’abord, mais par trois scrutins régu liers, dont le premier ne compte pas, et est appelé scrutin d'apprentissage! Léon XIII a été élu en moins de temps que Pie IX, etavec 44 votes — plus du nombre voulu — dans le conclave le plus imposant que l’on ait encore vu.

Et le même apaisement, le même bon vouloir, le même respect qui avaient entouré les dépouilles mortelles de Pie IX et présidé aux démor:trations faites par les catholiques, dans le monde entier, signalent également l'accession du nouveau pon tife.

On me dira peut-être qu’un concours de circonstances extra ordinaires, par exemple la guerre d'Orient, qui tenait alors toute l’Europe dans une anxiété non encore tout à fait dissipée, a été pour beaucoup dans cet heureux passage d’un règne à un autre. Mais c’est dans ces circonstances elles mêmes qu’il faut voir le doigt de la Providenee, qu'il faut voir

restass

gen prés en |.

Jo mars lorsq au C fants gie. I Peu 0 apost( rouse En 18

Belgi bassa, mé. e désign mort revêt disting Enfin, Coùrte affaires [14 L’ l'Italie délivré

une série d'événements s’enchaïnant les uns aux autres et mar chant vers un mème but.

En moins de deux mois, la mort de Victor- Emmanuel, absous et reçu à ses derniers moments dans le sein de l'Église, la défaite des Turcs, l’armée des Russes devant Constantinople, la mort de Pie IX, l'élection de Léon XIII, voilà plus d’événements qu’il n’en faut pour rendre une année célèbre.

Le cardinal Pecci, qui à été si promptement, tranchons le mot, si merveilleusement élu, remplissait, au moment de la mort de Pie IX, les fonctions de camerlingue, et dut accomplir en cette qualité la funèbre cérémonie de la vérification de la mort de celui dont il allait être le successeur.

Le camerlingue frappe par trois fois, d’un petit marteau d’argent, le front du pape défunt, en l'appelant par son nom, en présence de tout le sacré collége, et à la troisième fois, il ajoute en latin : “ Le pape mon maitre est vraiment mort.”

Joachim Pecci est né d’une famille noble de Carpineto, le ? mars 1810 ; il n'avait donc pas encore complété sa 68e année lorsque, le 20 février, il a été proclamé pape. Il a été instruit

au Collége Romain, et dans une académie fondée pour les en- -

fants de la noblesse ; il a fait de fortes études de loi et de théolo gie. Il fut nommé prélat domestique par Grégoire XVI, eri 1837. Peu d'années après, il fut successivement nommé protonotaire apostolique, et délégué pontifical à Bénévent, à Spolète, à P&rouse. Il s'acquitta de ces missions avec le plus grand succès. En 1843, il fut nommé archevêque de Damiette et envoyé en Belgique comme nonce apostolique. Au retour de cette ambassade, où il avait été remarquablement heureux, il fut nommé. en 1846, au siége épiscopal de Pérouse et en même temps désigné par Grégoire XVI pour être cardinal. Ce pontife étént mort dans l’intervalle, ce ne fut qu’en 1853 que Mgr Pecci fut revêtu de la pourpre. Tout en conservant son évêché, il se distingua dans les congrégations des Rites et de la Propagande. Enfin, nommé camerlingue en 1877, il se trouva, pendant la courte vacance du siége apostolique, investi de la direction ces affaires de l’Église.

‘ L'Italie, dit le comte de Champagny, dans le Correspondant, l'Italie sait: ce qu'est le nouveau pontife; Bénévent, qu’il a

délivré du brigandage ; Pérouse, où il a su faire que les prisins restassent vides faute de criminels; la Belgique, où il a exercé

la nonciature ; le gouvernement italien, dont il n’admettait pas Les fonctionnaires dans sa demeure, mais qui avait pourtant appris à l’honorer, tous peuvent nous dire que Léon XIII, digne héritier de Pie IX, saura, si la paix est acceptable, donner la paix à l’Église ; si le combat est nécessaire, soutenir le combat pour l'Église.”

A ce témoignage d’un écrivain catholique distingué, nous en ajouterons deux autres moins suspects de partialité.

Le premier est tiré de la correspondance romaine du journal de MM. Edmond About et Francisque Sarcey, le Dixneuvième Siècle. On y voit l'impression produite sur la population ro maine :

‘ Aussitôt que l'élection de Léon XIII a été connue, Rome entière, et ce n’est pas une manière de parler, s’est mise en route pour le Vatican. A quatre heures et demie, moment pour lequel la première bénédiction pontificale de Léon XIIT était attendue, il n’y avait pas sur l'immense place, d’après les calculs les plus modérés, moins de quarante mille personnes. L’aristocratie romaine, dans ses voitures, formait deux longues files. en face de la basilique. Sur la place Rusticelli, qui est comme le prolongement de celle de Saint-Pierre, tous les fiacres de *” Rome étaient rangés en bataille. La place manquant, on a été obligé d'arrêter le jeu des grandes fontaines, qui inondaient leurs voisins. On attendait. Un véritable sentiment de joie éclatait sur tous les visages. (C’est Pecci! disait-on, il s’est fait proclamer de la grande loggia ; il va nous rendre la papauté ! On attendait.

“Les séminaristes de toutes couleurs arrivaient par rangs pressés et entraient en hâtant le pas dans la basilique, dont toutes les portes, même la porte royale, étaient ouvertes; peu de gens les suivaient, des curieux, des étrangers. (C'est ici qu’il viendra, disaient les Romains, en montrant la grande loge. Les cloches cessèrent de sonner à toute volée, puis, subitement des cris, des applaudissements, qui ne semblent faits que pour les lieux profanes, éclatent dans la basilique ; lé Pape était là, bénissant, de la fenêtre haute et assez obscure que l’on nomme la loge de la fanfare des Suisses, les trois ou quatre mille personnes environ dans l’église.”

Ecoutons maintenant le correspondant du Journal des Débats, où M. Lemoinne se montre si peu favorable aux catholiques et à la papauté.

“Léon XIIT est grand, sec, de tournure aristocratique; ses traits, quoique très - caractérisés, portent l'empreinte de la bien veillance. La tête est habituellement penchée sur l'épaule.

Saint M

Ons Singuli nouvea

Ces nl

‘ On assure que le nouveau Pape est fort instruit, et même poëte à ses heures. Son caractère est à la fois ferme et modéré, et -son intelligence est remarquablement étendue.

“J'aurais voulu pouvoir mettre quelques ombres à ce por trait si flatteur, mais j'ai eu beau chercher des renseignements parmi les personnes les plus hostiles à l'Église, je n'ai pas ré -

-ussi à entendre formuler la plus légère critique.

“Il y a pourtant une exception à la satisfaction générale: les

. familiers du Vatican, habitués à un certain désordre adminis -

tratif, trouvent que le camerlingue s’est montré trop ami de

l'ordre et de la régularité, et ils redoutent que le nouveau pape ne se montre encore plus sévère.

“Il est possible que le cardinal Franchi, dont la conduite a été très - honorable, soit secrétaire d'État. On parle également du cardinal de Luca, et ce choix serait approuvé aussi universellement que l’a été l'élection du Pape lui-même. Ilestremarquable que le conclave, dont l'approche avait excité une certaine appréhension, ait pu se terminer sans qu'il se soit produit le moindre incident fâcheux ou même désagréable, soit

au point de vue diplomatique, politique, soit dans l’ordre des faits purement matériels.

‘ Les esprits les plus inquiets sont impuissants à faire en tendre la moindre critique.”

Des lettres particulières que l’on m'a communiquées con - ‘firment ces renseignements.

Dans l’une d’elles on dit :

‘ A l’instant où le Pape parut au balcon, le peuple ne put se contenir, et toute l’église fut remplie des acclamations spon tanées et joyeuses qui éclatèrent comme une véritable explosion, Le Saint Père a dû être content et il paraissait ému. Cette élection est bien reçue partout; tous parlent avec éloge du nouveau pontife. Ses antécédents portent à croire qu’il sera un grand pape. Toutes les qualités : intelligence, fermeté, pru dence et modération semblent réunies, mais surtout on lui

donne un grand caractère de fermeté.”

Dans une autre on lit: “Le trait saillant du caractère de Léon XIII est la fermeté. Les Romains, qui aiment toujours les concetti, disent: ce ne sera pas un Clément ni un Benoît, ce sera un lion : (Leo ).”

On se préoccupe aussi beaucoup de ce qui est au moins une singulière coïncidence entre certaines prophéties et le nom du. nouveau pape et ses armes.

Ces prophéties sont de deux sortes ; les unes sont attribuées à

saint Malachie, les autres à un moine de l’abbaye d’Orval.

Les prophéties dites de saint Malachie ont été imprimées pour la première fois en 1595, par Arnold de Wion, religieux béné dictin. Le Père Ménestrier, jésuite, publia, un siècle plus tard, un opuscule sur ces prédictions, qu'il traite de quolibets, d’im pertinences, d’absurdités, etc. et il s'efforce de démontrer que l'interprétation donnée par de Wion, et que celui-ci aurait | attribuée faussement au fameux dominicain Ciaconius, est, dans la plupart des cas, erronée ou puérile, et comme contre épreuve il applique par le même procédé les mêmes prédictions à d’autres pontifes qu’à ceux auxquels elles sont destinées !.

Ces prédictions, qui sont sous la forme de devises et qui s'ex pliquent par les armoiries, le lieu de naissance ou quelque autre circonstance de læ vie des pontifes, sont en effet assez vagues et élastiques. Les principales objections du Père Ménestrier sont: l’inutilité de pareilles prophéties; le fait que les anciens auteurs contemporains ou à peu près contemporains de saint Malachie, et entr’autres saint Bernard, et Pierre de Cluny, tout en attribuant au célèbre archevèque d'Armagh le don de prophétie, n’ont jamais dit un mot de celles dont il s'agit ; enfin, que dans la liste des interprétations, plusieurs anti- papes se trouvent compris : argument, qui, cependant, n’est pas rigou reux, d’après ce qu'il dit lui- mème, que ces devises par leur nature vague peuvent s'appliquer à plusieurs personnes à la fois. |

Il dit, en conclusion, qu’elles sont l'œuvre d’un partisan du se cardinal Simoncelli, qui, au conclave de 1590, était le plus âgé | des cardinaux. Il était d'Orviète, qui se dit en latin Urbsvetus, et c’est ce qui aurait fait mettre pour devise au pape futur ‘ex antiquitate urbis.”

“ C'est ainsi, ajoute-til, qu'après la mort de Clément IX, ceux qui souhaitaient que le cardinal Bona fût élu pape fai saient courir des vers, des passages de l’Écriture et des quolibets pour persuader que c'était lui qui devait être pape. On disait ces mots du 15e chapitre de l'ecclésiastique : Qui timet Deum ép faciet Bona ; et ce distique:

. Grammaticæ leges plerumque Ecclesia spernit, Bsset Papa bonus, si Bona Papa foret,

1 L’opuscule du Père Ménestrier a été reproduit dans un eurieux recueil publié à Avignon en 1840, chez Séguin, ainé.

La liste des devises prophétiques discutées dans cet ouvrage vd commence à Célestin IT, en 1143 ; elles sont au nombre de 112. | à. Le livre de Wion expliquait toutes celles antérieures à son épo - “4 que, c’est-à - dire celles de 74 papes, s'arrêtant au No 75: “ Er "4 antiquitate Urbis.” rait |

| Voici les dernières, qui comprennent les papes du 19% siècle est, et les papes à venir :

re - 97 Aquila rapax, Pie VII, 1800.

ons 98 Canis et coluber, Léon XII, 1823.

| 99 Vir religiosus, Pie VIIT. 1829.

ex -

100 De Balneis Etruriae, Grégoire XVI, 1831.

que 101 Crux de cruce, Pie IX, 1846.

1s8eZ 102 Lumen in cœlo, Léon XIII, 1878.

Mé- 103 Ignis ardens.

1e Les 104 Religio depopulata.

rains 105 Fides intrepida.

re de 106 Pastor angelicus.

gh le 107 Pastor et Nauta.

agit; | 108 Flos florum.

papes "99 De medietate lun.

igou - \ De labore solis.

r leur sil Gloria Olive.

s à la 112 In persecutione extrema S. R. E. sedebit Petrus Romanus,

qui pascet oves in mullis tribulationibus ; quibus transactis, civilas

an du septicollis diruetur, et iudex tremendus iudicabit populum suum.

us àgé On voit par là qu’il ne nous resterait plus que dix souverains suelus; pontifes avant la fin du monde. Le Père Ménestrier fait obser futui

ver que le jour du jugement, d’après l'Écriture, ne sera pas

connu d'avance, et que cela seul doit suffire pour rendre ces nt IX prophéties suspectes.

E fai d Ce qui leur donne cependant beaucoup de crédit dans le mo- | ohne | ment, c'est l’application de celle qui concernait Pie IX aux 2} disait épreuves qu'il a subies et à cette circonstance particulière : il a fe & Deum été persécuté par la maison de Savoie, qui porte une croix dans ! CA < ses armes: crux de cruce! et le fait que le nouveau pontife RU. porte dans les siennes une étoile d'argent suivie d’une traînée É lumineuse sur champ d'azur. 4 Maintenant, pour ce qui est de lu prophétie dite d'Orval, elle recuei

a été republiée dans le Journal des villes et des campagnes, le 20

Le. 2 s re UT ; man |

juin 1839. On y prétend qu’elle avait été découverte par l'abbé du monastère d'Orval, pendant la révolution française, lorsqu'il était réfugié dans le Luxembourg avec les archives de sa maison. Elle aurait été imprimée pour la première fois en 1544, sous le titre de Prévision d'un solitaire, et on l’attribue à un moine du nom de Philippe Olivarius.

‘La mort de Louis XVI, si bien annoncée dans ces prévisions, dit le journal, leur donna une vogue extraordinaire.” Le journal cite ensuite Mme la comtesse Adèle de Fiquelmont, plu sieurs autres personnes distinguées, qu’il nomme, et M. l'abbé de Mansay, grand - vicaire de l’évèché de Verdun, qui assurent les avoir entendu lire ou les avoir lues au commencement de la révolution. L'empire, la révolution de juillet, et presque tous les grands événements de notre siècle y sont indiqués assez clairement *.

Le passage suivant est celui dont on se préoccupe le plus en ce moment. On veut y voir la prise de Paris par les Prussiens, la Commune. l'incendie des Tuileries et des autres édifices situés près de la place de la Concorde, où Louis XVI fut exécuté, le retour d’un prince ami d’un grand pape du nom de Léon (leo): ce que confirmeraient les fleurs de lis et larc-er -ciel qui, avec l'étoile lumineuse, se trouvent dans les armes du nouveau portife.

C'est fait, la montagne de Dieu désolée a crié à Dieu, les fils de Juda ont crié à Dieu de la terre étrangère et voilà que Dieu n’est plus sourd. Quel feu va avec ses flèches! Dix fois six lunes et pas encore six lunes ont nourri sa colère. Malheur à toi, grande ville! voici dix rois armés par le Seigneur ; mais déjà le feu l’a égalée à iaterre. Pourtant tes justes ne périront pas : Dieu les a écoutés.

‘ La place du crime est purgée par le feu ; le grand ruisseau a conduit ies eaux toutes rouges de sang ; la Gaule, vue comme délabrée, va se rejoindre.

‘ Dieu aime la paix. Venez, jeune prince, quittez L'ile dé la captivité; joignez le Lion à la fleur blanche. Ce qui est

1 Voir le recueil publié à Avignon en 1840. La partie qui a rapport à Louis XVI ne paraît pas avoir été copiée et la prédiction commence à Napoléon I. Fenchement, ie style a beaucoup l'air d’un pastiche ; mais, en sup posant que ja pièce n’ait été composée qu’en 1839, l’auteur se serait encore

.assez bien adonné four les év'nements subséquents,

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prévu, Dieu le veut. Le vieux sang des siècles terminera encore longues divisions. Lors un seul Pasteur sera vu dans la celte Gaule ; l’homme puissant par Dieu s’assiéra bien ; moult sages règlements appelleront la paix ; Dieu sera cru guerroyer d'avec lui, tant prudent et sage sera le rejeton de la Cap.”

Pour en finir avec ces prédictions, pour lesquelles quelques uns de mes lecteurs trouveront peut-être que je montre trop de complaisance, je dirai que l’on voit aussi dans l'Histoire de l'E glise de l'abbé Rohrbacher * une interprétation des prophéties de Daniel et de l’Apocalypse qui fixerait à l'an 1882 la fin de l'empire ottoman, et cela me fournira une excellente transition pour parler de la paix plus ou moins provisoire qui vient de se conclure entre la Russie et la Turquie, et de la prochaine con férence où va se discuter un nouveau règlement de l’éternelle question d'Orient.

Pas n’est besoin d’être prophète ou fils de prophéie pour pré dire que, si l'Angleterre continue à jouer ses cartes aussi mal ew’elle l’a fait depuis quelques années, ses intérêts en Orient seront bientôt entièrement à la merci des puissances du Nord.

On prète à M. de Bismarck un mot cruel et digne de lui. “L’Autriche, aurait - il dit, a étonné le monde par son ingratitude ; l'Angleterre létonnera bientôt par sa lâcheté.” Ce n’est pas la faute de M. Gladstone, ni mème celle de lord Carnarvon et de lord Derby, si ce sarcasme n'est point dores et déjà pleinement justifié A Lord Beaconsfield et à l’appui généreux et intelligent que lui a prêté la reine Victoria est due Famélioration tardive, il est vrai, mais assez sensible, qui est survenue dans la situation de l'Angleterre, sous le rapport de son prestige et de son influence. Sans les mesures énergiques prises par le gouvernement anglais à la dernière heure, sans la présence de la flotte anglaise dans le voisinage de Constan tinople, sans le vote de six millions par le parlement, il est bien probable que la conférence dont il est maintenant question

n'eût servi qu'à enregistrer et à promulguer plus solennelle ment les conditions du traité conclu avec la Turquie. L'Angleterre insiste à ce que toutes les conditions de ce traité soient sujettes à être revisées par toutes les puissances signa taires des traités existants ; la Russie consent bien à com muniquer le traité, mais se réserve son bon plaisir, qu’il y ait

1 Rohrbacher, vol. 10, 1857.

acquiescement ou non. Les dépèches télégraphiques reçues aujourd'hui même parlent d’un dead lock, c’est-à-dire d’une impasse, dans laquelle la diplomatie européenne se trouverait engagée par suite de ces prétentions contraires.

Cette conférence serait présidée par M. de Bismarck, qui, après avoir été jadis le plus tapageut et le plus indiscret dès hommes publics, a pris, depuis la guerre de 1870, des allures de sphinx, qui ont fait et font encore le désespoir des journalistes du monde entier. Il a parlé, il est vrai, au Reichstag, sur les interpellations de M. de Beningsen, et un instant l’Autriche et l'Angleterre ont cru voir quelque chose de satisfaisant dans ses paroles. L'une et l’autre ont bien vite découvert que les allures indépendantes de son langage, dans lequel il touchait comme à plaisir à toutes les grandes questions, recouvraient une série d’énigmes plus ou moins redoutables, oui une série d’énigmes, et malheur à ceux qui, croyant les avoir comprises, agiraient en conséquence : ils seraient dévorés bel et bien. M. de Bismarck n’est sorti de son rôle qu’en apparence, et si lord Beaconsfield peut s'élever à la hauteur de celui d'OEdipe, il aura bien mérité de l’Europe et de l'humanité.

Pour ce qui est de la Russie, elle se sent considérablement rassurée par la neuvième béatitude que M. de Bismarck vient de promulguer, et qui ne saurait appartenir à aucun autre évangile qu’à celui de l’égoïsme et du Culturkampf. Beati possidentes ! s’est écrié, avec un cynisme qui lui sied à merveille, le héros de Sadowa et de Sédan. De quel droit le détenteur du Schleswig - Holstein, de l'Alsace et d’une partie de la Lorraine pourrait-il se scandaliser des agrandissements que la Russie se permet dans les principautés danubiennes ? De quel droit l’ogre qui a mangé tant de bonnes gens, à la croque aux milliards, pourrait-il faire la leçon à son voisin qui se sent tourmenté par le même appétit ?

Toutefois il arrivera peut-être que le rôle d’arbitre ou de médiateur s’imposera dans des conditions plus difficiles que le tout puissant chancelier ne le craint encore. Ce rôle lui dé plaît avec raison ; ila déjà dit en 1876 ‘‘ qu’une médiation est une besogne bien délicate, que s’il est difficile de s’asseoir entre deux chaises, s'asseoir entre trois est une entreprise absolument chimérique ‘

1 Les soucis de l'Allemagne par G. Valbert.—Revue des Deux - Mfonsde d ie mars.

Or les chaises se multiplient : la Servie, la Roumanie, la Grèce :

ont leurs prétentions, que l’Angleterre favorise, et l'Italie elle même, quoique vassale de l'Allemagne, a bien son ambition. I] est très-possible que la conférence, si elle a lieu, finisse par laisser le grand chancelier assis par terre au milieu des débris de ses vastes projets. Déjà l'Angleterre, à qui il aurait indiqué l'Égypte comme une compensation, a fait la sourde oreille; l'Autriche, qui a subi jusqu'ici son influence, commence à voir quel que chose de sinistre dans sa neuvième béatitude, et sa complice

de 1870, la Russie, trouve le moment venu d'exiger l’accomplis--

sement du pacte exprès ou tacite qui a dû intervenir. Puisse -t-il ne pas se tirer de là!

P, © Québec, 20 mars 1878.

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LES CORPORATIONS RELIGIEUSES CATHOLIQUES de Québec et les NOUVELLES TAXES qu’on veut leur imposer, par Hubert LaRue. — Québec, Augustin Côté et Cie, imprimeurséditeurs. 1876.

C’est une étude sérieuse, qui comprend ?8 pages in-8 Bien que courte, elle a dù coûter à son auteur beaucoup de recherches, à cause de l’aperçu historique qu’il donne de chacune de ces corporations, et des statistiques qui font suite à cet aperçu. M. LaRue partage ces établissements en trois groupes principaux : le premier se compose des institutions d'enseignement ; le deuxième, des institutions de charité, et le troisième, des institutions d'enseignement et de charité.

On voit, en lisant ces pages, que la fondation de ces établis sements a été inspirée par une pensée religieuse, et que cette pensée est éminemment philanthropique. Le lecteur suit avec intérèt le développement, toujours providentiel, de ces institu tions, et ne peut s'empêcher d'admirer l'esprit de dévouement

-et de sacrifice qui a animé tour à lour ceux qui ont présidé à leur destinée.

Mais le but principal de M. LaRue, en s'imposant ce travail, n’a pas été de faire de l’histoire, mais de ‘ démontrer jusqu'à l'évidence la somme de bien énorme que font gratuitement, au prix de sacrifices sans nombre,” les communautés religieuses de Québec ; et cela, dans un temps où la municipalité de cette ville voulait imposer de nouvelles taxes sur leurs propriétés.

‘ On ne proposait rien moins, dit l’auteur, que de faire une évaluation du revenu annuel que pourraient rapporter ces grands établissements, s'ils étaient affectés à d’autres fins qu’à celles de l’éducation, de la bienfaisance et de la charité, c’est-à-dire convertis en maisons de résidence, magasins, etc., etc. ; cette évaluation devait être faite pied par pied, pouce par pouce, sui vant l'étendue et le site de ces édifices et terrains.

Je crus devoir alors publier une étude statistique sur les corporations religieuses catholiques de Québec, espérant que le simple énoncé des faits suffirait pour convaincre tout le monde

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