UNI COUR ET UN AVENTURIER
espagnole, en même temps que des États autrichiens et de la couronne impériale, — et ce serait la résurrection de Tempire de Charles-Quint; ou bien, en mettant les choses aumieuxet en supposant que'don Ferdinand succédât à son père en Espairne, don Carlos n*en resterait pas moins maître de l'Empire, des domaines héréditaires allemands et de toute l'Italie
— et ce serait la rupture de l'équilibre établi dans la péninsule italienne par la Quadruple Alliance; ce serait aussi la même maison, sinon le même prince, régnant à Vienne et à iMadrid, c'est-à-dire le retour à l'état de choses renversé par la guerre de succession d'Espagne. Bref, dans les deux cas, les traités d'Utrecht seraient anéantis et la liberté de l'Europe menacée.
11 y avait là de quoi faire frémir les politiques anglais. La France nemontra pas moins d'horreur pour le mariage, bien que don Carlos fût un Bourbon : € L'infant, —dit un mémoire françaisanonymedel725,
— sorti d'une mère qui a montré toujours de la haine pour notre nation, qui serait élevé dans les maximes allemandes et qui serait Empereur, serait aussi à craindre par lui-même pour la France que le prince le plus étranger, et plus encore qu'aucun autre relativement aux Étals qu'il réunirait sur sa tête»».
Peut-être, au fond, les diplomates français et anglais n'étaient-ils ni si sûrs que le mariage fût arrêté, ni si convaincus des dangers qu'offraient pour l'Europe ces fiançailles de deux petits enfants; mais ils y trouvaient un thème commode à exploiter, un grief plus avouable que le dépit d'avoir perdu la di-
i. Tableau politique de l'Europe en 1725. A. E. France, 107.
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rection de l'Europe OU au« I. • , ^^
^Js y insistèrent avec une plédil T'"'""''^ et
Ainsi les traités de Viennf i "" "'"'^"^e. connaissait positivement et n.. ^'' '^ ^"^ ^'^« «« connaît, eurent pour Tremlr^ ' ^"' ^'^"«n souper à runion ^e'vErnZZ::^ ^'W la France et de l'Angleterre p. '^'^""^ ^^"^ de et de Saint-James affichèrent len?'"'' ^' ""^'''^^'^^ talion. Des courriers s'éSlt T''' '''' ^«^^nque semaine. Quand Ge^îr^r^''^' ^'^^« ^^^^ dfitatTownshendparlirTtf! J^ '^'^ secrétaire ^^ prirent avec eux 'la^^^^^^^^^^ ^4 juin de Broglie, ^ honneur rst''"?'^^ etranprsnesuivaientgénSlln^ les ministres ques jours d'intervalle^ CeliTZ "'' ^"'^ ^"^1rete le plan des deux ^ouvprl """^'^ ^f"^ fut arimmobiliser l'Emperef îen hr""""'' '* '^ '^'"'''''^^^ ^ contre-ifgue dans l'En^pj/e" ,7 ?^^'^^^ "^^ forte gner l'Espagne. ^"^ '^ '"^ ^^ Rhin, et à rega<
L'Empereur en effet était l'onr. • la France par tradition, ^orrAnTî ^"'"^^'P^^' ^^^^ commerce d'Ostende Ce c^ ' Angleterre à cause du ^contre lui les Hollandais TlT T""''''' ^"««i lorsqu'ils passèrent à La HavT '^'"^ '' ^' ^'^^^^e, élément avec le ^rand In -^ * «'entendirent proba' ^•iations avec lesSs olr'"''''' "^^^'^ ^'^^ "4- ^es, et l'on savait qu f^^T. r'^"^"^ ^'^ ^iavant d'avoir l'adhésion offi- l^^'^""^'' ^^^^^emL V^^*-l''gue pris D ns Ï'F '' '' ^^^^^^^'à' y te en besogne. L proje de S"' '" '"' "^'"^ ^^erese et de don Ca^? prt entTcT '' ""'''''
' i^^esente comme un fait
*• ^^^'•hemberg à Charles VI T nn^ .
nés VI, Londres, le 15 juin 1725. W. S. A.
certain, donnait à la France et à TAngleterre un puissant moyen d'action sur les princes d'Allemagne, qui tous, tant catholiques que protestants, devaient redouter la domination d^un nouveau Charles-Quint. George !•' et Louis XV gagnèrent ainsi à leur cause le plus ombrageux des souverains allemands, Frédéric-Guillaume !«' de Prusse. Au commencement d'août, Frédéric-Guillaume vint voir son beau-père, e roi George, à Piremont. Le 6 août, le ministre prussien llgen arriva à Hanovre. Il entra en conférences régulières avec Townshend et de Broglie et il fut évident qu'une négociation d'alliance était engagée entre eux*.
En même temps la France, qui était tenue de ménager l'Espagne bourbonienne, et TAngleterre, qui redoutait par-dessus tout pour son commerce une rupture avec Madrid, s'efforçaient de ramener Philippe V. La première chose à faire était de calmer le courroux causé par le renvoi de l'infante et d'obtenir une réconciliation de famille entre le roi Philippe et son neveu. Louis XV tâcha de faire parvenir des assurances d'amitié à son oncle par les ennemis de Falliance autrichienne, Grimaldo et le P. Bermudez : on leur écrivit, on fit agir auprès d'eux l'ambassadeur anglais Stanhope, le nonce Adolbrandini et un agent secret de la France qui était resté à Madrid, le comte de Marcillac. Un moment Slanhope crut avoir réussi : il manda à Paris qu'il voyait Philippe V disposé à recevoir des satisfactions; mais, quand on s'expliqua sur la nature de ces satisfactions, Grimaldo déclara que le duc de Bourbon devrait venir en per-
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sonne faire amende honorable à Madrid*. La réconciliation était renvoyée aux calendes grecques.
Stanhope n'était pas plus heureux pour le compte de son propre gouvernement. Il avait demandé, dans une audience, à Philippe V quelles étaient ses intentions envers l'Angleterre, et le roi lui avait répondu par la promesse de maintenir « son alliance et U commerce » avec les Anglais. Mais, là-dessus, il reçut de Grimaldo un billet où le secrétaire d'État l'informait : que cette assurance n'avait été donnée par Sa Majesté Catholique que « dans la supposition que Sa Majesté Britannique lui rendrait immédiatement la place de Gibraltar*. »
Celte attitude de l'Espagne vis-à-vis de l'Angleterre et de la France prouvait suffisamment que le parti autrichien, Elisabeth Farnèse et Orendayn triomphaient sans contesle à Madrid.
{.Journal de Villars, à la date de juillet et du \^t août 1725. p. 314-315.
2. Grimaldo à Stanhope, Saiat-Hdefonse, le 13 juillet 1725. A. E. Espagae, 342. « A cette occasiou, S. M. m'ordonne de dire à V. E. d'être daus l'intelligence que les assurances que S. M. a données à V. E. dans la même audience de ce qu'elle maintiendra son alliance et le commerce avec l'Angleterre, sont dans la supposition que S. M. B. lui rendra immédiatement la place de Gibraltar. »
1. Starhemberg à Charles VI, Hanovre, le 9 août 1725. W. S. A,
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En effet, dès le milieu de juin, Ripperda avait reçu à Vienne les ratifications des traités. Le môme courrier lui apporta sa nomination d'ambassadeur du roi catholique, avec les titres de duc et de grand d'Ëspao^ne de première classe *.
C'étaient là des témoignages non équivoques de la satisfaction d'Elisabeth Farnè«e. Kipperda ne se souciait pas d'autre chose. L'envoyé de Parme lui ayant fuilremarquer, dans un entretien, que tout le monde en Espagne se plaignait des traités de Vienne, il lui répondit sans ambages : < Je sais bien que tous les ministres sont enragés contre moi et que la nation est mécontente de ceque j*ai fait, mais je me moque d'eux tous, parce que je sais que la reine saura se conserver le maniement des affaires et que je lui ai rendu de trop importants services pour qu'elle puisse m'abandonner. J'ai su faire tourner les choses en faveur des fils de la reine... Après un si grand et important service rendu à la reine, qui gouverne tout en Espagne, croyez-vous, Monsieur, que j'aie beaucoup à craindre de mes ennemis"? » Et il déclarait qu'à
1. Dubourg à Morville, Vienne, le 21 juin 1725. A. E. Vienne,