‹ Une Colonne dans le Soudan français (1886-1887) (volume 2)Chapitre 16 sur 24 · III. — Formaliom de combat · texte numérisé non relu

III. — Formaliom de combat

En principe, la formation do combat sera identique à la formation de bivouac.

Si une attaqua se produit sur le front ou sur les flancs, la section d'avant-garde s'arrêtera eourt, s'établira à gauche du chemin ainsi qu'il a été indiqué dans l'ordre n' 17> La S< section se formera à sa droite, séparée de la 1" par un intervalle de tO mètres. La 3> secUon se for-

mera face à droite, de manière à former la gauche de la 2* face avec ud intervalle de 10 mètres de la 1'" face. LMnfanterie de marine prolongera cette 3<* section avec un intervalle de 10 mètres, comme dans la formation de bivouac. La 4" section de tirailleurs, si elle est forcée de rentrer, viendra se placer en réserve derrière la 3« section.

Les â<^ et 3<» sections de la 8^ compagnie viendront former vivement la 3^ face du carré avec les mêmes dispositions que pour la S^ face.

Les spahis et la 1'® section de la S^ compagnie de tirailleurs viendront former la 4* face et fermer le carré.

Les chefs de troupes donneront toutes les instructions de détail nécessaires à leurs troupes par ces diverses formations, en insistant sur la ligne de conduite à suivre pour ces diverses fractions et notamment par les sections de flanc-garde en cas d*attaque de l'ennemi.

Sénoudébou, le 16 décembre 1886.

Gàllient.

Ordre n» 21.

L — La 1'° colonne quittera le 18» au matin, le bivouac de Sénoudébou pour se diriger sur Dianna.^

IL — Pendant toutes les marches^ on se conformera, pour Técoulement des dififérentes fractions de la colonne, au tableau ci-dessous, où les durées d'écoulement ont été calculées à raison de 4 kilomètres par 50 minutes de marche.

FRACTIONS DE LA GOLOmCK.

Section d'avant-garde . . .

Ayant-prde

2* section, 3* compagnie 3* section, 3* compagnie

Etat-major

Infanterie de marine — Section de 65< Section de 80 2* section, 8« compagnie Section de munitions . . .

Ambulance

Gon?oi régimentaire

Arrière-garde

Gonyoi administratif. . . .

Temps d'écoulement

LORGDIUI.

met.

HO

d'éeoaleaent.

PASSAOI

an point initial.

Nota. — Chaque fraction de la colonne, poor avoir l'iieare de son passage an point initial, doit anfmenter l'henre du passage de la pointe d^avant-garde de l*heure du passage au point initial indiquée, pour cliaque fraction, dans le présent tableau.

m. — Lea chefs de corps et de services donneront toutes les instructions de détail pour la levée du bivouac, pour la marche et pour Tarrivée au bivouac, en se conformant aux principes donnés par les ordres n«» 14, i6, 17 et 20.

rV. — Dès que l'ennemi sera signalé, la colonne prendra la formation en carré, prescrite par les ordres n<>* 17 et âO. Chacun se portera à son poste de combat. Les chefs de troupes feront, en quelques mots et à voix basse, les recommandations nécessaires pour le tir suivant la nature du terrain^ en rappelant à leurs hommes qu*avec du sang-froid et udc exacte discipline, ils auront rapidement raison de leurs adversaires.

Y. — Les vivres de réserve devront être complétés pour le 18, et seront répartis de la manière suivante :

2 jours pain;

4 jours biscuit; Européens { 6 jours café, sucre, sel;

6 jours endaubage;

2 jours vin.

2 jours biscuit; - ,. . .4 jours riz;

^ j 6 jours café, sucre, sel (ceux qui y ont droit);

6 jours endaubage.

Mulets et chevaux in-) ^ . ,, v « i i aigènes } ^ J°"" ^^^^® ^ ^ ^*^®^''-

Chevaux arabes | 4 jours d*orge à 5 kilogr.

Il ne sera touché à ces vivres de réserve que sur Tordre du commandant de la colonne.

YI. — Le convoi administratif emportera :

i8 jours vin; 4 jours biscuits ; 4 jours café, sucre, sel; 10 jours thé et sucre.

11 jour biscuit; 3 jours riz; 4 jours café, sucre, sel (pour les ayants droit) ; 4 jours endaubage.

Mulets et chevaux indigènes Chevaux arabes | 4 jours orge à 5 kilogr.

> 2 jours orge à 3 kilogr.

Deux mulets seront en outre réservés, le premier, pour recevoir un un chargement de guinée, le deuxième, un chargement d'argent et de couvertures et étoffes d'échange.

Le service administratif constituera, de plus, un troupeau pour 8 jours de viande fraîche pour les Européens de la colonne.

VU. — Le sous-lieutenant cl*infanterie de marine Maubert prendra le commandement du poste de Sénondébou, et assurera, avec la 4^ section de la 8° compagnie de tirailleurs et les auxiliaires du village, la garde de son poste et du dépôt d^approvisionnements et de munitions laissés à Sénoudébou.

Il prendra toutes les précautions nécessaires pour repousser une attaque de l'ennemi, si elle venait à se produire, et pour prémunir son poste et le dépôt d'approvisionnements contre tout danger d'incendie.

YIII. — Le commissaire de la colonne, ainsi que les cbefs de corps et de services, remettront au sous-iieutenant Maubert la liste de tous les colis ou objets laissés à Sénoudébou.

Ils lui fourniront toutes les indications nécessaires pour lui permettre, au premier ordre, d'expédier ces colis ou objets sur les dépôts intermédiaires, qui seront créés entre Sénoudébou et Dianna, au fur et à mesure que la colonne s'avancera vers ce dernier point.

IX. — Il sera constitué, par les soins du sous-lieutenant Maubert, et avec l'aide des porteurs fournis par le chef du Bondou, un premier poste de ravitaillement à Pounégui.

Ce premier poste servira lui-môme à approvisionner, par les soins du commissaire de la colonne, le deuxième dépôt à créer avant Dianna.

X. — Le poste de Pounégui sera organisé militairement au passage de la colonne et recevra, suivant les moyens de transport disponibles, un approvisionnement de 10 jours de vivres, constitué d'après les principes posés aux articles Y et YI du présent ordre.

XI. — Les chefs de corps et de services seront personnellement responsables, vis-à-vis du commandant supérieur, de Texécution du présent ordre.

Sénoudébou, le 16 décembre 1886.

Gallibni.

Je pris en même temps les mesures les plus énergiques pour empêcher les auxiliaires du Bondou de porter le désordre dans la colonne pendant la marche. Ces indigènes sont sujets aux paniques, et rien n'est plus dangereux dans une région aussi boisée que celle dans laquelle nous allions nous engager. Les auxiliaires furent placés sous le commandement direct du souslieutenant de spahis Guerrin, auquel furent adjoints,^ pour le seconder, l'interprète Mandao, ainsi que le commis principal des postes Mademba, son service particulier lui laissant en ce moment tout le temps nécessaire pour cette mission spéciale. Voici les instructions qui furent rédigées à co sujet :

« Le sous-lieutenant de spahis Guerrin sera accompagné de

deux cavaliers auxiliaires connaissant personnellement le marabout.

« MM. Mademba et Mandao seront pourvus d'un calepin de notes et d'un croquis de la région délivrés par Tétat-major.

« La cavalerie auxiliaire sera divisée en quatre groupes d'égale importance. Chaque cavalier sera muni d'un brassard porté au bras droit.

« De Sénoudébou à Kaparta. --On ne rencontrera très probablement l'ennemi qu'au delà de Kaparta. La cavalerie auxiliaire, de Sénoudébou à Kaparta, marchera en avant de la pointe des spahis. Elle détachera une pointe de quatre cavaliers, qui s'éclairera à 200 mètres sur les flancs.

« Le gros, sous les ordres de M. Mademba, marchera sur le sentier suivi par la colonne, à deux kilomètres en avant de la pointe des spahis. Son chef devra : i® prendre tous les renseignements possibles sur l'étape du jour, au point de vue du passage de l'artillerie; il fera prévenir au besoin le commandant de la colonne ; 2® se renseigner sur le gîte d'étape (eau, campement, nature du terrain, etc.); 3° se renseigner sur le gîte d'étape du lendemain (ressources diverses, difficultés du terrain, etc.); 4« défendre toute détonation inutile ; 5<> enlever tout homme, femme ou enfant rencontré; 6® interroger les prisonniers et les envoyer immédiatement au colonel ; 7® empêcher, aux approches d'un village, les habitants de s'enfuir pour aller donner des nouvelles au marabout.

« En cas de présence de l'ennemi dans un village, M. Mademba devra, en outre : 1<> défendre à ses cavaliers de tirer les premiers; 2» chercher à reconnaître la force et la composition de l'ennemi, la nature et l'ensemble de sa position ; 3^ ne pas engager le combat, mais le soutenir seulement pendant le temps nécessaire pour se renseigner; 4® revenir sur les spahis par le sentier suivi, en bon ordre, au pas, en se faisant éclairer de tous côtés (de nuit, M. Mademba et ses hommes devront se faire reconnaître des spahis par le mot télégraphe) ; 5° se placer sur l'un des côtés de la route, laisser défiler la colonne et prendre la place désignée par le colonel; 6® renseigner immédiatement le colonel par des comptes rendus écrits, que le commandant des spahis lira au passage; 1^ maintenir le plus grand calme dans le goum et empêcher toute débandade*

« De Kaparta à Dianna, — La cavalerie auxiliaire cessera d'être à ravant-garde, et M. Mademba prendra le commandement de tous les auxiliaires, à pied ou à cheval.

a Quelques cavaliers choisis seront seuls poussés en avant de la colonne, à SOO mètres des spahis, pour étendre au loin le réseau de sécurité de la colonne.

« Sous Dianna. — La cavalerie auxiliaire surveillera Tune des lignes de retraite, celle de Test. Ce service sera assuré par quelques spahis, renforcés de deux ou trois groupes de cavaliers auxiliaires, suivant l'étendue du secteur à garder.

« Toute détonation sera interdite.

« On s'efforcera de voir sans être vu, de manière à laisser croire à l'ennemi qu'il peut s'enfuir vers Test, dans la direction de Sénoudébou.

1^ « Les cavaliers connaissant le marabout seront placés en avant, en vedettes.

« On surveillera tout spécialement les ennemis montés, en renseignant constamment le commandant de la colonne et le commandant des spahis.

« Dans l'action, la cavalerie auxiliaire évitera : !<> d'égarer des coups de fusil dans la direction des spahis; 2^ de traverser leur zone d'action; 3^ de se rabattre, soit sur les spahis, soit sur les ailes des colonnes ; 4^ de faire des prisonniers, ce qui amènerait l'éparpillement des cavaliers. »

Cependant, la 2® colonne parvenait à Bontou le 17 décembre. Mais là, grande déception; le gué était infranchissable : fond de 3 mètres, courant des plus violents, absence de pirogues pour le passage. Tout fut tenté pour essayer de le traverser, mais c'eût été folie de persister. Le commandant Vallière se décida donc, le lendemain 18 décembre, à descendre la rive droite de la Falémé jusqu'à Farabanna, où l'on signalait un gué plus accessible. Le passage était encore plus mauvais qu'à Bontou, en raison de l'extrême violence du courant et des roches qui garnissaient le lit de la rivière. Le découragement était grand, d'autant plus que les guides affirmaient ne plus connaître aucun passage, et que les villages déserts ne permettaient pas de demander de plus amples renseignements. La colonne erra un peu à l'aventure jusqu'au 20 décembre, jour où les spahis de pointe décou-

vrirent, enfin, des traces d'hommes et d'animaux conduisant au gué de Sansanding. Le passage était commode; il fut rapidement exécuté, au grand soulagement de toute la colonne, qui désespérait presque de passer de l'autre côté de Timmense fossé qui la séparait de la 1'» colonne et de l'objectif des opérations. En résumé, la ifi colonne se trouvait sur la rive gauche de la Falémé le 30 décembre au soir. La 1^* colonne, après s'être augmentée de la 3® compagnie de tirailleurs et avoir laissé une section comme garnison à Sénoudébou, se préparait à reprendre sa marche le 18, ignorant, d'ailleurs encore, les retards apportés à la 3« colonne par le franchissement de la Falémé. La 1" colonne, s'allégeant des bagages inutiles, emportait 10 jours de vivres, dont 6 sur les hommes et animaux et 4 au convoi; le sous* lieutenant d'infanterie de marine Maubert prenait le commandement du poste de Sénoudébou et se chargeait de faire suivre la colonne par un important convoi de porteurs, qui devaient déposer leurs vivres au dépôt de Pounégui, à créer entre Sénoudébou et Dianna.

MAwnTTHî DES DEUX COLONNES DEPUIS LA FALÉMÉ

JUSQU'A DIANNA.

La l^^ colonne quitte Sénoudébou le 18 au matin pour prendre la direction de Dianna. Le tableau ci-dessous donne le détail des marches exécutées pour atteindre ce point.

»ATBf.

48déc.

HBUKBS

roiirrs u nifàMt.

de départ

Sénoadéboa.

Sambacolo.

Koossan.

Ponnégai.

Kaparta.

Sootouta.

Gançniliel.

SoQtiou-Omar-Ciré.

Sanoundi.

G iom

tiiTBS D^iTÀFBf.

Sambacolo.

Koussan.

Poonégui.

Kaparta.

SoQtoata.

Ganguiliel.

Sootiou Omar Ciré.

Sanoandi.

Dianna.

BKORBS

d'arrivée.

iO 30 m.

LOrfOOBOI

des étapes.

kil.

De Sénoudébou à la mare de Pounégui, il ne se présente aucun incident remarquable.

Le terrain, tout d'abord en forme de plateaux découverts, nettoyés par les incendies qu'on y a allumés et séparés par de légères dépressions, au fond desquelles coulent des marigots ne renfermant de l'eau qu'à l'hivernage, devient de plus en plus boisé, au fur et à mesure que Ton s'approche de la mare de Pounégui. Il se relève entre Koussan et Pounégui, où une chaîne de collines, à versants peu accidentés, constitue la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Falémé et de la Gambie. La caractéristique du terrain parcouru est indiquée par les bois épais que traverse la colonne. Le sentier se déroule, à peine tracé, parmi les hautes herbes et les arbres épineux. Les bois s'étendent à droite et à gauche. On ne distingue rien à quelques mètres autour de soi.

Aussi, le service de sûreté est-il fait avec un soin extrême. La cavalerie auxiliaire en avant, les spahis en soutien et sur les flancs de la colonne, explorent le terrain sous la direction du sous-lieùtenant Guerrin. Les tirailleurs, en tête et sur les flancs de l'artillerie, sont prêts à repousser toute surprise. La colonne peut prendre sa formation de combat en carré en quelques minutes, malgré sa grande longueur et la nécessité où elle est de marcher par un et à la file indienne.

Le 21, la colonne campait à la mare de Pounégui. Ce point est choisi pour y établir le dépôt de vivres intermédiaire entre Sénoudébou et Dianna. Il ne s'y trouvait, d'ailleurs, ni habitants ni habitations. L'étape du jour avait été longue, puisque l'avantgarde ne parvenait au lieu du bivouac qu'à 41 h. 30. Tout le monde se mit néanmoins à Touvrage dès l'arrivée. Spahis, tirailleurs, conducteurs, fournirent des corvées, qui coupaient dans les bois les arbres nécessaires pour former l'enceinte du sagné, tandis que les cauonniers et les hommes d'infanterie de marine, sous la direction de deux oflBciers d'artillerie, piquetaient l'ouvrage et disposaient les matériaux apportés. Un grand hangar était élevé à l'intérieur pour abriter les vivres; un gourbi palissade garnissait la face antérieure, servant de logement à la garnison et flanquant les deux secteurs correspondants. Le soir, à 6 heures, une petite garnison de 6 tirailleurs et de quelques hommes d'infanterie de marine, trop fatigués pour suivre la co-

lonne, occupaient le sagné, où était disposé un premier convoi de vivres apportés par 80 porteurs venus de Sénoudébou. Ces porteurs repartaient aussitôt pour ce poste; on leur enlevait leurs armes pour être certain qu'ils reviendraient.

La colonne, en quittant Pounégui, emportait avec elle 6 jours de vivres : 4 sur les honmies et les animaux, 2 au convoi administratif.

Cependant, les renseignements des espions, envoyés en avant, n'apprenaient encore rien de nouveau sur le marabout. Le pays était désert ; les villages [rencontrés jusqu'à ce moment étaient vides de leurs habitants. La brousse devenait de plus en plus intense. Le service d'exploration et d'avant-postes était fait avec une extrême rigueur. L'un des hommes de Saada-Âmady nous apprenait que le village de Soutouta, le premier du Tiali, pays qui avait reconnu l'autorité de Mahmadou-Lamine, était inoccupé. Du côté de la 2® colonne, une lettre, reçue à Koussan, me mettait au courant des difficultés rencontrées au passage du gué de Bontou et de la nécessité de se diriger sur Farabanna, où un passage meilleur était signalé. Une deuxième lettre, reçue à Kaparta, m'apprenait que le commandant Vallière s'était présenté devant Farabanna et avait dû également renoncer au passage sur ce point pour continuer sur Sansanding.

Ces retards apportés h la marche de la 2« colonne, me forçaient à modifier les ordres primitivement donnés et à reculer d'un jour notre arrivée sous Dianna. Je chargeai trois chasseurs d'éléphants du pays de porter, par des directions différentes, au commandant YalUère, la lettre par laquelle je lui faisais part de ce changement. Les renseignements pris auprès du capitaine Robert, qui avait déjà franchi ce gué de Sansanding, me permettaient, d'ailleurs, de penser qu'il offrirait un excellent passage à la 2^ colonne. J'arrêtai donc, comme suit, la marche combinée des deux colonnes.

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