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GLXXVIU
A MONSIBOR LE BARON DE M , A PARIS
Rome, le 6 juin 1831 .
Je soalTrc toujours. Savez-vous que vers le 20 mai les ambassadeurs des five grandes puissances se sont réunis pour demander au pape des modifications dans sa façon de gouverner? — Par exemple: les laïques admissibles à tous les emplois d'administration ; un conseH d'État à Rome, composé d'un tiers de cardinaux et de deux tiers de laïques ; Tabolition des jugements dits économiques (bouffons à force d'être injustes).
Que u'ai-je la force de vous peindre les cardinaux et lenrs dialogues ! Ils étaient résolus de refuser, disaient-ils ; mais ils sont baïs'de leurs soldats, de lenrs sujets, n'ont pas le sou, pas de crédit. Le 1*' juin il y a eu une notification du ci-devant Belleyme S qui établit, pour le gouvernement des quatre légations, un corps de quatre laïques pour chacune; et l'on m'assure que les choix sont bons ; il y a un M. Paolucci qu'on regarde comme le premier homme des Marches.
Belleyme ne veut pas publier cet étrange arrêté dans leDiario; il espère une zizanie enlre rAulriche et la France, pour la Belgique et le Simplon. Cependant l'arrêté s*exéeute. Sans cela, de Foligno à Pesaro, Rimini et Bologne, on recommencerait le jour du départ des Autrichiens. Ces messieurs annoncent ledit départ pour le 10 juin. Je n'y -conçois rien. Enfin voilà l'Autriche qui porte le pape à donner cet exécrable exemple : on gagne quelque chose à se révolter.
Vous jugez de l'état moral de Rome, qui se trouve entre le zist et le zest.— Sa Sainteté n*a pas osé aller à la procession d'avant-hier, de peur d'être enlevée par les libâraux ; elle en avait été avertie par une lettre anonyme.
* L'cx-prcfel de |.olice de Rome.
LETTRES À SES AMIS. iZ&
La liste des concessions ou changements court les eafés. Le mal, c'est qu'on peut cboisi^r les plus mauvais sujets des laïques. C'est M. de Lutzow, ambassadeur d'Autriche, qui a proposé au pape de donner cette sorte de démission. C'est ainsi que le prinee Eugène, en 1810, porta la parole pour le divorce de Joséphine.
A MONSIEUR D. F...., A PARIS
Home, le 5 juillet 1851.
Malgrémon menton en avant Je suis au mieux, cher ami, avec mon chef d'Ici. Voici un ronleau pour faire votre pâtisserie, plus deux Cenci, par le divin Gioviia Garavaglia. Le tout vous est porté par M. Horace Vernet, qui, en trente-six heures, va de mon trou à Toulon. Choisissez celle des deux qui vous duil le plus ; envoyez l'autre à mademoiselle Julie Berlinghieri.
Le grand secret de ce pays e^t que les tedeschi s'en vont tout à fait le 15 juillet, ce qui sera annoncé à la chambre le 22 ; mais le 16 la révolte recommence. Du reste, le pillage^st sans bornes ni pudeur. Le cardinal Netliber^ donne la ferme des tabacs et sels pour sept cent mille écus ; elle en rend douze cent mille ordinairement. N'allez pas me croire imprudent; je frémis en formant ces caractères. Sans l'occasion des Pâques^, je n'écrirais pas de telles horreurs. C'est absolument la dissolution.
Le maître d*ici a une fort bonne figure ; j'ai reçu sa bénédiction il y a un quart d'heure. 11 a l'air surtout ennuyé; tout à fait lige à M. de Melternich.
* liemelti.
• 11 s'agit sans doute ici des Pâques qn'en Italie on ren<Mivelle assez ir^noralement vers la Pontecôto. (R. (].)
L'ambassadeur d'Henri V ici est M. de Sainl-Priesl, qui était ea Espagne et que Ferdinand VU a fait doc d*Aiaianzara oa (jueique chose comme cela.
Ma santé revient, mais lentement. i^randDieu! quels^ourqae celui de Grotta Ferrata 1 dix mille rossignols et les plus beaax arbres; deux lacs incroyables, une forêt où je veux monter;— mais il y a les brigands. Malheureusement j'étais trop faible, mon esprit seul admirait ce divin pain de sucre, au milieu de la plaine, nommé la montagne d'Albano. Le cœur était mort ei tout à la douleur physique.
Je ne sais ce que je vous écris; je fais mon métier, qui donne mille tracas au moment de Texpédltion d'un Sphinx ; c'est le nom de l'admirable bateau à vapeur qui emporte le petit cardinal d'Isoard.
Adieu, cher ami, je vous aime tendrement. Dites à M. Dijon que tout va en bouillie, tout tombe, tout languit ; c^est une maladie de langueur. Les chefs sont niais et ne veulent pas d'avis. Dominique ferait des rapports superbes. Mademoiselle Sophie, lui a fait conseiller de s^abstenir.
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