VIII. — Ma ngeri e
On plaidait le matin à Beaumont, et l’aprèsmidi à Vieilles. De là était venu ce dicton à propos de quelqu’un qui entasse un repas sur un autre : « Comme les avocats de Beaumont , il relève mangerie. »
Mangerie signifiait chicane, exploitation, abus. (Voir Canel, Blason populaire , tome I, pp. 104, 148 ; tome II, p. 148. — Voir Loyseau, dans Dupin aîné, Des magistrats.)
Faisons remarquer ici que le public, toujours défiant, voit souvent des mangeries , là où il n’y en a pas, et ne les voit pas, là où elles sont.
— « Encore de nouvelles mangeries ! » s’écriait un laboureur en apprenant l’institution, pourtant bien conçue, des assemblées provinciales en 1778 (1), assemblées qui, « avec un peu de patience et de bon sens, pouvaient suffire, et nous
(1) Léonce de Lavergne, Les Assemblées provinciales sous Louis XVI (p. 1G6).
auraient épargné une révolution et plusieurs à la suite » (i).