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avaient été abandonnés et de grands feux se montraient à droite et à gauche, comme pour annoncer son approche.
Le filage de Saroudian m'était signalé comme fortement occupé par une avant-garde du marabout. Le commandant de la 2« colonne, conformément aux prescriptions de Tordre de mouvement, avait aussitôt pris toutes ses dispositions pour bousculer vivement Fennemi^ et ne pas se laisser retarder dans sa marche sur Dianna. Il fallait être, coûte que coûte, présent au rendezvous du 25.
Les spahis de pointe ayant été reçus à coups de fusil par une embuscade ennemie, cachée dans les hautes herbes aux environs du village, la colonne s'était aussitôt formée en bataille, à 600 mètres du sagné, sur un dos de terrain permettant d'apercevoir distinctement les cases du village, occupées par les habitants armés de fusils et faisant feu sur nos éclaireurs. La section de 4 de montagne avait ouvert le feu sur la porte est de l'enceinte, tandis que la 1^» compagnie de tirailleurs balayait de ses feux de salve l'intérieur du sagné. Cette tactique avait eu ses effets accoutumés, et, au bout de vingt minutes de préparation par les feux, la 1** compagnie de tirailleurs était lancée à l'assaut, en colonne par sections à distance entière. Mais, les défenseurs du tata, découragés par les pertes que leur avait fait subir notre artillerie, et apercevant en même temps les spahis qui essayaient de leur couper la retraite vers l'ouest, s'étaient enfuis par les portes opposées, nous laissant un grand nombre de prisonniers. Cette action, vigoureusement menée par le commandant Yallière, ne lui coûtait que quelques hommes, blessés légèrement.
La 2* colonne reprenait aussitôt sa marche, et, malgré sa grande fatigue, arrivait h Sauoundi à 1 h. 30 m. du soir. Quelques heures après, elle se voyait rejointe par les spahis de pointe de la 1'^ colonne, qui prenait son bivouac à peu de distance.