XXIV INTRODUCTION
le désir de la conversion et de la transformation des populations indigènes et barbares qui peuplaient ces continent!
Comme les familles étaient alors généralement plus}
nombreuses qu’elles ne le sont aujourd'hui, la noblesse y trouvait cet avantage d'établir aisément ses cadets dans de nouveaux fiefs, sans altérer, ni amoin-
drir, ni engager gravement, pour cet établissement,
le fief patronymique destiné à l'aîné. De la sorte, le chef de famille dédoublait la souche de a race; on pouvait espérer ainsi voir fleurir par delà les mers, dans des seigneuries considérables, des branches nouvelles de la noblesse; et ces branches nouvelles, tout en rehaussant l’éclat de la maison, s’assuraient pour
l'avenir un dévelopement indéterminé au milieu del
ces vastes et fertiles solitudes.
Les bourgeois riches, dont le rêve était alors d’acheter un fief terrien qui pût donner à leurs descendants un titre ou au moins une entrée dans la noblesse, entrevoyaient au nouveau monde la réalisation trèsfacile de leurs visées, dans des concessions seigneuriales que l’on obtenait aisément, et qui pouvaient ultérieurement, avec leur énorme étendue, devenir très-importantes et presque princières. Étant donné le milieu social et les idées généralement admises alors, toutes ces considérations présentaient le caractère de la maturité et de la sagesse; elles étaient tout à fait conformes aux vrais principes du progrès, du bon ordre et de la paix sociale.
1 Le Play, Réforme sociale, t. 1, chapitre de la Famille souche; t. II, chapitre des Colonies.
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