IX. — Quelques procès remarquables
L’inventaire des archives du chapitre d’Evreux mentionne une procédure suivie à notre haute justice en i53o, contre le curé d’Ajou, qui tenait des écoles à Vieilles. (Lebeurier, Notice sur Ajou , Annuaire de l'Eure, 1866, p. 80.)
On a vu que le Neubout'g et ses environs dépendaient des bailliage et vicomté de Beaumont.
Jusqu’à la Révolution, les officiers du bailliage et de la vicomté allaient au Neubourg, alternativement, tous les mercredis, administrer la justice. (Le Prévost, article Beaumont , p. 466.)
C’est ce qui explique pourquoi le Neubourg avait des avocats qui ont laissé un nom : Dulong, le père du député tué en duel en 1 833, — Dupont (de l’Eure), — et le savant Ferey.
Basnage, sur l’article 433 de la Coutume , rapporte un procès assez curieux :
Le jour de Pâques 1 653, durant les vêpres où
(1) Léonce de Lavergne, op. cil. (pp. 3, 10, 1 1, i5 ; — à la page i5i, le Tableau de Paris, par Mirabeau).
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chacun assistait, le feu prit au Neubourg « en la « maison du Pelletier », dont Penon était locataire.
En raison de la violence du vent, quatre-vingts maisons furent brûlées « sans savoir la cause de l’incendie ». Une sentence du vicomte de Beaumont déchargea le locataire de responsabilité envers Lepelletier.
Sur appel de celui-ci au Parlement, et par arrêt du 1 1 décembre 1657, la sentence de Beaumont fut cassée, et le locataire, ne justifiant pas d’un cas fortuit, fut condamné à des dommagesintérêts envers Lepelletier et aussi envers le propriétaire de l’une des autres maisons incendiées, intervenu dans la cause.
Aujourd’hui, pareille question serait réglée par les articles 1733*1734 du Code civil.
Un autre incendie, aussi très considérable, qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, eut encore lieu au Neubourg. Une assemblée municipale tenue à Beaumont, le 4 mai 1788, demandait « des réparations au Pont-de-l’Etang, surchargé « de service par le mauvais état du Pont-aux- « Chèvres, et le passage des bois destinés à rebâtir « le Neubourg récemment incendié ». (Registre des délibérations municipales.)
Un détail à ce sujet. Mon bisaïeul maternel Angot, revenant un soir de Beaumesnil, du haut de la côte de Gouttières, à cinq lieues de distance, par-dessus la forêt, la vallée et les plaines, voyait l’horizon enflammé. C’était le Neubourg qui brûlait. On juge par là de l’entensité du feu.
Cauchin, notaire à Beaumont (1730-1736), eut pour son office, avec Louis-François Chambellan (i), doyen des procureurs, un procès que Cau-
(i) Mort à Beaumont le 6 avril i 769. Il descendait au 4e degré de Jean Chambellan, lieutenant général : au
3e degré, de Charles, ier huissier-audiencier, et de Marie Jouye. La famille Chambellan, ancienne à Beaumont, la plus ancienne après les Adam et les Cluche, a été très ramifiée. On n’y trouve plus personne portant ce nom.
En dehors de nombreux collatéraux éloignés (à Barc), on peut, pour abréger, suivre les quatre branches qui procèdent, en ligne directe, dudit Louis François, et qui, à la fin du siècle dernier, étaient : i« Charles-Antoine, père de madame Picard, et aïeul de madame Pollard , 2» Pierre-Louis-Joseph de Bugles, le premier maire de Beaumont en 1790; 3° Léonard Chambellan, médecin ; marié en 1 785 (inventaire abbé Piel, t. V, p. 597), mort à Beaumont le 5 mai 1837 ; 4° branche Bataille.
On trouve une trace de collatéraux en la tutelle des cinq enfants mineurs de Pierre-Henri Adam, où figurait, comme parent des enfants du second lit, ledit Charles-Antoine Chambellan. Je descends du premier lit. Je n’ai donc pas de parenté. Les enfants du second lit sont aujourd’hui, à
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chin gagna devant le bailliage, et qu'il perdit devant le Parlement, le 27 novembre 1789, cité à sa date dans les Coutumes de petit format, et rapporté avec détail dans Flaust (tome II, pp. 724 et suivantes).
Enfin on a vu, au chapitre xiv, le procès en clameur lignagère intenté et perdu, en 1770, par Chambellan, petit-fils de Blanfuné, contre de Chambor, lequel procès décida du sort de Vieilles, pendant les quelques années restant encore de cette féodalité qui n’était plus « qu'un mot vide de sens » (Pasquier), qu’on supportait alors avec une impatience jusque-là inconnue. C’est au moment « où la servitude était plus douce, qu’elle « fut plus insupportable ». (De Tocqueville, L'Ancien régime et la Révolution , livre III, chapitre iv.)
Combon, les enfants de Louis Adam, les Hue, qui sont de braves cultivateurs s’honorant de cette qualité, tout comme d’autres l’ont fait avec raison, dans un partage anticipé du 20 janvier 1857.