‹ Une conversation faisant suite à la brochure "Les quatre lettres" [microforme]Chapitre 2 sur 3 · EN · texte numérisé non relu

EN

— Veyons ne vous fâchez pas, et parlons raison.

-N'est-il pas vrai que j'ai évité de nommer Îles personnages haut placés pour no m'occupor que des lottron devenues la propriété publique ?

Qui, cela est vrai.

—C'est déjà quelque chose. N'est-il pas vrai aussi que je me suis borné à faire une briève description de er. taines villes, et que cette description, quoique briève, est néanmoins d'une parfaite exactitude ?

—QOui, cela est encore vrai.

—C'est encore une chose bonne à constater.

N'eat-il pus vrai que les lettres étant dovenues publi ques, j'avais le droit de les lire, de les étudier, de les critiquer ?

—Oui, je dois en convenir, quoique je ne comprenne pas où vous voulez en venir avec toutes les questions.

—Patience, chor partisan ; Chi va piano, va sano.; vous y verrez plus cl‘ir tout-à-l’'heure.

—N'eat-il pas vrai que j'ai démontré clairement que ces lettres n’ont aucuno valeur réelle, sauf la signature, aucun mérile intrinsèque. et qui si elles s'empressent d'affirmer hardiment sans difficulté ni hésitation, il n'en est pus moins vrai qu'elles se donnent bien de gurde do présenter l'ombre d’une preuve de leurs affirmations entièrement faussos ?

— Hélas ! je suis forcé d'avouer que tout cela est vrai.

—Ëh bien ! maintenant, en quoi ai-je manqué de respect envers certains personnages haut placés ?

— Vraiment, je ne sais que vous répondre,--Cependant les lettres portaient la signature de personnagos haut placés ; or tout ce que vous dites contre ces lettres no retonrbe-t-il pas sur ceux qui les ont écrites ?

—Je ne dis pas non; mais est-co ma faute si de telles signatures se trouvent au bas de telles lettros ? autant vaudrait blimer les Evangélistes d’avoir eonstaté que l'Apôtre Judas avait trahi son maïtre pur avarice et jalousie.

Est-ce ma faute si le Factum a eu l’imprudence de les publier, en sonnant sa trompette, et de révéler par là la faiblesse incroyable de ces lettres en même temps que la faiblesse de sa cause. L'erreur est toujours l'erreur, et tout écrivain a le droit de la démasquer et de la eombattre partout où elle se trouve, fut-elle prêchée par un Ange même, comme parle Saint Paul; tant pis pour coux,

grands ou petits, qui lui donnent asile :— Or qu'ai-je tait autre chose que de démasquer l'erreur au! profit de la vérité ?

—Je vous arrête là, et je vais vous montrer que vous avez fait autre chose. N’avez-vous pas fait la description des villes d’où les lettres étaient parties ? or, on vous reproche cette description comme une nouvelle insulte ; on dit que c’est la peinture de personnages illustres plutôt que celle des villes que vous avez faite : allez-vous nier que cela ne soit très inconvenant ?

Mon cher partisan, permettez que je vous dise sans difliculté ni hésitation que veus êtes pluisant.

Allons donc ! d’'illustres personnages ressembler à des villes ! quelle bourde, mon ami ! ce n’est pas moi qui ôserais pousser la plaisanterie jusque là ; et dire que c'est vous partisan de Laval qui vous oubliez à ce point! Savez-vous que vous me scandalisez !

N'y revenez pas, je vous en prie pour votre honneur et pour celui de vos honnorables clients ; assez de ce badinage inconvenant ; les villes sont des villes, et chacun a le droit d’en faire la description; ‘‘ Honi soit qui mal y pense.”

—Dit-on par hazard que cectte description n'est pas exacte ?

—0 ! non ! bien au contraire: on trouve qu'elle l’est beaucoup trop.

—Comment ! l’on se fâche parce que ma description est exacte ; et l’on se fâche encore parce qu'elle est

beaucoup trop exacte ! vrai, vous ttes difficile à conten ter vous autres Lavalliers et Consorts.

—Oui, un peu comme ce pauvre soldat eondamné aufouet, en présence de toute l’armée. L’exécuteur des hautes-œuvres s’acquittait de son devoir en conscience, et le pauvre patient se tordait en gémissant ; impatienté de ces plaintes, l’exécuteur lui dit avec humeur : ‘ taistoi donc, Coquin ; il n’y a pas moyen de te plaire; j'ai beau changer de place, tu n’es jamais content.” .

— Allons, mon cher, point de divagation, — dites-moi plutôt comment une description peut-être beaucoup plus exacte.

—Vraiment, je n'en sais rien, et après tout peu m'’importe ; je me borne à vous répéter ce que j'ai entondu dire.

—A la bonne heure ; dans ce cas, restons-en la pour

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