EE AS
aetwmmed À
SINANALAVAdV — ‘HHAUAId-
LNIVS
NV-INIVS QVALVHO AT — ‘HUAAHAIHE HI — NVOILVA AI — ‘£OVI NY ANON
ARC TUBINA ST ANPORLrAST EI
24, page 192.
PL
ébahir un infidèle, le succès qu’il venait de remporter en l’obligeant à tenir de sa main la royauté napolitaine valait infiniment mieux et méritait qu’on en conservât le souvenir ; aussi fit-il peindre au château Saint-Ange, par le Pinturicchio, à ce qu’il semble 1, une
série de fresques représentant les divers épisodes du séjour de Charles VIII à Rome, interprétés de façon à magnifier sa gloire 2,
Les cérémonies se succédaient, dont le sans-gêne du roi et de ses compagnons troublait la rituelle ordonnance ; parfois le roi se mettait derrière le pape pour mieux voir, parfois il le faisait attendre un grand quart d'heure qu’il eût achevé de dîner. Le 20 janvier 14095, en présence de vingt-cinq cardinaux, de trente archevêques, de quarante évêques, de protonotaires et de « gros et gras prieurs », on montra au roi la sainte lance, faveur rare ; ensuite le pape accorda des indulgences plénières équivalentes à celles du jubilé que le cardinal Raffaele Riario publia en latin, César en italien, Sanseverino en français. Vingt mille personnes assistèrent sur la place à la cérémonie dont à peine cinq cents étaient romains. En cette occasion, le roi usa de son pouvoir miraculeux de guérir les écrouelles « et aultres griefz maussades » ; plus de cinq cents malades vinrent, mais le Vergier d'honneur ne dit s’ils s’en retournèrent tous guéris ?. Néanmoins les Romains furent « très émerveillés. » La Véronique fut déployée trois fois et montrée à la foule au milieu de « dévotes clameurs », les cloches de la ville sonnant à la volée et l’assistance criant miséricorde.
Le lendemain, le roi se rendit auprès de Djem avec lequel il s’entretint un assez long temps en présence du pape, qui avait jugé prudent d’assister à l’entrevue. Un mot de lui provoqua un incident. Il lui dit que le roi de France comptait l'emmener, si lui, Djem, le trouvait bon. Mais il employa l'expression de Monseigneur, sur quoi Djem s’écria, outré, qu’il n’était qu’un esclave malheureux et maltraité, et qu'il lui importait peu d’obéir au Français ou au Pape. Afin de le calmer, Alexandre VI l’assura qu’il ne devait pas se considérer comme captif, qu’il était, comme le roi de France, fils d’un puissant monarque et que le rôle du Saint-Siège se bornait à servir d’intermédiaire entre eux.
Djem avait tout lieu d’être mécontent ; on le volait sur sa pension; au lieu des 110 ducats environ qui lui étaient dus par jour, il n’en recevait que 10 4 ; on venait de
1. À fin de le dédommager 4 des grandes peines qu’il avait prises pour orner tant le chiteau que le Vatican », le pape lui accorda dispense de fournir chaque année vingt-cinq charges de grain pour la location des terres qui lui avaient été attribuées dans le territoire de Pérouse. I1 ne fut plus tenu qu’à livrer deux livres de cire blanche le 13 août (G10. BATT. VERMIGLIOLI, Memorie € documenti di B. Pinturicchio, Pérouse, 1837, p. x11. Cf. EVELYN Marcx. Pniripes, Pinturicchio, Londres, 1901).
2. Deseine vit ces fresques à demi effacées un peu avant leur destruction (1713). Sielles ont disparu, les légendes qui les expliquaient ont été conservées par Laurent Behaïim, qui fut pendant vingt-deux ans écuyer du cardinal Borgia ; elles se trouvent maintenant à la Bibliothèque de Munich. Elles expliquent les sujets des compositions commandées par Alexandre VI.