‹ Une colonne dans le Soudan françaisChapitre 18 sur 63 · VI. — Le convoi administratif emportera · texte numérisé non relu

VI. — Le convoi administratif emportera

18 jours vin; 4 jours biscuits ; 4 jours café, sucre, sel; 10 jours thé et sucre.

il jour biscuit; 3 jours riz; 4 jours café, sucre, sel (pour les ayants droit) ; 4 jours endaubage.

Mulets et chevaux in - / ^ . , ^ , .,

digènes ( ^ •1°"''^ ^^^^ ^

Chevaux arabes | 4 jours orge à 5 kilogr.

Deux mulets seront en outre réservés, le premier, pour recevoir un un chargement de guinée, le deuxième, un chargement d'argent et de couvertures et étoffes d'échange.

Le service administratif constituera, de plus, un troupeau pour 8 jours de viande fraîche pour les Européens de la colonne.

VII. — Le sous-lieutenant d'infanterie de marine Maubert prendra le commandement du poste de Sénoudébou, et assurera, avec la 4^ section de la 8^ compagnie de tirailleurs et les auxiliaires du village, la garde de son poste et du dépôt d'approvisionnements et de munitions laissés à Sénoudébou.

Il prendra toutes les précautions nécessaires pour repousser une attaque de l'ennemi, si elle venait à se produire, et pour prémunir son poste et le dépôt d'approvisionnements contre tout danger d'incendie.

YIII. — Le commissaire de la colonne, ainsi que les chefs de corps et de services, remettront au sous-lieutenant Maubert la liste de tous les colis ou objets laissés à Sénoudébou.

Ils lui fourniront toutes les indications nécessaires pour lui permettre, au premier ordre, d'expédier ces colis ou objets sur les dépôts intermédiaires, qui seront créés entre Sénoudébou et Dianna, au fur et à mesure que la colonne s'avancera vers ce dernier point.

IX. — Il sera constitué, par les soins du sous-lieutenant Maubert, et avec l'aide des porteurs fournis par le chef du Bondou, un premier poste de ravitaillement à Pounégui.

Ce premier poste servira lui-même à approvisionner, par les soins du commissaire de la colonne, le deuxième dépôt à créer avant Dianna.

X. — Le poste de Pounégui sera organisé militairement au passage de la colonne et recevra, suivant les moyens de transport disponibles, un approvisionnement de 10 jours de vivres, constitué d'après les principes posés aux articles V et YI du présent ordre.

XI. — Les chefs de corps et de services seront personnellement responsables, vis-à-vis du commandant supérieur, de l'exécution du présent ordre.

Sénoudébou, le 16 décembre 1886.

Galueni.

Je pris en même temps les mesures les plus énergiques pour empêcher les auxiliaires du Bondou de porier le désordre dans la colonne pendant la marche. Ces indigènes sont sujets aux paniques, et rien n'est plus dangereux dans une région aussi boisée que celle dans laquelle nous allions nous engager. Les auxiliaires furent placés sous le commandement direct du souslieutenant de spahis Guerrin, auquel furent adjoints, pour le seconder, l'interprète Mandao, ainsi que le commis principal des postes Mademba, son service particulier lui laissant en ce moment tout le temps nécessaire pour cette mission spéciale. Voici les instructions qui furent rédigées il ce sujet :

(( Le sous-lieutenant de spahis Guerrin sera accompagné de

deux cavaliers auxiliaires connaissant personnellement le marabout.

(( MM. Mademba et Mandao seront pourvus d'un calepin de notes et d'un croquis de la région délivrés par l'état-major.

« La cavalerie auxiliaire sera divisée en quatre groupes d'égale importance. Chaque cavalier sera muni d'un brassard porté au bras droit.

« De Sénoudébou à Kaparta. — On ne rencontrera très probablement l'ennemi qu'au delà de Kaparta. La cavalerie auxiliaire, de Sénoudébou à Kaparta, marchera en avant de la pointe des spahis. Elle détachera une pointe de quatre cavaliers, qui s'éclairera à 200 mètres sur les flancs.

« Le gros, sous les ordres de M. Mademba, marchera sur le sentier suivi par la colonne, à deux kilomètres en avant de la pointe des spahis. Son chef devra : prendre tous les renseignements possibles sur l'étape du jour, au point de vue du passage de l'artillerie; il fera prévenir au besoin le commandant de la colonne; 2° se renseigner sur le gîte d'étape (eau, campement, nature du terrain, etc.) ; 3° se renseigner sur le gîte d'étape du lendemain (ressources diverses, difficultés du terrain, etc.); 4° défendre toute détonation inutile; 5» enlever tout homme, femme ou enfant rencontré; 6^ interroger les prisonniers et les envoyer immédiatement au colonel; 7» empêcher, aux approches d'un village, les habitants de s'enfuir pour aller donner des nouvelles au marabout.

« En cas de présence de l'ennemi dans un village, M. Mademba devra, en outre : 1^ défendre à ses cavaliers de tirer les premiers; 2o chercher à reconnaître la force et la composition de l'ennemi, la nature et l'ensemble de sa position; 3<^ ne pas engager le combat, mais le soutenir seulement pendant le temps nécessaire pour se renseigner; 4^ revenir sur les spahis par le sentier suivi, en bon ordre, au pas, en se faisant éclairer de tous côtés (de nuit, M. Mademba et ses hommes devront se faire reconnaître des spahis par le mot télégraphe) ; se placer sur l'un des côtés de la route, laisser défiler la colonne et prendre la place désignée par le colonel; 6» renseigner immédiatement le colonel par des comptes rendus écrits, que le commandant des spahis lira au passage; 7^ maintenir le plus grand calme dans le goum et empêcher toute débandade.

« De Kaparta à Dianna. — La cavalerie auxiliaire cessera d'être à l'avant-garde, et M. Mademba prendra le commandement de tous les auxiliaires, à pied ou à cheval.

« Quelques cavaliers choisis seront seuls poussés en avant de la colonne, à oûO mètres des spahis, pour étendre au loin le réseau de sécurité de la colonne.

(( Sous Dianna. — La cavalerie auxiliaire surveillera l'une des lignes de retraite, celle de Test. Ce service sera assuré par quelques spahis, renforcés de deux ou trois groupes de cavaliers auxiliaires, suivant l'étendue du secteur à garder.

« Toute détonation sera interdite.

« On s'efforcera de voir sans être vu, de manière à laisser croire à l'ennemi qu'il peut s'enfuir vers l'est, dans la direction de Sénoudébou.

« Les cavaliers connaissant le marabout seront placés en avant, en vedettes.

« On surveillera tout spécialement les ennemis montés, en renseignant constamment le commandant de la colonne et le commandant des spahis.

« Dans l'action, la cavalerie auxiliaire évitera : 1° d'égarer des coups de fusil dans la direction des spahis; 2° de traverser leur zone d'action; 3» de se rabattre, soit sur les spahis, soit sur les ailes des colonnes ; 4» de faire des prisonniers, ce qui amènerait l'éparpillement des cavaliers. »

Cependant, la 2^ colonne parvenait à Bontou le 17 décembre. Mais là, grande déception; le gué était infranchissable : fond de 3 mètres, courant des plus violents, absence de pirogues pour le passage. Tout fut tenté pour essayer de le traverser, mais c'eût été folie de persister. Le commandant Vallière se décida donc, le lendemain 18 décembre, à descendre la rive droite de h\ Falémé jusqu'à Farabanna, où l'on signalait un gué plus acce.ssible. Le passage était encore plus mauvais qu'à Bontou, en raison de l'extrême violence du courant et des roches qui garnissaient le lit de la rivière. Le découragement était grand, d'autant plus que les guides aftirmaient ne plus connaître aucun passage, et que les villages déserts ne permettaient pas de demander de plus amples renseignements. La colonne erra un peu à l'aventure jusqu'au 20 décembre, jour où les spahis de pointe décou-

vrirent, enfin, des traces d'hommes et d'animaux conduisant au gué de Sansanding. Le passage était commode; il fut rapidement exécuté, au grand soulagement de toute la colonne, qui désespérait presque de passer de l'autre côté de l'immense fossé qui la séparait de la colonne et de l'objectif des opérations.

En résumé, la 2^ colonne se trouvait sur la rive gauche de la Falémé le 20 décembre au soir. La l^e colonne, après s'être augmentée de la 3® compagnie de tirailleurs et avoir laissé une section comme garnison à Sénoudébou, se préparait à reprendre sa marche le 18, ignorant, d'ailleurs encore, les retards apportés à la 2^ colonne par le franchissement de la Falémé. La V colonne, s'nllégeant des bagages inutiles, emportait 10 jours de vivres, dont 6 sur les hommes et animaux et 4 au convoi; le souslieutenant d'infanterie de marine Maubert prenait le commandement du poste de Sénoudébou et se chargeait de faire suivre la colonne par un important convoi de porteurs, qui devaient déposer leurs vivres au dépôt de Pounégui, à créer entre Sénoudébou et Dianna.

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