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II rendra compte par écrit à ce sujet au colonel commandant le territoire.
VII. — M. le commandant Barre rejoindra Lang-Son, où il résidera jusqu'à décision de M. le général en chef.
M. le docteur Baur rejoindra That-Khé, où il assurera le service jusqu'à nouvel ordre.
VIIÏ. — Jusqu'à nouvel ordre, les hommes de la légion détachés dans les petits postes et blockhaus de la frontière y seront laissés.
Gallieni.
Ordre no 12.
I. — Les colonnes -1 et 2 seront disloquées à compter de ce jour.
II. — Les troupes qui les composent rejoindront leurs garnisons respectives en se conformant aux indications du tableau ci-joint.
III. — Toutes les troupes, passant par Mo-Nhaï, ne devront y prendre que les vivres strictement nécessaires pour se rendre à Hun-Len, où elles se ravitailleront juste pour gagner Van-Linh ou Cho-Trang. Dans ces deux derniers points, elles ne devront prendre que les vivres nécessaires pour gagner Than-Moï ou Bac-Lé.
IV. — Les cartouches de la 13^ compagnie du 2^ tonkinois, sauf cinq paquets emportés par les hommes, seront versées à Cho-Vu pour former la réserve de munitions du poste ; il en sera de même des cartouches modèle 1879-1883 de la 1^^ colonne. Les munitions de la 4^ compagnie du 1^"^ bataillon du 9^ de marine, sauf celles de quatre paquets emportés par les hommes, seront versées à Mo-Nhaï pour former la réserve des cartouches du poste.
Il en sera de même des cartouches de réserve des 1^^ et 2® colonnes.
V. — Les commandants des 1" et 2« colonnes laisseront aux postes de Cho-Vu et de Mo-Nhaï 300 piastres sur les fonds mis à leur disposition par les services administratifs pour permettre d'acheter le riz et les bœufs nécessaires à la nourriture des hommes.
VI. — Les coolies des diverses colonnes seront licenciés : ceux de la colonne, à l'arrivée à Phu-Lang-Thuong; ceux de la 2® colonne, à
l'arrivée à Than-Moï; ceux de la 3^ colonne, à l'arrivée à Lang-Son.
MM. les commandants de colonne devront fournir aux chefs des divers détachements tous les renseignements nécessaires pour le payement des salaires dus à ces coolies et pour le règlement de la comptabilité des vivres de leur colonne. Chaque commandant de colonne adressera au colonel commandant les opérations un compte rendu à ce sujet.
VIL — Les chefs de i)osle devront rendre compte par télégramme au commandant du territoire, dès que la garnison de leur poste se trouvera
constituée telle qu'elle doit l'être d'après la nouvelle répartition des troupes.
Gallieni.
Je laissais nos nouveaux postes de Mo-Nhaï et Gho-Vu, ainsi que le poste de Pho-Binh-Gia, approvisionnés à deux mois de vivres, avec les munitions et médicaments nécessaires. Les travaux de ces nouveaux postes étaient poussés activement, tandis que des détachements expédiés à Tran-Yen, Tran-Lang, Ban- So, Mo-Kay, commençaient, avec l'aide des habitants, des blockhaus destinés à maîtriser les principales routes de la région et à encourager les habitants à venir réoccuper leurs anciens villages. Le Caï-Kinh est un pays riche, où de beaux cirques présentent de larges espaces pour les cultures. Avec la tranquillité, la population reviendra, mais à la condition expresse que nous ne l'abandonnerons plus à la vengeance des pirates.
Je profitais du retour des colonnes vers leurs nouveaux lieux de garnison, pour faire parcourir le pays en tous sens. Une colonne, commandée par le capitaine Betboy et composée d'une compagnie do la légion et d'une compagnie de tirailleurs avec l'artillerie, rentrait à Lang-Son par Pho-Binh-Gia et Duc-Hin. Une autre, de même composition, avec le commandant Barre, rejoignait That-Khé par Yen-Lac et Van-Mit. J'effectuais moimême mon retour par Hun-Len, Van-Linh et Than-Moï, tandis qu'une autre fraction rentrait par Cho-Trang et Bac-Lé.
CONCLUSIONS
En résumé, les troupes du Caï-Kinh ont obtenu, je crois, tous les résultats que l'on pouvait attendre d'elles, et cela sans pertes appréciables. Les trois colonnes, bien que partant de points éloignés et séparés entre eux par un pays connu pour ses difficultés, ont pu atteindre leur objectif au jour et à l'heure indiqués, réduisant les pirates à l'impuissance par la précision des mouvements et enlevant ainsi, sans coup férir, le formidable repaire de Lung-Lat. Les reconnaissances, les groupes de parti-
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sans, envoyés à la poursuite de la bande, la rejetaient jusque vers la rivière Claire, lui tuant son principal chef avec cinquante et un de ses hommes et lui enlevant ses chevaux et une grande partie des femmes et du butin qu'elle emmenait. Le Caï-Kinh était purgé des bandes pirates qui l'occupaient depuis si longtemps, et la sécurité était rendue à la ligne ferrée par cette opération, qui permettait l'occupation du pays par nos nouveaux postes. Luong-Tam-Ky et Ba-Ky, frappés par la rapidité du coup porté, n'osaient recevoir chez eux les fugitifs. Ba-Ky même, qui était hésitant depuis longtemps, s'empressait de renouveler ses offres de soumission. Le dé-tham, avec lequel on se trouvait également en pourparlers depuis deux ans, s'adressait au commandant du poste de Bo-Ha, pour faire de nouvelles propositions à ce sujet. Enfin, ainsi qu'il résulte d'une lettre de M. le lieutenant commandant le poste de Cho-Trang, le kim-loc, qui commandait également l'une des fractions de Lung-Lat et qui est encore l'un des chefs pirates les plus redoutés de cette région, informait le lieutenant Lehagre qu'il voulait, lui aussi, faire sa soumission.
J'ajouterai que, sans tenir compte des pertes de partisans que je me suis toujours efforcé de lancer en avant, pour éviter les pertes de nos propres troupes, la colonne n'a eu qu'un tirailleur blessé, deux morts de maladie, et que constamment, grâce aux mesures prises par les commandants des colonnes et aux soins apportés à leur ravitaillement, celles-ci n'ont jamais manqué de vivres, et l'état sanitaire a toujours été excellent.
OPÉRATIONS CONTEE BAiï ET SlIR lE HAUT SONG-CAU
(Avril 1895).