‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 72 sur 101 · CHAPELLE SAINT-LAURENT DU HOM 3 I I · texte numérisé non relu

CHAPELLE SAINT-LAURENT DU HOM 3 I I

« dant, le lépreux voyant quelquefois briller une « étoile devant sa fenêtre, éprouvait une secrète « consolation à penser qu’un de ses rayons était des- « tiné pour la triste cellule ». (Xavier de Maistre.)

Dans certains pays, le nom de borde était donné à la baraque en planches où l'on séquestrait le lépreux. « Tu n'entreras en nulle autre maison que « ta borde, tant que tu seras malade, lui disait le « prêtre, à l’issue de la messe qui précédait son « internement. » (Peifter, A:oms de lieux.)

Ces établissements étaient nombreux. Au moyen âge, dit le docteur Guéneau de Mussy « chaque « couvent, collégiale de chanoines, avait sa maison « de Dieu qui était ouverte aux déshérités, et qui « était desservie par des religieux, de manière que « la plupart des villages avaient leur petit hôpi- « tal (i) ».

Ainsi s’explique l’existence de la Maison Dieu, ou hôpital Saint-Antoine, à Beaumont (2); de la maladrerie ou léproserie de Saint-Laurent, et de la chapelle y attachée.

(1) Moniteur universel, 22 mars 1881 (p. 3 18, 6e colonne).

(2) Les malheurs qui désolèrent la province, la peste, la guerre, favorisèrent singulièrement la dévotion à saint Antoine au xve siècle. Voir de Beaurepaire ( Etat des campagnes en Normandie , p. 202).

La maladrerie ou léproserie de Saint-Laurent n’existe plus, de même que l'Hôtel-Dieu ou l’hôpital Saint-Antoine de Beaumont. Les revenus qui y étaient affectés ont été donnés à l'hospice d’Harcourt. (Voir Saint-Denis, op. cit., pp. 124, 1 2 3 et 336.)

Le lépreux était incapable d’hériter, et comme interdit. Réformée en 1 583, la Coutume de Normandie, dans son article 274, rédigé ou maintenu sous l’influence de l’horreur ancienne, portait encore : « Celui qui est jugé et séparé pour maladie « de lèpre, ne peut succéder et néanmoins il retient « l'héritage qu’il avait lorsqu’il fut rendu, pour en « jouir par usufruit tant qu’il est vivant, sans le « pouvoir aliéner. »

Basnage disait, déjà avant 1676, qu’on ne voyait « plus les gens séparés pour cause de lèpre, et « que tous les lieux destinés pour renfermer les « malades étaient maintenant ruinés ou changés « en d’autres usages ».

Les revenus des léproseries supprimées furent réunis aux hôpitaux ordinaires, et celui de Saint- Mémin d’Orléans fut affecté spécialement pour tous les lépreux de France, par ordonnance du Roi du 3o septembre 1678 (Houard, Lépreux).

Bien |que la lèpre ait disparu, il y a encore, en

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