‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 65 sur 101 · III. En 1470, Jean d’Avoize, chevalier, de la · texte numérisé non relu

III. En 1470, Jean d’Avoize, chevalier, de la

famille des d'Aché (Charpillon, article Grandchaiti ), était seigneur de Grandchain, du Hom, et du Val- Jardin. (Voir aussi Saint-Denis, Notice sur Beaumont, p. 182.)

IV. —On trouve aux archives de l'Eure un aveu du Hom fait a Ghailes de Loi raine, le 1 y septembre 1082.

Le Hom fut cédé par noble homme Louis Viart à Jean Damours, escuyer, suivant contrat d échange passé devant les tabellions de la Bonneville, le 4 août 1 58y.

Aveu fut fait au même Charles de Lorraine, le 5 mars 1398, par ledit Jean Damours en ces termes, (Archives de l’Eure) :

« De très illustre et magnanime prince Messire « Charles de Lorraine, pair de France, chevalier « de l’ordre du roy, duc d Elbeul, comte de « Brionne, vicomte de Lillebonne, seigneur de « Routot, Quatremares, baron de Beaumesnil, sei- « gneur de Grosle}r, Conchez et Thiion,

« Je, Jean Damours, escuyer du Hom, les Ervo- « lus et Berou, tiens et avoue tenir noblement par ;< foi et hommage de vous dit Monseigneur, en « votre dite terre et baronnie de Beaumesnil,

« c’est-à-dire savoir : Un plein fief de haubert, « nommé le fief, terre et seigneurie du Hom, situé « en la paroisse et prévosté des Vieilles, s’étendant « ledit fief jusqu’en la paroisse de Saint-Nicolas « Saint- Aubin dudit lieu, Barc, Beaumontel, et ès « environs, lequel fief consiste en manoir seigneu- « rial, maison et clôture de murailles, motte de « fossés pleins d’eau au circuit d’icelles, chapelle, «( colombier à pied à l’entour duquel il y a cuves « et rivières courantes, bois taillis et comme « dessus, lesquels bois s’étendent jusques près et « joignant la forêt de Beaumont, droit de garenne « dedans lesdits bois, exempte de tiers et dangers, « terres labourables et non labourables, avec les « plants d’arbres fruitiers, auquel fief j’ai droit de « justice q. t juridiction basse , service de prévosté, à « tous par élection, chacun an, sur mes hommes « vassaux , et consiste outre en domaine ancienne- « ment et nouvellement fieffé, jusques à p5 acres et « demie ou environ, compris les bois, prairies et « terres labourables, et non compris ledit manoir, « enclos et pourpris (i) d’icelui revenant à i acre « et demie ou environ.

( i ) Pourpris signifie l’enclos, les environs et prochaines clôtures de quelque lieu seigneurial, chastel, manoir et hôtel noble ou d’Eglise (Bérault, sur 279 Coutumes), ou,

LE HOM

« Item, j’ai aussi domaine fieffé, à cause duquel « j'ai hommes, hommages et rentes seigneuriales, « savoir est en deniers supputés par le menu, et « revenant à la somme de 14 livres 2 sous, en oi- « seaux, le nombre de 24 chapons, en géline une, « en poulets deux, et un bouton de rose.

« Item, j’ai droit de parc et prison sur mesdits « hommes vassaux , pour emprisonner mesdits « hommes vassaux , le cas offrant, que pour les « bestes qui seront trouvées en dommage sur « notre domaine.

« Plus, droitures dans la forêt de Beaumont, « spécifiées audit aveu.

>< Item certifions notre dit seigneurie baron de « Beaumesnil que tant le domaine fieffé que non « fieffé... ainsi qu’il suit. » Et l'aveu continue en donnant le détail de 122 tenures féodales. C’est à peu près le même chiffre qui a été trouvé pour le fief de Vieilles, au commencement du xvne siècle, soit environ 240 tenures pour les deux fiefs, avec cette différence que celui du Hom s’étendait non

selon Houard, «les cours, jardins, vergers, plantations, envi- « ronnés de fossés, pour l’utilité et la décoration du manoir >>. (Dictionnaire de droit normand. Hébergement. Voir aussi article de Ch. Mortet, Grande Encyclopédie , Féodalité, p. i95.)

seulement sur Vieilles, mais aussi sur Beaumont, Saint-Aubin, Barc, Beaumontel, et « ès environs ». Ce nombre est une nouvelle preuve du morcellement delà propriété foncière et de la densité de la population à cette époque.

Nous aurons bientôt un spécimen des tenures du Hom, dans les aveux Adam de 1610 et de 1 786.

Dans son aveu, le seigneur Damours s’exprime bien dans le style et selon l’esprit du temps :

.. « Mes hommes, » dit-il (1) ;

... « Droit de parc et de prison, pouremprison- « ner mes hommes... et lesbestes » (2).

A cette raideur se mêle une douce poésie : « un bouton de rose ».

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