‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 79 sur 101 · ÉGLISE ET CIMETIÈRE · texte numérisé non relu

ÉGLISE ET CIMETIÈRE

L’église et le cimetière étaient devenus biens nationaux et, ainsi désaffectés, ils ne reçurent aucune destination spéciale, pendant longtemps.

L'Etat semblait en être embarrassé. « Il ne sait « qu'en faire, sauf des greniers à foin (Taine, « op. cit ., tome I, p. 240). S'il en vend, c’est « au prix des matériaux, et à quelques démolis- « seurs, avec scandale » [idem).

Enfin, distinctement et séparément d’abord, les matériaux de l’église furent adjugés à M,ne Louise Hélène Chambellan, veuve de Louis-Augustin Picard, suivant acte administratif passé à la souspréfecture de Berna}', le 16 mars 181 1 , moyennant 2.âoo francs, en exécution du décret impérial du 29 décembre 1810. Quel est ce décret ? Je n’ai pu le trouver au Bulletin des Lois. Puis, le sol de l’église et du cimetière, en exécution de la loi du 20 mars 1810, par laquelle (article rr du titre ier) il se trouvait transmis de la commune à la Caisse d'amortissement chargée de le vendre, lut

adjugé, en la sous préfecture de Bernay,le ier avril 1 8 1 5 , moyennant 410 francs, à Toussaint Védie, marchand de bois h Beaumont, qui revendit ce terrain àAl,ue Picard, susnommée, moyennant 400 fr. par contrat devant Me Cousin, notaire, au même lieu, le 6 mars 1817.

C'est ainsi que Mme Picard devint seule propriétaire de la superficie et du sol.

Pourquoi a-t-on vendu d’abord les matériaux seuls ? Etait-ce pour en tirer plus de profit, ou pour arriver plus sûrement à la démolition ? Nous venons de voir ce qu’a dit Taine... pour ne pas laisser pierre sur pierre : non relinquent in te lapident super lapident (Saint Luc, xix, 44.) Que le lecteur se rappelle le mot de Joseph de Maistre cité plus haut !

Le cimetière resta en herbe.

L’église devint un magasin d’écorces dont Mmc Picard faisait une grande consommation pour ses tanneries. On y installa aussi des métiers à tisser le drap, industrie qui finit par tomber ici. Aujourd’hui, et depuis longtemps, l'édifice sert de grange.

Le 20 mars 1840, devant Mc Durand, notaire à Beaumont, Mmc Picard vendit à AI. de Sacy qui avait épousé Allle Michel de Abeilles, arrière-petite-

NOTRE-DAME DE VIEILLES

fille de Chambor, ancien patron de l'église, et petite-fille côté maternel) de Mme Picard, l'ancienne église et le cimetière de Vieilles, énoncés au Cadastre contenir 17 ares 35 centiares.

Sachons gré à M. et Mme de Sacy d'avoir fait cette acquisition dans une pensée de conservation.

Le i5 septembre 1878, M. et Mme de Guillebon, en présence de M. Alphonse de Vieilles, leur grand oncle, mirent en vente, devant Me Fretey, notaire à Beaumont, « l'ancienne église de Vieilles, à usage « de grange, l’ancien cimetière, nos 271, 271 bis, « 272 E ; contenance réduite à 1 1 ares 41 , probable- « ment par élargissement de la voie publique. »

Les statues étaient réservées, dans le cahier de charges. La vente n’eut pas lieu, faute d'enchères.

Après le décès de Mme de Guillebon, cette propriété est échue à son fils aîné.

On lit dans le Journal de Rouen , du 4 octobre 1 897 :

« Une partie de la toiture de l'ancienne église « de Vieilles, appartenant à M. de Guillebon, s’est « écroulée dans la nuit du ier au 2 octobre, vers « quatre heures du matin, et heureusement sans « causer d’accidents.

« L’autre partie menace aussi de s’effondrer pareillement. C’est dire que les voisins ne sont pas rassurés. »

(Voir/e Drionnais , 17 octobre 1897.)

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