XII INTRODUCTION
mait à proprement parler l’ancienne Acadie; c’est là que se sont passés les événements dont nou allons suivre et étudier le récit. C’est là que plusieur: gentilshommes français, sous la direction des sieurs de Monts et de Poutrincourt, entreprirent de fonder une colonie qu'ils appelèrent Port-Royal. Pris et repris plusieurs fois par les Anglais, ce poste fut définitivement réoccupé en 1632 par MM. de Razilly et d'Aulnay, qui y conduisirent une quarantaine de familles françaises. A travers bien des vicissitudes, ces familles, presque abandonnées à elles-mêmes et recrutées à peine de temps en temps par quelques aventuriers et quelques engagés, formaient déjà vers 1710 une paroisse d'environ deux mille âmes, quand les Anglais
s'emparèrent définitivement de l’Acadie. Les conqué- |
rants, dédaignant cette presqu'île sauvage, se contentèrent de placer à Port-Royal une petite garnison, et les colons français, restés sur leurs héritages, continuèrent à se multiplier dans l'isolement; en 1750, ils dépassaient quatorze mille âmes, s'étant sextuplés en quarante ans sans le concours d'aucune immigration d'Europe.
= Les Anglais, effrayés de la rapidité de cette progression, résolurent d'y mettre un terme : ils firent
cerner leurs villages par les milices de la Nouvelle- Angleterre en 1755; toute la population fut enlevée; hommes, femmes et enfants furent déportés aux États- Unis et en Angleterre, et c’est au milieu de cette proscription cruelle, injustifiable, que Longfellow a placé les scènes mélancoliques de ce poëme ravissant d'Évangeline, qui a mis le sceau à sa réputation, On
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