Chéoier, ibidem
dernier théâtre et une dernière parade, dignes du compère de Marcillac, de Wharton et de Lambillyî
Mais on peut trouver mieux : Ripperda aurait fini en prophète! Il aurait fondé une religion mixte entre le christianisme, l'islamisme et le judaïsme, et il aurait expiré enlre les bras d'adeptes convaincus qu'il montait au ciel s'asseoir entre Abraham et Mahomet \1
C'est là ce qui se raconta en Europe quand Ripperda mourut à Tétuan à la fin de 1737. N'y ajoutons pas trop bénévolement foi, et concluons plutôt avec Chénier que, après s'être diverti pendant cinq ans à Tétuan à d'impuissantes intrigues, « il y termina sa vie et son roman... sans avoir changé d'habit ni de religion2. , U est inutile de trop prêter aux riches; Ripperda, pas plus que Napoléon, n'a besoin de légende : l'histoire lui suffit.
Et pourtant le personnage n'a rien d'extraordinaire. Nous Pavons vu agir de trop près pour qu'il soit nécessaire de nous attarder à sa psychologie. Considérons-le simplement une dernière fois dans les différentes situations qu'il a occupées. Ambassadeur des États -Généraux à Madrid, il trahit ses maîtres pour la puissance auprès de laquelle il les représente, — parce que l'Espagne d'Alberoni lui paraît -offrir un terrain plus favorable que la Hollande à ses ambitions hâtives et démesurées. Négociateur à Vienne, il sacrifie les intérêts nationaux de FEspagne et mômeles intentions du roi aux desseins particuliers d'Elisabeth Farnèse, — parce que la reine est toute puissante et que le meilleur moyen de parvenir est