‹ Une conversation faisant suite à la brochure "Les quatre lettres" [microforme]Chapitre 3 sur 3 · DL · texte numérisé non relu

DL

ce qui concerne les villes. Il est constaté que la description est exacte, ce qu'on ne peut blâmer ; reste aux Lavalliens à montrer en quoi et comment elle est beau coup trop exacte ; n'est-ce pas cela ?

—Oui, oui, et je suis énormément vexé de la manière dont vous tournez tout cela.

J'avais pourtant bien promis à mes amis de vous faire une fameuse confusion ; sapristi ! c’est vexant tout de même.

—Mon cher, je vois avec un extrême regret que vous êtes vexé, et je dois vous dire saus difficulté ni hésitation qu'il faut être aveugle et insensé pour être partisan quand même du P. Laval; c’est très imprudent, mon cher ; de mandez plustôt à la sage Minerve.

—Bon, bon ; assez de conseils comme cela ; attendez qu’on vous en demande pour en donner.

À. propos, vous m'impatientez depuis longtemps avec vos citations ; n’y a-t-il pas à un peu d'affectation, pour ne pas dire autre chose ? ;

—Du tout, mon ami; et‘ je verrais avec un extrême regret ”’ que vous donniez ce tour déplaisant à ‘“ mon opi- “ nion qui a toujours été la même à ce sujet ;— ma cons-

cience et mon honneur me font un devoir de profiter de cette occasion pour vous dire que je ne puis faire autrement gue de croire que vous devez à ma situation la concession de penser différemment dans l'affaire à laquelle je fais ci-haut allusion.”

Comment ne voyez-vous pas, cher partisan, que plus j'étudie ces lettres mémorables, plus j'y trouve matière

étonnement ! Je me repens d'avoir dit qu'elles étaient nulles et médiocres ; ce n’était pas leur rendre toute la justice qu’elles méritent. Une étude plus attentive m'a fait découvrir qu'elles sont très instructives à leur manière, et qu’on en peut tirer un bon parti. C’est pour cela, mon ami, que je me plais à les citer quand l’occasion s'en présente.

Eh bien ! êtes-vous satisfait maintenant ?

—Satisfait, c’est beaucoup dire; ébranlé, oui.

Mais je veux en avoir le cœur net. Vous avez étudié les lettres en votre particulier ; voulez-vous que nous les examinions ensemble ?

—Je le veux bien ; et je suis ravi de votre proposition : reste à savoi: si vos amis Lavalliens vous en sauront gré cela vous regarde et n'est pas mon affaire.

rene

men mL Th

PER AN SPP Er ENT CE

pracr rent

ee Te

Vous avez la parole.

—Eh bien ! j'ai lu les lettres en question, et je trouve qu'elles disent toutes la même chose, sauf la nuance des impressions personnelles. Elles prétendent que Laval à des ‘iroits qui seraient violés si Montréal obtenuait ce qu'il demande ; que Laval a fait de grands sacrifices qui seraient rendus inutiles ; qu'en conséquence Montréal doit se contenter de ce que Laval pourra faire en sa faveur.

Ce résumé n'est-il pas exact ?

—Oui, c'est bien là toute la substance des lettes.

—Eh bien ! on dit que ces lettres ont raison de soute nir Laval, ot de maintenir ses droits contre Montréal. Mais, mon ami, ce n’est pas tout de dire que les lettres ont raison ; il faut encore pouvoir en donner au moins

CD NEVUVUS.,,,,, UD iso 4...

c'est que.......….

droits.

— Personne ne conteste à Laval le droit de se défendre; mais encore faut-il savoir ce qu’il entend pur ces droits proclamés si chaudement ; de quels droits s'agitil ?

—Kh bien ! puisqu'il faut mettre les points sur les I, les droits de Laval consistent à exister seul, et à tenir Montréal en tutelle.

— Faites attention que vous affirmez encore, sans rien prouver ; j'attends la preuve de cette nouvelle interprétation des droits de Laval.

—La preuve, la preuve ! vous m'embêtez avec ce refrain. Quoi ; d’illustres personnages vous affirment que c'est le droit de Luval, et vous n’ètes pas satisfait !

—Pas précisément, cher partisan. Vos illustres personnages disent à la vérité, ‘‘ sans dificulté ni hésitation !” Laval a droit parce qu'il a droit, et nous avons le droit de nous contenter d'affirmer qu'il a droit, parce que c'est notre droit. Cette logique Javalienne peut suffire aux bonnes gens de Québec qui n’y .enten‘lent pas malice, mais ne suffit pas aux citoyens de Montréal où l’on x démontré invinciblement dans plusieurs écrits que ce ptétendu droit de Laval est d'invention toute récente.

mel ou

odi tres mai are ni |

J qu'i man

[Ds prét ter « preu séqu les d et à inuti

que «

ist

Donc, ce droit fu Monopole n'étant qu'une prétention de fraiche date, inventée paï Laval, il est faux de dire que ses droits seraient violés si Montréal vient à obtenir ce qu’il demande si justement.

Voyons, maintenant, si vous serez plus heureux sur les sacrifices rendus inutiles ; qu'avez-vous à dire à ce sujet ?

—La chose est bien simple.— Laval a fait de très grands sacrifices; c’est à peine s’il peut subsister à l'heure qu’il est ; il est évident qu'une nouvelle Université à Montréal le menace d’une décadence complète ; donc il a droit à garder son monopole ; c'est le cas de dire qu’il combat pro aris et focis.

Que pouvez-vous répondre à cela ?

- Laissant de côté cette logique Lavalienne, je réponds que si Laval, comme Perrette, a sauté trop haut, ce n’est pas à nous à payer les œufs cassés, bons ou mauvais ;

Je réponds que c’est un sentiment payen que celui de préférer la ruine morale des générations présentes et futures, à une perte purement matérielle.

Je réponds que les lettres qui ont l’effrontcrie d’exprimer ou de soutenir un tel sentiment, ne sauraient être trop sévèrement flétries, d’abord à cause de ve sentiment odieux et suintant l’égoïsme, et puis, parce que ces lettres ne se font pas scrupule de tromper le public en affirmant faussement le droit de Laval à un monopole qu'il a repoussé lui-même dès l’origine de sa fondation, et que ni l'Eglise, ni l'Etat ne lui concèdent.

Je réponds, enfin, que c’est le cas, ou jamais, de dire qu'il faut être aveugle et insensé pour nier Ics faussetés manifestes contenues dans le Æactum et les lettres.

Enfin, examinons la conséquence que vous tirez de ce prétendu droit de Laval, que Montréal devra se contenter de ce que Laval pourra faire en sa faveur. Quelle preuve apportez-vous de lu justice de cette conséquence ?

—La voici en deux mots : Il faut admettre cette conséquence si l’on admet le double droit de Laval à ce que les droits qu’il réclame soient définitivement reconnus : et à ce que ses grands sacrifices ne soient pas rendus inutiles.

——Très-bien ; mais qu'arrivera-t-il, S'il est démontré que ce double droit n'existe pas. ni ne saurait exister ?

—Dans ce cas, je dirai de Laval ce que Bossuet a dit de sa déclaration : “ abeat quo libuerit.”

--Et moi j'ajoute : “ arcades ambo,'' et je vous félicite de m'avoir entin donné une réponse sensée.

1l ne vous reste plus qu'à mettre de côté vos préjugés Lavalions, puis à lire attentivement les réfutations du l'ictum et autres écrits, et j'ai la confiance que vous ne tarderez pas à cesser de faire partie de la clique Lava: lienne. En étudiant les pièces pour et contre, vous ne pouvez manquer d'arriver à la conclusion que la cause Laval est une cause désespérée, et qu’il a fallu l'envie, la jalousie, la pique, la mauvaise humeur, la peur et le mensonge pour galvaniser cette mauvaise cause, et lui donner une apparence de vie.

Mais, j'ajoute sans difficulté ni hésitation que ni le Factum ni les lettres n’empêcheront Montréal d'obtenir enfin ce que la justice, la morale, la religion, et l'avenir de la société réclament si énergiquement.

‘ Vous pouvez le dire n'importe à qui. ”

—Je suivrui votre conseil, car je vois que les choses sont loin d'être telles qu’on me les avait représentées. Je lirai donc toutus les pièces de ce grand débat; je les étudierai, et j'espère bientôt savoir à quoi m'en tenir.

—C'est là, mon ami, tout ce que je vous demande, dans l'intérêt de lu vérité ; faites cela, et je suis tranquille sur le résultat final.

—Je vous le promets; mais il se fait tard, et il est temps que j'aille rendre compte de ma mission auprès de vous. Les choses n’ont pas tourné comme j'avais d’abord pensé; mais peu importe; j'en suis bien aise. A propos, savez-vous que vous avez bien fait de mettre un panier d'œufs sur la tête de Perrette ; à votre point de vue, vous aviez raison, et je ne suis pas bien sûr que votre point de vue ne soit pas le meilleur et le plus juste.

Encore un petit mot avant de vous dire adieu.

Dernièrement le Pére Laval, voulant affirmer son droit d'une manière efficielle, fit graver un nouveau cachet avec cette divise :

Suum cuique :

Quelques élèves de l’Université examinaient ce cachet, et félicitaient le Pere. Laval de son heureuse idée, lorsque vint à passer le chefde cuisine,personnage important dont

les élèves s'appliquent à cultiver l'amitié. On l'appelle, on lui montre le cachet, et l’on cause familièrement. Le chef, flatté de ces attentions, s’écrie tout-à-coup, je l'ai trouvé, Messieurs, je l’ai trouvé !

—Qu'est-ce ? Qu'est-ce ?

—Mais la devise donc ! Je n'ai pas étudié le latin moi, mais j'ai trouvé ce qu'elle signifie. C’est un rusé compère le P. Laval, et il a bien choisi.

4 Suum cuique ‘’ — oui, c’est bien cela.

—Eh bien ! qu'est-ce donc ?

— C’est simple comme bon jour, ça veut dire,

Je suis cuit ! (1)

—Un Italien dirait : Si non e vero e ben trovato. — Adieu.

—Au revoir !

L'Assé Sre. Fort

(1) (Devise et traduction enpruntée à La Minerve qui l'avait empruntée ailleurs.) Note Editoriate.

HN

nr er enr n tree"

Page 1