‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 43 sur 130 · Saint-Saphorin à Townshend, Mtinich, le 14 août 1725. A · texte numérisé non relu

Saint-Saphorin à Townshend, Mtinich, le 14 août 1725. A

E. Vienne, 148.

son retour en Espagne « il y serait premier ministre et y gouvernerait tout * ».

Aussi commença -t-il à mener grand fracas à Vienne. Il se montra partout et partout bavarda. Les traités* disait-il, « ne slipulaient rien touchant les mariages,' mais la reine d'Espagne s'assurait que, si elle demandait l'archiduchesse, quand elle serait en âge. les infants seraient préfères à tous autres* ». il ajoutait à cela des propos encore plus étranges, ne parlant que « d'accabler la France et de détrôner le roi delà Grande-Bretagne' ». Ses perpétuelles allusions à Gibraltar et au Prétendant firent croire que les cours de Vienne et de Madrid étaient d'accord pour entamer la guerre contre TAngleterre : la note de Griraaldo à Stanhope à propos de Gibraltar, le séjour que fit alors à Vienne un jacobile fameux, le duc de Wharlon, confirmèrent ces soupçons *. — Son atlitude était aussi belliqueuse vis-à-vis de la France Le gouvernement français envoya à ce moment un ambassadeur en titre auprès de l'Empereur : le jeune duc de Uichelieu. Ripperda annonça hautement Tinteiition de lui disputer la préséance, bien que les rois catholiques eussent renoncé depuis plus de cinquante aus à réclamer pour leurs ministres à l'étranger le pas sur ceux du roi de France. Il menaça même d'un scandale pour l'entrée publique de Richelieu : il dit

E.^ienne; U7^^ ^ Townshend, Vienne, le 1- raa! 1725. A. E-Venne; U7^'*"'' ^ Townshend, Vienne, le l«r mai 1725. A. ^ J. Dubourg à Morville, Vienne, le 19 juin 1725. A. E. Vienne, ^^4. Richelieu à Morville, Vienne, le 30 juillet 1725. A. E. Vienne,

un jour à table chez le marquis de Rialp « que le duc de Richelieu allait venir avec beaucoup de monde, et qu'ainsi il fallait lever un bataillon pour n*en avoir pas le démenti* ». En attendant, il se dispensa de toute visite et de tout compliment quand l'ambassadeur français arriva.

Tout cela était bien extravagant : « Ripperda, écrivait Richelieu, passe ici pour un homme fort inconsidéré et soutient parfaitement cette réputation par ses discours» ». Mais s'il y avait dans sa conduite une bonne part d'outrecuidance et de légèreté, il y avait aussi un calcul. Il trouvait son compte à aviver l'inquiétude qu'avaient fait naitre les traités de Vienne: plus l'Europe serait jalouse et menaçante pour l'Empereur, plus l'Empereur serait docile à TEspagne. Déjà la négociation de Hanovre montrait à Charles VI que sa sécurité dépendait de Talliance espagnole ; c'était le moment de lui faire entendre que l'alliance espagnole dépendait des mariages et de commencer le chantage diplomatique préparé de si longue main.

Dès la fin de mai, Ripperda avait rouvert la négociation de mariage. La personne de don Ferdinand en était définitivement écartée : on venait de le fiancer avec une princesse de Portugal, tandis qu'on donnait au prince de Brésil l'infante Marie-Anne- Victoire 5. Ce double mariage portugais avait été conclu précipitamment pour réparer l'affront du renvoi de l'infante. Il avait pour Elisabeth Farnèse l'avan-

1. Dubourg à Morville, Vienne, le 21 juillet 1725. A. E. Vienne,

2.- Richelieu à Morville, Vienne, le 29juillet 1725. A. E.Vienne,

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