‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 78 sur 101 · REVENUS DE L ANNEE · texte numérisé non relu

REVENUS DE L ANNEE

i° Les anciennes rentes avaient été, pour la majeure partie, ou remboursées, ou perdues. Il ne restait guère identiquement que les 14 livres, fondation Adam de 1 588, et 1 livre 89 sols 6 deniers sur la succession de de Chambor, acquéreur de Picard. Mais d’autres rentes avaient été fondées depuis, ou avaient été achetées, en remploi, sur les aides et gabelles, et sur le Clergé de France. En résumé, il y avait alors, par an, en reve-

nus :

20 Fielfe des bans

3° Fermages : 29 1. 12 s. 6 d.

sur les frères Liesse de Barc (bail notarié à Beaumont, le 3o novembre 1783), et 241 livres 10 sols sur Mollion (bail notarié à Beaumont, le 3o juillet 1780), en tout :

40 3 livres pour l’émonde de

l’orme ;

5° 6 livres 10 sols pour l’herbe du cimetière :

Total

1 os. »

Dépenses de l’année :

i° Acquittement des fondations. 2 7 5 1. » »

20 A la sœur tenant les « petites écoles »(i) des filles, à Beaumont, pour T « instruction de deux pe- « tites filles pauvres, suivant la « fondation de feu de Blanfuné,

« curé de ce lieu » : 10 1. » »

3° Distribution de pain aux pauvres, « suivant la même fonda- « tion, 1 3 livres 14 sols 8 deniers « quant à présent , eu égard au « prix excessif (2) des grains di- « minuant à proportion, conforte mément à la délibération du

(1) «Avant la Révolution, les petites écoles étaient innom- « brables en Normandie, Picardie, etc. » Taine, Régime moderne, 1, pp. 2i3 et suivantes.

(2) En 1 770 la distribution avait coûté 41 1. 5 s. 3 d. Le testateur avait sans doute donné une quantité indéterminée de pain. Il y aura eu probablement réduction. La cherté du pain, surtout dans la seconde moitié du xvme siècle, est un fait lamentable, qui a pesé d'un poids immense sur la direction des événements, et auquel se rattache la légende de Le Prévost le prisonnier d’état.

NOTRE-DAME DE VIEILLES

« 24 mai 1771, prise au banc du « Trésor, et rectifiée par Blan- « funé, vicaire » 1 3 1 . 14 s. 8 d.

Rendons justice à la mémoire du curé Blanfuné, en rappelant ces deux fondations :

40 Sonneur Sol. » »

5° Distributeur du pain bénit, porteur de la bannière. ... 81. » »

Total des charges de l’année : 3561. i4s.8d.

On ne laissait point « à des chantres gagés le soin de louer Dieu ».

La bonne volonté des fidèles s'en chargeait. Il en était, sans doute, de même à Beaumont. Après la Révolution, et après le rétablissement du culte, Le Prévost, le prisonnier d’état qui habitait Beaumont en 1807, chantait au lutrin, d’une voix de stentor, à faire trembler les vitres. Ce détail, inconnu de ses historiens, est plus exact que beaucoup des légendes qui ont été faites sur son nom.

§ 7. — REMISE DU MOBILIER DE l’ÉGLISE AU DISTRICT.

Le 7 avril 1 794, la paroisse de Vieilles fut réunie, pour le culte, à celle de Beaumont-le-Roger.

Dès le lendemain, i qgerminal an II (8 avril i 794), les linges et ornements de l'église, parmi lesquels on constata « des dentelles de point d'Alençon », furent inventoriés par Henry, maire; François Angot, Barrey et Leclerc, officiers municipaux, et le 2 1 du même mois, remis aux « administrateurs du district de Bernay ». Le reçu est signé par Janvrot S. (probablement secrétaire), qui reconnut avoir « reçu en plus deux cordes ».

Ces deux cordes étaient, sans doute, celles des deux cloches qui avaient été enlevées et transportées à la Monnaie à Rouen, pour fabriquer des sous ; — dès le 29 novembre 1791,1e district avait alloué aux sieurs Beaudouin et Bertrand 1 2 livres par 1000 livres pesant pour faire transporter, entre autres, « 4 cloches de Beaumont et de Abeilles. » (Veuclin, brochure 1888, la Fonte des cloches , p. 44 )

Il avait été laissé à l’église une seule cloche qui plus tard fut transférée à Beaumont.

La suppression des cloches froissa les populations à un degré qu’on ne saurait exprimer. (Taine, Régime moderne , tome I, p. 229.)

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