Arueth, Prinz Eugen, Hl, p
AU XVin» SIÈCLE
1735 en pleine guerre avec l'Autriche'. Mais ce ne furent là que des velléités et toute l'attention d'Élisabelh se porta désormais sur les duchés.
Après le traité de Séville, la guerre faillit éclater en Italie : Charles VI jurait de s'opposer par la force au débarquement des soldats espagnols. Quand le duc de Parme mourut en 1731, les troupes impériales occupèrent ses États. L'Espagne protesta, arma et fit appel à ses alliés. Mais l'Angleterre, rassurée sur la question d'Ostende, s'entremit et sauva la paix. Elle fit accepter à Charles VI les garnisons espagnoles ; en retour elle lui garantit sa {Pragmatique, à condition que l'archiduchesse héritière n'épouserait pas un Bourbons, Ce fut là le traité de Vienne de 1731, auquel Elisabeth Farnèse adhéra le 22 juillet. Don Carlos prit immédiatement possession des duchés de Parme et de Plaisance. Les places de Toscane furent occupées par les soldats de Philippe V. Le grand-duc Jean Gaston de Médicis mourut en 1737. Mais déjà une autre guerre avait eu lieu et d'autres arrangements avaient été pris en Italie. Don Carlos abandonna Parme et Plaisance à TAutriche et la Toscane à François de Lorraine, pour aller régner à Naples.
Le vœu de la reine était réalisé. Elle avait fait de son fils aîné un souverain indépendant « chez qui après la mort du roi elle put se retirer et commander ». Philippe V mourut en 1746. Il fut remplacé
1. V. l'article de Driaultsur Chauvelia, Beywe d'Histoire diplomatique, 7« année, n*» 1, p. 42.
2. V. à l'Appendice p. 294, les deux articles très secrets du Traité de Vienne de 1731. Nous les avons retrouvés aux archives de ViiMi .e. Ils n'ont, à notre connaissance, pas encore été imprimés et sont même restés iucuunus.
282 UNE COUR ET UN AVENTURIER AU XVIIl^ SIECLE
parle fils de son premier mariage, don Ferdinand. Le nouveau roi était le plus inoffensif des hommes et n'avait nulle envie de persécuter sa belle-mère. Elle ne se retira point à Naples. Elle vécut à Saint- Ildefonse avec la jouissance d'un beau douaire et la tutelle de ses enfants mineurs.
Sa politique survécut à son influence. Par une singulière rencontre, ce qui n'avait été d'abord que la politique domestique des Farnèse devint la politique nationale de l'Espagne, la politique dynastique des Bourbons et une tradition des cabinets européens. L'Espagne, la France, l'Europe trouvèrent leur intérêt à établir des infalits en Italie, à assurer ainsi dans la péninsule un équilibre entre les maisons de Bourbon, de Habsbourg et de Sardaigne, à y créer une neutralité de fait.
C'est ainsi qu'en 1748 le second fils d'Elisabeth, don Philippe, fut installé à Parme et à Plaisance. Succès qui complétait celui qui avait mis don Carlos à Naples et qui fut plus doux encore peut-être au cœur d'Elisabeth, car les Farnèse rentraient maintenant dans leurs domaines patrimoniaux. Elle vil encore sa maison triompher à Madrid : don Ferdinand mourut sans enfants, et Charles VII de Naples devint Charles III d'Espagne. Tout ce qu'elle avait rêvé s'accomplit ainsi sous ses yeux, alors que, sortie de la lutte, revenue de ses craintes fébriles et des ardentes ambitions, très vieille, apaisée, elle ne demandait plus rien à la terre qu'un lit pour son dernier sommeil.
APPENDICE
TRAITÉ TRÈS SECRET d'aLLIANCE OFFENSIVE ET IDE MARIAGE