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“L'homme de la Nouvelle - Angleterre était précisément de la
nature de ceux que Cromwell appelait ses ‘hommes de fer,” mais il avait peu de connaissance des bois. Sa position géogra -
phique le tenait loin des grands déserts de l’intérieur. La mer était son champ de bataille. Sans l’aide du gouvernement et en dépit de ses restrictions, il établit un commerce prospère, et s’enrichit du produit des pêcheries les plus éloignées, pendant que ses rivaux, les ayant à leur porte, ne savaient que les négliger. 11 connaissait la mer du Groenland au cap Horn, et les baleines du Nord et du Sud n'avaient pas de plus terrible adversaire.
“ Mais il était trop homme de négoce pour prendre les armes sans de bonnes raisons, et, quand il se mettait à guerroyer, C'était pour répondre à quelque nécessité pressante du moment.
‘ Les troupes de la Nouvelle - Angleterre, au commencement, étaient composées de pêcheurs et de cultivateurs conduits par des bourgeois décorés de titres militaires, et dépendaient de la direction lente et irréso!":e des réunions législatives. Les off ciers n'avaient pas appris commander, ni les hommes à obéir.
‘“ Le remarquable fait d'armes de la prise de Louisbourg, la plus forte citadelle de l’Amériqne, fut le résultat d’un coup de main téméraire secondé par la chance la plus rare.”
Mais ordinairement il n’en était pas ainsi. Les colons anglais ne pouvaient se défendre contre les coups de main des Fran. çais, et quand ils en venaient à l'agression, ayant soin de mettre en avant des forces supérieures en nombre à celles de
leurs adversaires, toujours ils étaient repoussés avec des pertes
effroyables, comme à l'attaque de l'amiral Phips sur Québec,
échec qui inspire à M. Parkman la plus triste réflexion * :
“Le Massachusetts fit encore en cette circonstance sa méprise habituelle.
“ Il avait cru bénévolement que l'ignorance et l’inexpérience pouvaient avoir raison d’un habile vétéran et que le courage inculte de ses pêcheurs et de ses. cultivateurs pouvait triompher sans discipline et sans direction. Les conditions mêmes de sa prospérité commerciale étaient contraires aux aptitudes Militaires. Une république mercantile sans officiers exercés Sagnera peut - être quelque victoire, mais ce ne sera jamais
1 Frontenac, page 285.
; que par accident ou par un sacrifice extravagant d'argent et | de vies humaines.”
ï , M. Parkman dit encore à la page 394 du volume sur Fronte- T \ nac :
À “Quant à l'issue suprême de la lutte, il ÿ avait un grand L contraste dans l'attitude des deux puissances rivales : l’une était de inerte et en apparence indifférente, et l’autre, pleine d'activité. é- Les colonies anglaises étaient éloignées les unes des autres, 09 hostiles à la couronne, elles se jalousaient et ainsi elles étaient le incapables d'agir de concert. Vivant de l’agriculture et du commerce, elles pouvaient prospérer dans une étendue limi nes tée et elles n’avaient pas un besoin actuel de se répandro auer, delà des Alléganys ; chacune de ces colonies était une agrégation ent. d'individus occupés de leurs propres intérêts et qui ne prenaient ent, aucun soin de ce qui ne les regardait pas personnellement. par Leurs chefs, choisis par eux-mêmes ou appointés par l’'Angle le la terre, ne pouvaient les déterminer à des entreprises dans iles off - quelles le sacrifice était présent et le succès à venir; et béir. L l'indifférence de la cour anglaise, quoique utile sous certains rg, la rapports, les rendait incapables d’une action agressive ; car p de elles n'avaient ni troupes, ni commandant, ni organisation, ni häbitudes militaires. Dans des communautés si affairées, où lais le peuplé gouvernait tout, il n'était pas facile de faire une | 4 güerré, à moins que ce même peuple ne la jugeât absolument in de nécessaire.
les de ‘Au Canada tout était différent. Vivant dù commerce des pertes | fourrures, les colons avaient besoin de mouvement et d’espace ;
ébec, leur position géographique déterminait une vié d’expéditions ; et cette vie d’expéditions développait les dispositions aventureu ses et remuantes de ce peuple qui, vivant sous une règle mili taire, pouvait être dirigé à telle fin que le gouverneur voulait. Le système d’ext:nsion du territoire n’avait pas été congü à:la: cour; il sortit du sol canadien et fut développé par lesichefs de la colonie qui, étant sur'le terrain, virent la posbibilité et la nécessité dé ce:système ; et: généralement ils: avaient: un intérêt personnél:à le réaliser. :
‘ Les deux colonies avaient de plus, il faut le. remarquer, dés lois différentés de. développement: l’une s'ar :roissait peu. à peu en s’enracinant fortement; l'autre, au-contraire, allait de distan ce en distance, jusqu’au milieu du désert; .et:sans laisser de ra -
srience ourage û mpher mes de btitudes exercés jamais