‹ Une correspondance inédite; (volume 2)Chapitre 20 sur 79 · LES FEMMES · texte numérisé non relu

LES FEMMES

Qu'on juge de mes transports quand j'ai trouve en

LETTRES A SES AMIS. i55

ssm qu'aucim Toyagear m'eût gâté le plaisir en m'atertissant, que c'était précisément dans la bonne compagnie qu'il y avait le plus dHmprévu, Ces génies singuliers ne sont arrêtés que par le manque de fortune et par Timpossible; s'il y a encore des préjugés, ce n'est que dans les basses classes.

Les femmes, en Italie, avec râmc de feu que le ciel leur a donnée, reçoivent une éducation qui consiste à peu près unique* meot dans la musiqiué et une quantité de momeries religieuses. Le point capital, c'est que, quelque péché qu'on commette, en s'en confessant, il n'en reste pas de trace. Elles entrevoient la conduite de leur mère ; on les marie; elles se trouvent enfin délivrées du joug, et, si elles sont jolies, de la jalousie de leur mère. Elles oublient, en un clin d'œil, toute la religion, et considèrent tout ce qu'on leur a dit comme des choses excellentes, mais bonnes pour les enfants.

Les femmes ne vivent pas ensemble; la loge de chacune d'elles, au théâtre, devient une petite cour ; tout le monde veut obtenir un sourire de la reine de la société ; personne ne veut gâter l'avenir.

Quelques folies qu'elle dise, dix voix parlent à la fois pour lui donner raison ; il n'y a de différence que par le plus ou moins d'esprit des courtisans. Il n'y a qu'un point sur lequel la reine de la société puisse essuyer des contradictions ; elle peut dire qu'il est nuit en plein midi ; mais si elle s'avise de dire que la musique de Paër vaut mieux que celle de Rossini, dix voix s'élèvent pour se moquer d'elle. Du reste, toutes les parties de campagne, tous les caprices les plus fous qui lui passent par la tète, sont autant d'oracles pour sa cour.

Vous voyez comment chaque femme ici a des manières à elle, des idées à elle, des discours à elle. D'une loge à l'autre, vous trouvez un autre monde; non-seulement d'autres idées, nais une autre langue ; ce qui est une vérité reconnue dans l'une est une rêverie dans l'autre ; c'est comme être ambassadeur à la cour d'un prince jeune et militaire, ou à celle d'un vieux souverain prudent. (En 1810, cours de Bade et de Dresde.)

Ici, les moyens de plaire aux femmes par la conversation (l'esprit) sont donc très-différents. Il n'y a de ressemblance qu'en

i54 ŒUVRES POSTHUMES DE STENDHAL.

denx choses» et Vessence de ces choses, qotfid elles scmt lilwes, esl d*étre étemeUement différente : c'est rimaginatioD et l'amour.

Tout homme qui conte clairement et avec feu des choses nouvelles est sûr des applaudissements des femmes d'Italie. Peu Importe qu'il fasse rire ou pleurer; pourvu qu'il agisse fortement sur les cœurs, il est aimable. Vous pouvez leur conter la fiable de la comédie du Tartufe, ou la manière barbare avec laquelle Néron vient d'empoisonner Britannicus, vous les intéresserez autant qu'en leur contant la mort du roi Murât ; il s'agit d'être clair et extrêmement énergique. Gomme la sensibilité l'emporte de bien loin sur la vanité, vous plairez, même en étant ridiculement outré; on s'aperçoit de l'enflure, mais ce n'est pas une offense. Le livre dont eUes raffolent aujourd'hui, c'est Y Histoire de VInquisition (VEspagnef de M. Llorente ; par ses noirs fantômes, il les empêche de dormir. Un inquisiteur qui viendrait à Milan dans ce moment pourrait être très à la mode et fort couru.

Les événements (vicende) d'une vie orageuse, sous l'apparence de la tranquillité, forment bien vite le jugement des dames italiennes ; il leur est permis de dire des sottises, mais non pas d'en faire ; chaque erreur est sévèrement punie par les événements. Chez nous, on trouve de Vagrément et puis de la niaiserie dès qu'on entrevoit une ombre de péril : c'est le contraire ici.

IjCs femmes italiennes ont du caractère contre tous les accidents de la vie, excepté contre la plaisanterie, qui leur semble toujours une atrocité. Jamais, dans le monde, un homme, pour plaire à son amie, ne persifle une autre femme, puisque jamais denx femmes ne sont ensemble qu'en cérémonie. Par la même raison, jamais deux femmes ne se picotent. Cette horreur pour la plaisanterie se trouve au même degré chez les hommes ; au momdre root qui peut être une raillerie, vous les voyez changer de couleur. Tel est le mécanisme qui rend impossible ici l'esprit français; l'Apennin se changera en plaine avant qu'il puisse s'introduire eu Italie. La louange fine et dâicate ne peut avoir de grâce qu'autant que la critique est permise ; comment le goût

LETTRES A SES AMIS. t55

de la soeiéié pourrait41 natlre ici, paisque ce qui fait le charme de la société ne peut y exister? Gomment des indifférents réunis dâos on beau salon, bien chauffé et bien éclairé» peuvent-ils se donner du plaisir» si la plaisanlerie est interdite? Les habitudes et les ^éjugés des Italiens les forcent donc à passer leur vie en lête-à-téte.

Ajoutez que la politesse qui porte à préféjrer les autres à soi passe ici pour faiblesse, dans un salon ; jugez de ce que c'est au café, au spectacle» dans les lieux publics. Un étranger est obligé de refaire son éducation et à tous moments se trouve Xrop poli ; s'il fait la moindre plaisanterie à son ami, Fautre croit qu'il ne Taime plus.

Chez les hommes» comme parmi les femmes, les caractères se déploient ici en toute liberté; il y a plus de génies et plus de sots. Les bètes le sont à un point incroyable et à tout moment voos surprennent par des traits à faire constater par témoins, si Ton veut les conter.

Ub de mes amis» il y a huit jours, était allé rendre visite à iioe très-nouvelle connaissance et à une heure très-indue. Li* mari était à deux lieues de là, dans sa terre, a tirer le pistolet avec ses amis; la pluie vint; ennuyés de leur soirée, ils rentrent à Brescia. Le mari» très-jaloux de son naturel, va droit à la chambre de sa femme ; étonné de la trouver fermée, il frappe, ses pistolets à la main. La femme dit à son amant, en riant et eu chantant : « Ah ! voilà mon mari! » et elle court lui ouvrir, Tembrasse et lui dit : « Sais-tu? Colonna est là. ~ Et où est-il? •— Dans le petit cabinet à côté de mon lit. » A ces mots, Famant, ne voulant pas se laisser bloquer dans le cabinet, sort assez mal en ordre. Qu'on se figure la iTiine de ces deux hommes, le mari homme violent et les pistolets chargés à la main ! Tout se passa CQ plaisanterie» un peu forcée, je m'imagine. Gomme Tamant s'en allait et, à sa grande joie, se trouvait déjà dans Tanticbambre, le mari le rappelle d un air fort sérieux ; Vautre traverse tous ces grands salons sombres» éclairés chacun par une seule bougie. Le mari le rappelait pour lui faire cadeau d'un fort beau panier de gibier que son garde-chasse venait de lui apporter à la campagne. Voulait-il se moquer de lui? c'est ce

que nous ii*avons pas pu encore deviner. Mais voilà ce que j*ap< peHe une idiote cbarmante : qu'on juge des femmes d'esprit!

L'essentiel de Vesprit ici, à Tégard des femmes, c'est beaucoup dHmprévu et beaucop de clair-obscur (différence très-marquée des grands clairs aux grandes ombres) ; et dans la personne, beaifeoup d'air militaire , le moins possible de ce que ron appeUe en France l'air robin, ce ton de nos jeunes magistiais, l'air sensé, important, content de soi, pédant : c'est leur bêle d'aversion; eUes appellent cela l'air andeghè; elles adorent les moustacbes, surtout celles qui ont assisté aux revues de Napoléon.

Rien n'est plus rare et surtout moins durable que de voir une femme en recevoir d'autres ; il faut pour cela des circonstances extrêmement particulières, par exemple, qu'elles soient toutes deux jolies et qu'en aimant beaucoup l'amour, elles se soucient peu de l'amante

Ce trait frappant des mœurs milanaises a été formé ou fortifié, je ne sais lequel, par le théâtre de la Scala. Là, chaque femme reçoit tous les soirs ses amis et brille seule dans sa loge, 4m, pour ne pas emprunter une idée française, elle est le seul objet des galanteries et des flatteries des visitants. Les femmes qui n'oot pas le bonheur d'avoir une des deux cents loges de ce théâtre reçoivent quelques amis qui font un taroCf assaisonné des paroles les plus grossières : asinone, coujonon? ce jeu est une dispute continuelle. Dans la petite bourgeoisie et dans les maisons où l'on vit à l'antique, la bouteille de vin bm est sur le champ de bataille, et sert à redonner courage aux combattants.

Les agréments plus délicats, une fois qu'on les a goûtés, d'une société mélangée d'hommes e( de femmes, sont inconnus ici. Les hommes ne demandent pas d'une manière impérieuse des jouissances dont ils n'ont pas d'idée, et il faudrait les exiger de ce ton, pour obtenir des femmes une chose qui blesse si cruellement leurs intérêts les plus chers.

Tel est le mécanisme en vertu duquel il ne se formera jamais de société à Milan. Â Paris, la société absorbe tout un homme ;

* Comme la Nina et la Bonsignori. (H. B.) i

no homme de société n'est plus rien; loat lui dit comme la baroorie des Dehors trompeurs :

Ne soyes point épouT» ne soyez point amant ; Soyez rhomme da joar, et tous serez channant.

C*est que la vanité fait les cinq sixièmes de l'amour chez un Praoçais. Ici, c>6t tout autre chose : Famour est bien Tamour, et quoiqu'il soit plus enchanteur, il ne demande point le sacrifice de toute votre vie, de toutes vos occupations, de toute yemffreinte qui, au fond, vous distingue des autres hommes. Ici, c'est la maîtresse qui prend le ton de Thomme qu'elle aime. La maîtresse de Ganova est artiste, et celle de Spalianzani Taidait dans ses expériences de physique. Parmi les jeunes gens, excepté deux ou trois sots cités, personne ne songe à être mieux mis qu'un autre : il faut être comme tout le monde. Trois ou quatre hommes à bonnes fortunes m'ont paru généralement délestés des femmes ; les plus jolies ne voudraient pas les recevoir, mais sMls savent leur métier et qu'ils les trouvent, par hasard, dans une maison de campagne, ils peuvent hss rendre folles en une soirée; c'est ce dont j'ai été témoin et presque confident.

Qn'avez-vons donc? disais-je à une jolie femme : — « Je suis blessée au cœur, me dit-elle franchement, ce mauvais sujet me plait. » — La nuit, elle réveiUa son mari : « Emmenez-moi, lui dil-elle, ou je ferai quelque folie. » Il ne se le fit pas répéter, et dix minutes après ils étaient sur la route dé Venise.

On me reprochera de tout louer. Hélas ! non : j'ai un grand malheur à décrire, rien n'est plus petite ville que la grande société de Milan. Il se forme comme une espèce d'aristocratie, des deux cents femmes qui ont une loge à la Scala et de celles qu vont tous les soirs au Corso en voiture; dans ce cercle, qui est celui de la mode et des plaisirs, tout est connu. Le premier regard qu'une femme donne à la salle, en arrivant dans sa loge, est pour en passer la revue ; et conme depuis la chute du royaume, en 1814, il n'y a plus de nouvelles, si elle remarque la moindre irrégnlarité, si M. un tel n'est plus vis-à-vis de ma»

dame une lelle, elle se tourne vers son amant, qui va au parterre, et de loge en loge, pour savoir co«' é dé neuf (ce qu'il y a de nouveau). Vous n^avez pas d'idée de la facilité avec laquelle on arrive, en une demi-beure, à une information précise. L'amant revient et apprend à son amie pourquoi M. un tel n'est pas à son poste. Pendant ce temps-là, elle a remarqué que le Del Canto, un officier de ses amis» est depuis trois jouis assis au parterre, toujours à la même place. — Et ne savez- vous pas, lui dit-on, qu'il lorgne la comtesse Gonti?

Je m'imagine que cet affreux caquetage, ce peitegolismo, qui fait aussi le malheur des petites villes, ne corrompt pas autant la société des marchands et des gens moins riches, dont les femmes vont tout simplement au parterre, ou dans quelque, loge d'emprunt.

La naissance ne fait rien pour être admis dans cette aristocratie de la Scala ; il ne faut absolument que de la fortune et un peu d'esprit. Il y a telle femme très-noble qui se morfond dans sa loge avec son nervantf et dont on se garde bien d'aller troubler le téte-à-téte. Ces femmes-là ne peuvent avoir des hommes un peu bien ; elles sont réduites à quelque espèce, ordinairement quelque cadet de grande famille, dont le frère a quatre-vingt mille livres de rente et qui, lui, a huit cents francs de pension et la table.

Dans quelques famiHes très-nobles et très-antiques, j*ai distingué de certaines nuances, qui tiennent encore aux mœurs des Espagnols, qui ont si longtemps opprimé et pollué ce beau pays avec Tinfàme administration de Philippe II.

C'est à ce prince exécrable et à ses successeurs qu'il faut attribuer tous les malheurs de l'Italie et Ui bêtise générale qui a pris la place des lauriers, dans tous les genres, dont son heureux sol était couvert avant l'an 1530. L'influence de Napoléon n fait tomber les idées espagnoles; mais si le remède fut énergique, il a été appliqué trop peu de temps.

Les gens à la mode, ici comme en France, sont les officiers à demi-solde. Au reste, c'est à leur amabilité et à l'abondance de leurs idées que vous vous apercevez qu'ils ont servi ; ils n'ool rien de cette jactance militaire, de ce ton blagueur, qui me

LETTRES A SES AMIS. i50

choquait tant à Londres, dans eettaines réunions de Saint- James 's street.

Un autre inconvénient de la société ici, c'est qu'on meurt d^inedia (d'épuisement) ; on ne sait que dire, il n'y a jamais de nouvelles. La Minerve^ est proscrite à Milan, comme au jardin des Tuileries, et le Journal du commerce est prohibé. La soii'ée se passe, entre hommes, à maudire la bassesse, Thypocrisie et les mensonges des seuls journaux qu'ils reçoivent. Ils se mettent dans une colère comique et affublent les rédacteurs des épidiètes les plus avilissantes, et faute de savoir ce qui se passe, toutes les discussions politiques se terminent par des cris de rage. L*on se tait un moment et puis on se met à parler des ballets de Vigano ; la Vestale et Otello ont plus fait parler à Milan, même dans les basses classes, qu'à Paris la dernière conspiration des Ultra.

Or une discussion sur Olello n'est pas si utile, mais est infiniment plus agréable qu'une discussion sur M. de Marchangy. ffie ne viendra que trop tôt pour les aimables Milanais, cette fièvre politique qui rend inaccessible à tous les arts et par la- Qoelle pourtant, grâce à la féodalité, il faut passer pour arriver au bonheur. En attendant, les gens que nous sommes obligés de ne m^riser qo^en secret à Paris sont ici affublés de tous les noms qu'ils méritent, et les Lanjuinais, les B. Constant, les Gamot, les Exelmans, portés aux nues. La Gazette de Lugano donne, deux fois par semaine, des nouvelles de ces gens que l'on aime sans pouvoir s'en entretenir ; il n'est pas de loge où je n'aie entendu parier ce soir du procès de M. Dunoyer et de la sérénade que lui ont donnée les jeunes gens de Rennes.

Et, me dira-t-on, vous avez vu tout cela en un mois? — Les trois quarts des choses que je dis peuvent se trouver inexactes, et je les donne pour ce qu'elles valent, pour les apparences; j'ai cru voir ainsi. L'on ne lirait plus de voyages si on exigeait de chaque voyageur qu'il eût habité assez longtemps les villes

* Revue hebdomadaire publiée de février 1818 à mars 1820; elle eut «ne très-grande vogue, et fut tuée par l'établissement de la censure, après Tattassinat du duc de Berri. (R. G ]

i60 ŒUVRES POSTHUMES DE STE!9DHAL.

dont il parle, pour pouvoir donner à ses récils Tapparence de la ceriitude. Il faudrait habiter cinq ou six ans Tltalie ou TAngleterre avaut de les juger; les gens qui s'expatrient ainsi sont, pour la plupart, des négociants et non des observateurs.

A MONSIIOR LE BARON DE M..., A PARIS

Milan, le 10 octobre 1820.

L'enthousiasme de Parihénope ^ est à son comble, général, brûlant, sans bornes. La rage a gagné jusqu'aux évèques et archevêques. Je parierais cent contre un qué'tout cela est vrai ; il faudrait vingt pages pour vous dire comment cela m'a été coalé. 11 parait que le Ring a voulu se sauver quatre fois et qu^il est dans le tombeau de la nourrice d'Ënée', place très-forte. Ce peuple enthousiaste est rempli des erreurs et préjugés les plus archiridicules. On tuera fort bien un homme à Naples parce qu'on croit que sou regard peut porter malheur aux mesures annoncées dans une affiche qu'on lit. Ces gens se préparent (aussitôt qu'ils seront sûrs que nos soldats entreront chez le pape), ils ^ préparent, dis-je, à s'emparer de Rome, Florence, Bologne. A Rome et à Bologne, ils trouveront beaucoup de soldats d'anciens régiments français, pleins de feu et de bravoure. Les Macaroni ont aussi^des projets sur Âncône, mais ils seront déjoués ; nos braves soldats peuvent s'embarquer à Trieste, quand le parti sera pris à Troppau, et eu trois jours être maîtres d' Ancône.

Rome est pourrie; il en sortira deux ou trois mille bourgeois,

prétendus libéraux, qui feront d'excellents soldats; mais le pays

ne bougera pas. On est furieux et plein d'enthousiasme à Toleii-

^lino, Ancône, Forli, Gesena, Bologne. On bavarde beaucoup à

* Révolution de Naples en 1820.

* La cilndollo de Gaête.

LETTRES A SES AMIS. iOl

FioreDce ; mais ]cs nobles, qui se sont faits libéraux, seront gagnés au moment du danger, et, de concert avec les prêtres, qui sont cinq cents à Pérouse, petite ville de quatre mille âmes, ils arrêteront tout : pays douteux.

Lacques, archijacobin. — Brescia, idem, — Milan et Venise, ventrus. L'ancien militaire se battrait avec le plus grand plaisir; mais Tadminislration est juste, bumaine, conduite par des bommes du plus grand talent; le souverain, bomme éminemment raisonnable et sage.

Chaque jour la poste apporte à chaque syndic piémontais deux ou trois proclamations jacobines. 11 y a en une pétition iignée, demandant au roi une ancienne constitution d*un Phili" hert/]e crois, qui, quoique gotbîque, donnerait la liberté. Le i^mg était d'avis de la donner; trois ministres ont dit que ce fàcheai remède était le seul qui pût conserver Gènes à la monarchie. — On est' furieux à Gènes; ils veulent leur ancienne arislocratie bête. La Qveenei, dit-on, Saint-Marsan, ont fait ajourner la constitution; OD avait peur que, sous ce prétexte, Tannée du voisin n'entrât.

Toot le monde a la fièvre, tout s'agite. Plût à Dieu que tous les jacobins eussent été déportés au Texas !

Pour rendre ma lettre amusante, il faudrait vous donner des anecdotes, dont elle est le jus: mais j'ai des nerfs. Comptez que j'ai plutôt afEftibli les couleurs.

Écrivez, écrivez ; je ne sais rien que par vous.

A HESSIEUBS LES nÉPUTÉS DE LA FRANCE.

La Cadenabbia (lac deComo), le 15 novembre 1820.

Messieurs,

L'on a dit que les académies sont utiles dans le cas où l'objet ^e leurs travaux est de ranger et de mettre en ordre la masse

ttô lEUVRES POSTHUMES DE STENDHAL.

(les GOimaîssaDGes humaines, ou de veUler à ce ({ae les décou vertes utiles, après avoir brillé durant un certain temps, ne retombent pas dans Toubli. Par exemple, on avait au moyen âge, ci Italie, Fart de transporter les édîBces; Ton ne peut douter qoi plusieurs tours n'aient été transportées, sans que leur soUdti ^n souffrit, à quelques centaines de mètres.

Les académies sont utiles pour conserver les inventions di génie ; servent^elles, dans leur état actuel, à encourager le gé nie et à multiplier les inventions de tout genre qui font la gloir et la richesse d'une nation? Nous ne le croyons pas. Quand le académies ont agi comme corps, on les a vues persécuter leTass ou blâmer Corneille.

On vous demande une loi, messieurs, qui, loin d^entraver i génie, excite les hommes singuliers, doués de cette faculté, être utiles à leur patrie.

Le travail de chaque homme est, en général, récompensé pa la société dont il fait partie, suivant le degré d'utilité de ce tra vail. La loi ne doit changer le taux naturel de l'appréciation e du payement d'un travail quelconque qu'après les plus mûre délibâralious.

Mais, s'il est un fait généralement reconnu, c'est que l'im mense majorité des hommes n'a pour les œuvres du génie qu'uni estime sur parole. La masse n'admire et ne comprend que c< qui ne s'élève que de peu au-dessus du niveau général. Si noi poétiques de tout genre ne proclamaient comme à l'envi le mérite de la Fontaine et de Corneille, il est permis de croire qu'i serait peu senti par la majorité des hommes qui ont du loisir ei qui, à l'égard des lettres, forment le public. La vie active qti procure les richesses a peu de considération pour la vie contemplative, qui conduit un Pascal ou un Descarles aux découvertes les plus importantes. Le public étant peu reconnaissant à Tégani des hommes de génie, au moins durant le temps que ceux-ci, jeunes encore, sont en état de produire, ces hommes de géuie, qui sont toujours en petit nombre, pourront recevoir des moyens de subsistance sans qu'il en coûte beaucoup au trésor. D'autre part, leurs ouvrages étant d'une véritable utilité à la nation, soit directement par le plaisir intellectuel qu'ils procurent et par les

liËTTUES A S£S AMiS. 165

idées justes qu'ils placent dans la téCe de beaucoup de leurs concitoyens qui ainsi sont plus heureux, soit indirectement par roniversalilé qu'ils procurent à la langue, il nous semble qu'on œ léserait pas les citoyens en prenant sur la masse de Timpôt oae somme de trois cent mille firancs pour les académies. Le projet suivant * tend à concilier la considération publique aux hommes cmincnts dans les diverses parties du savoir huraaiu'

A HONftIRDR LE BARON DE M..., A PARIS.

Milan, le 22 décembre 1820

ie reçois votre lettre du 1, qui, malgré ses défauts, me lait un plaisir extrême, car je suis au lit depuis dix-huit jours, avec trois

* Ce projet est resté à Tétai d'ébauche et ne saurait être reproduit. (R .C. ) ' Ceci exige beaucoup de mesures de détail, dont la proposition peut sembler susceptible de ridicule, mais robjet n'en est pas moins essentiel. On peut se rappeler de quelle considération oui été environnées la jeunesse deJ.-J. Rousseau et de Racine, et la vieillesse de Corneille et de h Fontaine. Au reste, c'est dans les détails de ce genre que le présent pi^jet de loi est surtout susceptible d'amendements. Le but de l'auteur M seoiement d'attirer l'attention des chambres sur le peu de bien- ^ que présente, en général, la jeunesse des grands hommes. Le nomlire des grands hommes, gloire d'une nation, est, sans contredit, proportionnel au nombre de gens qui essayent de réussir. Si l'Angleterre a trouvé des poètes tels que Burns dans la classe des paysans, c'est que la vente de la propriété d'un bon livre sufiisait en Angleterre pour faire mre l'auteur. Lord Byron et sir Walter Scott acquièrent sous nos yeux, par leurs ouvrages, un degré de richesse auquel ne sont jamais arrivés Montesquieu ni Racine. Les gens à talent, en France, sont disposés, par ieor peu d'aisance, à accepter de petites places du gouvernement ; ils font ^ mauvais conomis en employant leur temps à un travail d'une valeur l'heure à celui qu^ils pourraient produire. Burns faisait partie d'une société qui procurait à ses membres les livres essentiels à lire. [H. B.)

saignées cl ou rhume inflammatoire ; je ccfmpte sortir im de ees Jours.

Le ihéfttre de la Scala a été la platitude même depuis que les hommes de génie s*cn sont écartés. Vous savez qu'on ne donne presque que du neuf; cela est plus utile à Tart et moins à nos plaisirs. Cet usage, le contraire du goût français, qui est d'admirer du vieux beau reconnu pour tel, imprime un cachet au goôt italien.

Les jacobins feront tomber le théâtre de Naples; déjà les jeux sont supprimés, et il ne bal plus que d'une aile. Pour finir Tannée dernière, Levasseur a eu un grand succès dans la calomnie du Barbier et dans Topera de Meyerbeer, dont j'ai déjà oublié le nom, quoiqu'il n'ait fini que le 50 novembre. Meyerbeer est un homme comme Marmoutel ou Lacretelle; quelque pea de talent, mais pas plus de génie que sur la main; quand il veut mettre du chant, il prend les plus ignobles cantilènes des rues. Ce qu'il a de remarquable, ce compositeur, c'^est quatre-vingt mille francs de rente, sans en rabattre une obole ; il vit solitaire, travaillant quinze heures par jour à la musique. H ne veut plus jouer du piano, et c'est le premier pianiste de TËurope, à ce qu'on dit.

Le 26 décembre, comme vous savez, nous avons deux ballets et un opéra neufs. Phèdre, du vieux Mayer, voleur effronté. — Mademoiselle Tosi, fille d'un avocat fort estimé, comme qui dirait Tripier à Paris, ayant une voix superbe, débute pour courir la chance de gagner deux cent mille francs. Elle a une taille et une tète qui seront superbes au théâtre ; sa voix est belle, niais elle ne sait pas chanter. Qu'entendez-vous par ces paroles? — Elle ne sait pas mettre tous ses airs, tristes ou gais, à la même sauce piquante (pour le dire en passant, mérite et défaut de Rossiui).

Le public est juste et sensé pour la musique, et Ton s'occupe beaucoup de la Tosi ; je vous en parlerai le 28 ; lisez la Gaxette de Milan du 28 ou du 29.*- Vigano voulait faire YEbrea (H Toledo, sujet à la Walter Scott, et qui, dans le goût dlvanhoe, finit par le brûlemenl de T héroïne : veto, il fait platement V Enlèvement des Sabines. Aujourd'hui 22, il n'y a que deux actes d'achevés; mais

l'exécrable de ce grand homme est meilleur que rexecMent des autres. — La Mariani, voix superbe de contralto; elle a six notes magnifiques ; elle manque de chaleur ; excellente seconde chanleose; elle £iit entendre des sons inconnus jusqu'à elle; mais il faudrait que Rossini prît la peine de lui faire des airs en six notes. — La Pellegrini, très-belle, air commun, béte et ennoyée, femme misanthrope, c'est-à-dire haïssant tout le monde» serait applaudie à Feydeau, chante mal et aigre tous les beaux airs possibles ; ne l'engagez jamais à Paris.

A propos, greflèz, dans le premier opéra venu, le trio de Meyerbeer, chanté par Levasseur, Pellegrini et un autre basse* Gela vous ferait plaisir, ainsi que le chœur des paysans du même opéra, qui, décidément, s'appelle Ma^'^rt/e d'Anjou,

La Monbelli, chantant un peu du nez, était divine il y a dixhuit DDois et doit Télre encore. Pour une petite salle, et pouk* Paris, charmante. Elle a des sourcils comme trois fois les vôtres, et, cependant, est sage par ambition, pour épouser quinze mille francs de rente, comme sa sœur qui a buscato M. Angiolo Lambertini, auteur d'un béte de journal,nommé le Journal des m(M2es de Milan. Lisez-le; c'est le meilleur thermomètre de la musique. L'auteur a vingt-cinq ans, béte et savant , mais excellent violon; ami intime de Rossini; il a épousé la Monbelli; sou père était chanteur, sa sœur excellente pianiste ; ils ont vécu avec Rossini, Grivelli, tout ce qui a paru en musique. Lisez ce journal ; faites lui une ligne d*éloges, dans ce sens, dans le Journal de Paris; c^est mon ami, et vous servirez la musique.

Je ne connais pas la Gortesi. — La Boi^lni, très-laide, est fort bonne. — La Pasta ' se forme journellement, prendendolo solanenle, pour ne pas nuire à sa voix. — Rcaiorini est la plus belle voix de basse que je connaisse ; il était très-dévot et a été chaste toute sa jeunesse. Sa voix, plus belle que celle de Galli, est moins flexible ; mais Galli, sans voix, serait encore le premier acteur à la Shakspeare de Tltalie, et Remorini sera toujours un salam, ce qui veut dire un coffre : c'est la voix de Lais

' Madame Giuditta Pasta, dont le talent comme canlatricc et comme tngédienne jeta plus tard tant d*éclat dans Topera séria à Paris. (R. G.)

iB6 ŒUVRE» POSTlllJ^ES DE St£NDUÀL.

jeane, a?eG nne bonne méthode ; il gagne trente mille fnocs depuis sept à huit ans. — Ambfosi, encore plus salam, c'est-àdire le contraire de Pdlegrini. — Pellegrini a une voix presque aussi belle que celle de RemorinI, mais sans goût ni grâce. — Zucbelli a de Tâme, timide, tendre; il chante, en pensant à la peinture ou à sa maîtresse, tout un opm, et paradt sans coulear à la fin il chante dix mesures qui mettent des larmes dans loo: les yens : par exemple, les // mio destina, à la fin de ropéra d( la Femme à deux maris, où il fait le mauvais mari. Il a pli beaucoup à Munich. Enfin, voici Téchelle : Galli, trente-ciiM mille francs. — Zuchelli, vingt mille francs. — Bemorini, (rent< mille francs. — Ambrosi, quinze mille francs.— C'est, je crois ce qu'on les paye in giomata. Mais si San Carlo se ferme, la de mande diminuant, tons ces messieurs tomberont de trente pou cent. Je relis votre lettre. Dans une petite salle comme la vôtre et avec votre silence respectueux, j*aimerais mieux la Monbelli que vous auriez pour trente mille francs, que la Fodor ; vous an riez un chant bien autrement italien. Son père, le sublime léooi Monbelli, a vécu à lu et à toi avec Cimarosa, Sachini et Palsiello; il abhorre les ornements et la sauce piquante à la Rossioi — La Schiassetti, voix bien plus faible, fait fureur quand elk est en voix ; elle sera libre à Munich ; le prince royal est amoureux fou d'elle, en tout bien tout houneur, depuis trois ans. Son engagement expire ^n avril, et elle irait à Paris pour vingt mille francs. — La Schiassetti est jolie, fière comme quarante aristocraties; sa mère est comtesse, et son père, le général baron Schiassetti, le plus brave housard de l'armée dltalie.

Si vous ne pouvez pas me lire, consolez-vous avec la pensée que j'ai pris du café pour la première fols depuis un mois, à cette fin d'être digne de vous écrire.

Rossioi ne fait plus que se répéter ; il est énorme, mange vingt biftecks par jour, etc., etc. Le jeune Mercadante, Napolitain de vingt ans, qui a fait Ercole, a, dit-on, du talent; je n'ai jamais senti ce talent, quoique la Schiassetti, dans les viogl-cioq jours que j*ai passés avec elle à la campagne, me le cbanlài sans cesse. — Caraffa, vous le connaissez ; on pourrait tirer on bon opéra de tous ses opéras. ^^ Pacini fils, jeune et joli jeune

LETTRES A SES AMiS. J«v

boffliue de dix-buit ans» a fait ou volé un duo sublime : celui de Frédéricle-Grand qui refuse à la maîtresse d'un de ses officiers ia grâce dudit qui va être fusillé. Faites-vous chanter cela par Remorioi, et vous pleurerez nécessairement.— Pas d'autre ténor qae Davide fils.

J'ai encore plus de peine à écrire que vous à me lire; le corps s'en va, mon cher ami.

Dès qu'où aura réimprimé la tragédie de lord Byrou sur le doge Falieroy qui se fit couper le cou en 1208» ce me semble, envoyez-la-moi par la poste. — Ledit lord a adressé la parole

20 h], à Venise» à une miss M ; le lendemain; le colonel

M lai a envoyé un défi; Ton a arrangé Faflaire. La phrase

dn Byron avait été insignifiante, courte et archidécente ; mais lesoufSe de ce monstre souille une beauté pâle et froide.

Il est toujours avec sa grosse blonde de Pesaro» dont le mari 3 cinquante mille francs de rente ; il est très-capable d'assassioer le noble lord» et» s'il ne peut mieux» de se battre en duel Sîeclai. Je dois vous avoir écrit cela» que je liens de Tapothi- Caire Aucillo» le deuxième poète de Venise ; le premier est le ^lirique Buratti. Il y a là du vrai génie, mais un peu délayé. Comprenez- vous le vénitien ! — Vous me direz mi: mais est-ce vrai? Je verrai à faire copier quelque chose de Buratti.

A propos» j'ai, je crois, vérifié que l'ultra Alfieri ment continuellement dans sa vie» et que cette vie a pris fin par la jalousie que lui donnait le peintre F**» qui» comme vous savez» vit dans Tintimité de la comtesse d*Âlbany.

▲ SlR WALTER SCOTT» A EDINBOUBG ^

A la PoretU, le 18 février 1821 MoiHÛeur»

S'il vous convient de faire prendre à Paris les livres dont l'in-* ' Peut-être cette lettre n*est-elle pas parvenue à WalUr Scott^ car le

dtcation est ci-j6io(e, j*aurai trouvé un £aîble moyea de mi qticr ma recouoaissauce de rexirèrae plaisir que vieut de i donner the Abbot.

Quel dommage que Fauteur n'ait pas eu à peindre le moj âge de cette admirable ItaHe ! U aurait trouvé les premiers ] de l'âme humaine vers la liberté. Au lieu de l'égoïste hérois de l'absurde féodalité, il eût trouvé sous ses pas la peinUire tout ce que Tâme humaine pouvait alors pour le bonheur tous. Les idées étaient encore obscures et incertaines, mais âmes avaient toujours ici, en 1 400, un degré d'énergie que, ( puis, elles n ont plus retrouvé nulle part.

Malheureusement, pour se procurer la vision du moyen i de ce pays, il faut s'enterrer au milieu de monceaux de pareil mins poudreux, qui, encore vers 1650, furent brouillés et gà exprès par les jésuites. Aucun écrivain n'a cherché à donner recueil sincère d'anecdotes peignant les mœurs de cette époqi Quels ne seraient pas les transports de TEurope si un homi comme l'auteur de Wa^jerley lui révélait la vie de Cola Rienzi, ou Texil du premier G6me deMédicis!

Pignotti (Storia di Toscana, Firenze, 181G, 9 vol. in-8") p( servir de fil pour ne pas s'égarer au milieu des auteurs orij naux, qui, eux-mêmes, ne sont qu'une introduction aux mau scrits qui renferment la véritable physionomie des temps, i guide agréable serait aussi le Famiglie illustri (Vltalia, di Foi peo Litta, Milano, 1820; Burchard, Journal d'Alexandre 1 Fiortifioca, Vita di Cola di Rienzi^ etc.

Du reste, on prend la liberté de présenter les ouvrages me tionnés dans la note ci -jointe, non comme objets agréables, principes politiques sont trop différents, mais comme signes reconnaissance. Les amis de l'auteur de Marmion doivent éi d'exceUents juges; c'est pour cela qu'on a mis des doubles.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et tn obéissant serviteur.

U. Betle.

manuscrit sur lequel on a pris celle copie est sans rature et porte signature de Beyle. (R. G.)

A MONSIEUR LE BARON DE »...> A PARIS

Milan, le 7 mai 18*21 .

J'étais fort en peine de la santé de ma pauvre mère S lorsque j'ai reçu intacte votre lettre du 11 avril. Je vous ai écrit plusieurs longues lettres, ensuite deux ou trois lettres plates, comme celle-ci. M. Dominique est un original qui sera avec TOUS dans trente jours ; je serais fâché qu'il dût embrasser Besançou à travers la Manche.

La chute délia Pietra di Paragone vous démontre ce que fayaDce depuis cinq ans : qu'un Parisien comme vous et un Italien tel que moi avous un goût différent. De plus, chacun a le bon goât s'il parle sincèrement. Tout ce dont je puis vous assurer, c'est que la chute du Sigillara (nom d'amour donné à ^^?ietra) a produit un grand scandale dans Landerneau, et que le Dom d'oreille de parchemin a été prodigué aux gens de bon goAl par excellence. Sigillara, avec Vltaliana et Tancrède, por- ^ le nom de Bossini à la postérité. Du reste, il est drôle de ^f à propos de la Pietra, que Rossini se répète : c'est son tfoistème ou quatrième ouvrage. Vous avez pris les répétitions 1^1* la queue. Ne prenez jamais conseil de Dominique sur les ^l^oses qui doivent plaire à Paris; en ce sens, il manque d'yeux ; 3 peut dire ce qui plait généralement ici et ce qui lui platt.

J'ai vu M. Hérold, que j'ai trouvé gentil, mais déjà diablement, j« ne dinà jamais gâté, mais changé par l'air de la Seine. Le ^nnçais actuel me fait l'effet du singe. Donc à vos yeux je se- ^ le lourd éléphant, e sempi'e bene.

Us arts sont morts et enterrés. Nous avons ici Mercadante. C'est le seul maestro qui se distingue un peu, avec Pacini, Le *io de Frédéric II est sublime pour moi. On dit qu'il l'a volé; voOà la question.

* U Fnnce.

Le prunier acte de la Pucelle de Vigano, copié de \ fat uo chef-d'œuvre eu soo temps, et par moi à tous les quatre derniers actes plats. Ce grand homme baU aoôt.

Adieu. Dominique sera à Paris au commencement Vous trouverez en lui un animal de plus en plus diff Français aimable , et probablement aussi insnpportabl que les Saint-Aubin et compagnie le sont à lui.

ROBBET.

A NONSIBOR LE BARON DE M..., A PARIS

Milan, le 6 Juin!

Je vois que vous u*aurez pas reçu la longue letl vous ai écrite sur le succès d'Arminio, à Venise. Criv< trop cbaud ; musique sublime de Pavesi, je crois, qi vingt ans ne faisait rien qui vaille. Paroles qui ont eal gré les fautes de langue, il parait qu^il y a du romaat! va bien au nom de Fauteur, qui est simplement Diedev jeune gentilhomme, qui vit à Venise. Tout cela, orné li convenables, a fait, dans son temps, une lettre de qua Si vous Tavez reçue, rappelez-vous toujours qu'il f: plier tous mes résultats par le rapport ^, le goût de P par le goût italien; car je parle à des barbares qui on gillara, qui est au Barbier ce que le Tartufe est au ( ginaire.

Comment va le voyage de Besançon en England? 1 sérail bien piqué d'être obligé de débuter dans Tile < ria S sans le secours de son Mentor. Que penseront < Malo renforcés et les Saint- Aubin en carrosse, si vous mes pas? C'est cette énorme hypocrisie nécessaire qi

* Paris. — bominiqac, c'est fieyle lai-même.

espère. Je suis âUé voir la retraite de Dominique sur le lac de Cono; j'y ai passé dix jours avec ma sœur; c*estlà quil viendra. II voudrait d^à être hors de Paris : c'est une expérience ^nijyeuse, qu'il tente uniquement par respect pour votre prudence.

M. Levati a publié quatre volumes des Voyages de Pétrarque, Ce soDt des extraits consciencieux» et surtout plats, des oeuvres de Pétrarque. Cependant cela a un peu du mérite d'Ânachar$is, ei réussirait en Angleterre-, Touvrage se composera de cinq volumes. Gomme je connais Fauteur, faites annoncer, si vous le pouvez.

U charmante Scbiassetli reste encore un an à Municb. Madame Pasta, chantant à la française, chant heurté, aura dû plaire aux sifOeurs de la Pietra di Paragone.

Il fait un froid de chien en Suisse et probablement en France.

ArcusTE.

Page 1