‹ Une colonie féodale en Amérique [microforme]Chapitre 35 sur 40 · LL · texte numérisé non relu

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cine nulle part !. C'était.la nature de la colonisation française de

s'emparer de certains points stratégiques, de ne pas former d’é -

tablissement agricole, d'attirer les Indiens par le commerce, et de les soumettre en les convertissant. Un mousquet, un chapelet et un paquet de castors peuvent représenter ce mode de colonisation, qui n'avait, à peu près, pas d’autres éléments d'action’ L’infériorité de la Nouvelle - France est donc venue de sa faiblesse numérique et de la force d’accroissement des colonies rivales.

‘ On a dit que les Français ne sont pas un peuple émigrant, mais au 17 siècle ceci n’était pas absolument vrai. Le peuple français était divisé en deux parties : l’une disposée à émigrer et l’autre qui s’y refusait. La première se composait des huguenots persécutés, l’autre des catholiques favorisés. Le gouvernement choisit pour former ses colonies, non pas ceux qui voulaient partir, mais ceux qui désiraient rester. Dès que l’édit de Nantes fut révoqué, des centaines de mille familles auraient désiré aller s'établir au Nouveau - Monde, la permission leur en fut refusée et ils ne purent trouver un refuge même dans le désert. Si cette permission leur eût été accordée, toutes les contrées de l'Ouest auraient reçu une population laborieuse, éprouvée par l’adversité et possédant toutes les qualités essen tielles d'un gouvernement personnel ; une autre France se fût élevée au - delà des Alléganys, forte des éléments qui ont fait plus tard le succès des colonies britanniques, et la France, comme l'Angleterre, aurait été puissante dans deux hémisphè res, si elle avait favorisé les inclinations de la population au lieu d'y résister. Mais l’absolutisme était Le à luimême et perdit une magnifique occasion.” (Frontenac, page 396.)

Ce que nous venons de rapporter est encore tiré de l'ouvrage de M. Parkman.

A cela il y a bien à répondre. C’est précisément la forte personnalité de ce gouvernement paternel et religieux qui avait développé les qualités des colons français, dont M. Park man présente si souvent un tableau intéressant ; c’est le soin

1 T1 est tout à fait inexact de dire que les expéditions françaises ne Juissaient de trace nulle part. Les missionnaires accoripagnaient les troupes, et à chaque poste conquis établissaient un centre d'f, ction qui finissait par gagner à la foi toutes les peuplades-environnantes.

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que ce gouverrement prit de n’envoyer que des habitants choisis et d’exclure de la colonie ceux qui auraient pu lui

nuire par leurs dissentiments religieux qui fut le salut du

| + Canada. Il n’y aurait eu ni unité d'efforts, ni élan, ni persé- | vérance dans aucune des entreprises, si elles avaient été dirigées

par des intentions contraires. Le gouvernement qui avait dominé au Canada jusqu’en 1760 avait obtenu des résultats comparables à tout ce qui s'était accompli dans les contrées | voisines. La différence, c’est qu’il avait poursuivi un but bien supérieur, celui de la civilisation et de la conservation des D nations indiennes, et qu’il avait réussi, avec moins de monde, le avec un moindre deploiement de forces, et qu’il aurait pu con et tinuer son œuvre si vaste, si gigantesque qu’elle fût, s’il avait pis toujours été secondé par des hommes devoués et intelligents nt tels que Colbert, et non par ces ministres sans idées, aussi ent dépravés qu'incapables, qui s'emparèrent de la direction des | Le affaires en France à la fin du dix - huitième siècle. ve D'ailleurs, quand M. Parkman reproche au gouvernement …6 le : français l’absolutisme de son administration, il oublie que ceci

n'était pas particulier à la France, c'était le système qui prédo minait partout à cette époque dans les grands pays euronéens. On pensait alors que les peuples avaient besoin d’une forte direction de là part des chefs qui gouvernaient la nation, et c’est ce qui explique le succès des plus vastes et’des plus audacieuses expéditions entreprises en ce témps par la Hollande, l'Angleterre, l'Espagne ou la France. D'ailleurs, une part no table était laissée avec intelligence aux colons ; M. Parkman le remarque lui - même à la page 395, que nous venons de citer : “Le système d'extension de la colonie n'avait pas été concu à la cour ; il sortit du sol canadien.” Mais M. Parkman ne peut nier avec quelle intelligence et quelle complaisance il fut encouragé et secondé par le gouvernement français, qui cependant était justement sévère contre les excès.

Il donna, en particulier, des preuves de cette sévérité lors qu'il prohiba le commerce des liqueurs fortes, et supprima ainsi une des sources les plus abondantes du commerce avec les tri bus indiennes, tandis que les colonies anglaises n’eurent aucun scrupule de les exploiter en les dégradant.

Il nous reste à donner un extrait qui se rapporte à la vie des coureurs de bois, un des principaux objets de l’intérèt de l’émi-

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nent historien. Ceci n’est pas sans instruction pour le lecteur, c'est en outre un spécimen curieux des descriptions dont M. Parkman émaille de temps en temps son ouvrage. On pourra trouver ce genre descriptif un peu en dehors des règles; il y a | beaucoup de détails surabondants, disposés au hasard et sans juste mesure ; on pourra penser qu’il y a autant de fantaisie que d’observation exacte de la nature, mais on ne peut refuser à cette exposition le mérite de nous donner comme un reflet de ce chaos étrange et effrayant que présentaient les vieilles forêts

de l'Amérique, quand les explorateurs européens les parcouru - ; rent pour la première fois. €

M. Parkman dépeint ainsi la vie singulière du coureur de ’ bois : ‘Il n’est pas étonnaut qu’une année ou deux de À cette vie n’enlevassent tous les traits de la civilisation à ceux f

qui la pratiquaient. Sans être un personnage considérable de la d société, ce coureur de bois, qui était comme une épine au flanc à

des chefs e: des autorités, avait sa valeur, au moins au point de 78 vue du pittoresque. Sa physionomie étrange, sauvage, empreinte sol des traits d’une intrépidité vraiment diabolique, était en même plu temps d’une gaîté pleine d’entrain et d’'insouciance. Cette eh image sera toujours unie au souvenir de ce vaste monde de la lan forêt que le XI: siècle, avec sa civilis: .ion, a presque entière- Lu

ment anéanti. Mais au moins est-il pittoresque, ce coureur de bois ; avec son compagnon au teint rouge, il contribue à animer les scènes de la forêt.

“ Il devait sentir, mais peut-être sans s’en rendre compte, les charmes de cette nature sauvage qui l'avait adopté.

“ Si inculte qu’il fût, la voix de cette nature devait avoir son éloquence pour celui qui en connaissait si bien tous les réduits et les solitudes : et ces profondes retraites, où voilé par les arbres, le ruisseau mystérieux serpentait avec une mélodie sourde à travers les arcades touffues du feuiilage ; et ces gouffres où les roches brisées s'élèvent comme les remparts d'un château, que le soleil du midi illumine de rayons pénétrants, sur les flancs du torrent ; et ces troncs de sapins ren versés, cou verts de mousse, qui répandent des ombres indécises au milieu des illuminations des flots ; et ces eaux transparentes qui apparaissent vertes comme l’émeraude par la réflexion des feuillages suspendus sur leur surface ; et les rochers à la cime rongée, sur lesquels la lamière des eaux ensoleillées dance en étincelles brillantes ; et ces arbres antiques renversés par la

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draperies Fe verdoyant, là MU Et sur les remparts de verdure ; plus loin ee de rochers de comme d’un filet qui Le bien enveloppant 1 me plus haut on les F v préserve d’une er troncs brisés et en spirales Le se suspendre et se déplo destruction ; tandis qu’ ND pre des formes de reptiles del en guirlandes qui appuie sur les st sur eux resplendit la rue monde, renaissante ; et enfin 1 Fa 1e pousses DIRE il 1 gétation, de ruines et qu’on ne on détourne ses Au d'une forêt des vertes clairières ; reporte vers la taues . de ces amas montagnes # srl nor litetnt die. late Le la fraîcheur voilé par les ombre sr dans la splendeur d rillants et des s des nuages voyageurs Ms ft à demi sur des

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