‹ Une colonie féodale en Amérique [microforme]Chapitre 15 sur 63 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

liens, un serment où l’on omettait en réalité la réerve qu'ils avaient stipulée; d’autres fois, ils maœuvraient de façon que la réserve fût consignée j'une manière irrégulière. Les Acadiens parvinrent resque toujours à déjouer ces manœuvres déloyales. fais néanmoins, à force de répéter ces fraudes, ils inirent par placer les Acadiens dans une situation ausse, indéterminée, qu’on appella la Neutralité; les Acadiens s’en faisaient honneur, parce qu'ils se royaient abrités par elle.

On les laissa ainsi s'endormir, on traina en lonsueur pendant quarante ans, et le jour où l’on crut ne pl: voir besoin d'eux, on exigea un serment formel et sans réserve. Les Acadiens voulurent alors quitter a presqu'ile, mais on leur répondit brutalement :

« Vous avez perdu tous vos droits, comme étant restés ci sans avoir prété le serment d’allégeance, et par la ième raison vous resterez ici sous le bon plaisir de a couronne, vous êtes les prisonniers du Roi. »

De là la proscription de 1755, la déportation en

asse des femmes et des enfants et toutes les horreurs jui suivirent.

Après la proscription sans exemple dont ils furent les innocentes victimes en 1755, il s’en fallut de peu que la population ne fût entièrement détruite. Les débris dispersés de ce peuple proscrit dem eurèrent enfouis pendant cinquante ans sur diverses côtes désertes abandonnées de la Nouvelle-Écosse. Là, leurs familles, après s'être refaites de dix ans de

isére, se groupèrent à nouveau et reprirent le cours

de leurs progrès et de leurs développements.

XXVIIT INTRODUCTION.

Ils étaient dix-huit mille en 1755, ils perdirent si mille âmes, morts ou disparus pendant la tourmente un nombre à peu près semblable fut dispersé en diver pays, notamment au Canada et en Louisiane. Le der

nier tiers échappé aux proscripteurs resta caché dan des retraites sauvages ; inaïis c’est à peine, à mon sens, s'il comprenait cinq mille âmes. C’est ce dernier con: tingent qui fut la souche des établissements actueis.

En 1803, la tournée de Mgr Lartigue, pour l’évêque de Québec, constata environ huit mille Acadiens, mais ce chiffre est peut-être inférieur à la réalité. La tournée de Mgr Plessis, en 1812, en signale onze mille, et je crois ce dernier chiffre aussi exact que possible. De 1767 à 1812, la population acadienne s’est donc accrue de 110 à 120 pour 100 en trente-sept ans, Enfin, dans le recensement de 1881, on trouve sur

les mêmes côtes quatre-vingt mille Acadiens.

Exemple précieux, qui nous montre ce que le:

hommes, même les plus dénués, peuvent obtenir de progrès et de succès avec de l’ordre, de l’énergie et de la vertu, soutenus par un vigoureux amour de la tradition.

Labor improbus omnia vincit.

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