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péens et des métis habitant sur ces seigneuries ct dans les forêts. Parmi eux se trouvaient une centaine d'hommes habitués au rude métier de coureurs de bois; ils accompagnaient les capitaines dans leurs excursions, soit pour la traite des fourrures, soit contre les Anglais, et étaient éminemment propres à servir de cadres, pour conduire et appuyer les Indiens pendant la guerre. Un certain nombre de ces hommes appartenaient d'ailleurs à la famille des chefs : ainsi, au cap Sable, on trouvait dix hommes en état de porter les armes parmi les Latour et les d'Entremont.
I est très-difficile d'évaluer le nombre des guerriers indiens qui pouvaient se grouper sous le patronage des capitaines français ; l'abbé Maurault, prêtre canadien, qui a publié en 1866 une histoire fort intéressante des Abénakis, estime qu’au temps de leur plus grande prospérité ils ne comptèrent jamais plus de trois mille guerriers ; mais, en 1706, ce nombre était singulièrement réduit, et il est douteux que celles de leurs tribus qui restaient sur la baie Francaise eussent cinq cents hommes en état de porter les armes ",
Les Etchemins et les Maléchites, au nord des Abénakis, dans une contrée plus froide et plus montagneuse, étaient bien moins nombreux encore, et dans cette vaste région où dominait l'influence des Damours de Jemsek, de La Vallière de Beaubassin et de Denys de Fronsac, il est douteux que l’on eût pu réunir plus de deux cents guerricrs. Dans la presqu'ile même de l’Acadie habitaient les
1 Voir Maurault, Histoire des Abenakis. — Rapport de M. Hocquart, intendant du Canada en 1736, cité par Beamish, p. 520. — Autre rapport sur les Micmacs, cité par Beamish, t, 11, p. 82. — Relations des Jésuites, édition canadienne, vol, I, p. 15. — Relevé des populations sauvages en 1611. — Recensements du Canada, 1871, vol, IV.
Micmacs, population très-clair-semée à travers les écrou. lements rocheux qui couvrent l’intérieur de la contrée, ct ils ne comptaient pas plus de cent à cent cinquante guer. riers.
Ce nombre d'hommes, bien que médiocre, n’eût pas laissé d’être redoutable, à cause de leur extrême mobilité; mais l’inconstance, l’inexactitude, les caprices de leurs déterminations imprévues, annulaient souvent les plus précieuses qualités des Indiens. Aucun capitaine de sauvages ne pouvait compter d’une manière certaine, ni sur le nombre de guerriers qu'il pourrait réunir, ni sur la constance de ceux qu’il emmenait avec lui; il arrivait souvent qu'après un grand festin, où il avait réuni cen cinquante gucrriers, il ne lui en restait pas la moitié quand il fallait s’embarquer sur la baie Française; les revers les abattaient et les dispersaient, et l’exaltation du succès produisait le même résultat, car la plupart voulaient aussitôt retourner chez eux, pour emmener leurs prisonniers, leur butin, et faire parade de leurs sanglants trophées. &, On pouvait aisément avec eux organiser un terrible coup de main, plusieurs coups de main, mais il était impossible de combiner une expédition suivie.
Les capitaines de sauvages eux-mêmes, bien que Français, présentaient dans une certaine mesure les même: à, inconvénients : toutes les organisations de cette nature : Æ chefs de clans, cheiks de tribus, seigneurs féodaux, capi taines de bandes ou de francs-tireurs, cabecillas de gue-R. rillas, ont toujours offert un caractère générique d’irrégu larité dans l’action, et d’inconstance dans leurs allures: à. c’est là la contre-partie des services extraordinaires que l’on peut tirer de leur fougue, de leur subtilité et de h}@ rapidité de leurs mouvements; ils échappent à la direction d’un commandant en chef, aussi bien qu’à la vigi lance de l’ennemi; on ne peut compter sur eux qu'avec