Tessé à Morville, le 3 novembre 1724. A. E. Espagne
TjO
La reine triomphait. Tessé ne jubilait pas moins, toujours fermement convaincu qu'Orendayn était «le seul Espagnol sur la fidélité duquel la France pût véritablement compter^ ». On s'apprêtait à porter le dernier coup à Grimaldoet à Bermudez, qui « ne tenaient plus qu'à un fil auprès du roi ». On faisait agir contreeuxlës subalternes, qui sontsouvent les mieux écoutés des souverains faibles et soupçonneux comme Philippe V. Le valetde chambre Valois, la fidèle Laura, qui avait déjà menacé Bermudez de le poignarder, étaient « pis que deux serpents aux trouss^es du marquis et du confesseur* .» Cependant, comme le roi ne se décidait pas à une exécution^ comme Orendayn n'était pas encore « bien en selle ,» le plus clair résultat de toutes ces intrigues était une abominable confusion à la cour et dans le ministère. « C'est la pétaudière la plus complète qui ait jamais été », disait Tessé avec mortification, en contemplant le gâchis auquel il avait si bravement contribué 3. Cependant, tout faisait prévoir le triomphe final d'Orendayn.
Si donc la mission de Monteleone réussissait, si la France consentait à faire la guerre en Italie pour complaire à Elisabeth Farnèse, l'imbroglio ministériel se dénouait le plus simplement du monde : le protégé de la reine et de Tessé devenait premier ministre, pour exécuter les plans combinés entre la France et la cour de Madrid. Mais Monteleone échoua. Tout pouvait être remis en question. La reine garderait-elle un client du gouvernement français pour