‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 52 sur 101 · Épilogue · texte numérisé non relu

Épilogue

En 1889, s^x siècles après la fondation de l’aînesse Adam, trois siècles après l’achat du puchot (3o mars 1087), cent cinquante-deux ans après le haro, un descendant des de Chambor, trompé, je veux le croire, par X imbroglio de Blanfuné, prenant la partie pour le tout, le tout pour la partie, sans faire aucune distinction pour les huit pieds, seul point obscur, a formé contre l’auteur de cette étude une revendication du puchot tout entier supposé « usurpé depuis dix-sept ans ».

Un jugement du tribunal civil de Bernay, du 24 décembre 1889, rendu sous la présidence de M. Tessier (1). a donné gain de cause à M. de Guillebon.

J’ai formé appel ; on le comprend.

La Cour de Rouen, dans un arrêt remarquablement étudié et motivé, du 3 janvier 1891, qui est une partie de l’histoire de Vieilles, a rendu une décision dont suit le dispositif :

(1) Sur la convenance d’indiquer « le nom d’un président « célèbre par sa droiture, sa science, son impartialité, sa « patience, son attention », voir Dupin aîné, Manuel des étudiants et des avocats , Xe règle, 1 83 5 , p. 5q6 ; ouvrage très

curieux.

« La Cour corrigeant et réformant ;

« En ce qui concerne le terrain non bâti près du « lavoir litigieux, entre la rivière de Bave et le « chemin du moulin Bardel, dit et juge qu il est « depuis i85y , resté la propriété de la famille « Adam et par suite de Hervieu, son représen- « tant.

« En ce qui touche le lavoir (les huit pieds) :

« Dit et juge que, après avoir, par l’effet du re- « trait féodal de 1766 et des actes antérieurs, été « incorporé au domaine des auteurs de de Guille- <« bon, il est redevenu, par la prescription trente- « naire, la propriété de l'appelant ;

« Rejette l’action de M. de Guillebon ;

« Condamne M. de Guillebon en tous les dépens « de première instance et d’appel. »

Laissant sous le couvert de Blanfuné le récit de cette affaire, « intéressante » à plus d’un titre, qui nous donne un aperçu de l’ancien régime et aussi du nouveau, j’ai évité, avec toute la discrétion possible, d’y mêler le nom de mon voisin, victime lui-même des habiletés de Blanfuné.

Il serait temps d’en finir avec les Blanfuné. Mais il était écrit qu’ils tourmenteraient aussi, et autrement, de Chambor, leur successeur (\ oir au chapitre suivant), qui, d’ailleurs, était de taille à se

défendre. J'ai essayé de le suivre, mais de loin, non passibus æquis dans la mesure (i) formulée, limitée par Blanfuné lui-même devenu, par la logique des choses, un réparateur posthume et imprévu.

Page 1