‹ Une cour et un aventurier au XVIIIe siécle [microform]. Le Baron de Ripperda, d'après des documents inédits des archives impériales de Vienne et des archives du Ministère des affaires étrangères de ParisChapitre 81 sur 130 · Chénier, op, cit., t. Hl, p · texte numérisé non relu

Chénier, op, cit., t. Hl, p

chef, l'y font exiler par MuUey-Abdallah après la défaite de Ceuta, dont il aurait été responsable*. En réalité, il y avait fixé sa résidence dès son arrivée. « Il y forma, dit Cliénier, beaucoup de projets pour dissiper son ennui et pour animer les Maures contre l'Espagne ; mais le ressentiment qui l'avait attiré ne trouva aucun accès auprès d'une cour qui n'a jamais eu de système fixe et qui était trop divisée chez elle pour s'occuper d'intérêts étrangers. »

11 se tourna vers d'autres intrigues. Ghénier lui en prête une qui n'a rien d^invraisemblable et qui est assez piquante : t Ce duc, naturellement turbulent, entra ensuite dans les projets du baron de Neuhoff qui, sous le nom de Théodore, fut un instant roi de Corse. Désirant engager la cour de Maroc à s'unir aux Tunisiens, disposés à donner du secours à celte monarchie naissante, il fit bien des voyages à la cour de Miquenès (Méquinez), où son plan paraissait s'accréditer; mais on ne lui donnait des espérances que pour attirer des présents et on s'inquiétait très peu de ses vues politiques '. »

Ripperda agent de Neuhoff! travaillant à fonder la monarchie funambulesque de Théodore I" ! Voilà certainement un des épisodes les plus bizarres de l'histoire de ce monde méditerranéen d'autrefois, où tout arrivait sans que rien étonnât, où les héros coudoyaient les chevaliers d'industrie et les apôtres les renégats, le monde de Kaïreddin-Barberousse, de Vincent de Paule, des Anglais travestis en pirates barbaresques et de la g;ilère de Scapin! Voilà un

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