Cf. MonsTRELET, Les Chroniques de France
4. Le 17 septembre 1492, il est payé 400 ducats par les clercs de la Chambre au cardinal Giovanni Borgia pour les dépenses du Turc pour le mois suivant. Le 28, il reçoit 700 ducats ; au mois d’octobre, 300 ducats. D'autre part, le gardien de Djem reçoit à la même époque 1 000 ducats. Ayrchiv. Vat. Int. et Exilus, Div. Camer,
le priver des gardiens auxquels il était accoutumé, aucune liberté ne lui était accordée. Aussi avait-il songé à s'enfuir.
Le pape, pour se concilier le roi, nomma ce même jour cardinal son parent Philippe de Luxembourg 1, Mais les passions demeuraient violentes.
Quand le cardinal Péraud fut reçu par le pape pour qu’il lui donnât l’absolution, il ne put s'empêcher de lui reprocher en présence des cardinaux Orsini et Riario ses déportements, ses fourberies, ses relations avec le Grand Turc, sa simonie (22 janvier 1405).
Le soir, une furieuse bataille s'engagea entre les Suisses et les Espagnols qui tenaient garnison au château Saint-Ange ; des Romains sans aveu s’en mêlèrent, en sorte qu’il y eut des tués qu’on jeta dans le Tibre et beaucoup de blessés.
Le lendemain, deux Suisses étaient décapités, l’un au Capitole, l’autre sur le lieu même de son crime. |
La justice était rendue maintenant par les officiers du roi. André de la Vigne avait droit, à Rome comme à Paris, de haute, moyenne et basse justice ?, Les officiers du Saint-Siège avaient été écartés complètement. Ceux du roi faisaient des édits et élevaient des potences ; il yen avait plusieurs, au Campo di Fiore, sur la place Giudea et ailleurs. Précisément dans une des ses promenades, le 25 janvier 1495, le roi visita ces deux places. Des coupables furent précipités dans le fleuve.
Les Romains murmuraient ; les petits enfants chantaient des chansons injurieuses contre le roi quand passaient des Français ?. « Et étoient lors les Franchois plus haïs en Rome que les juifs », dit le poète contemporain Jean Molinet.
Le 26 janvier 1495, Charles VIII vint au Vatican se faire livrer Djem. Alexandre VI le reçut ayant à ses côtés six cardinaux dont César livré comme otage. Djem fut introduit ; il baisa le pape sur l'épaule et celui-ci en fit autant, puis le pape dit : « Messeigneurs, je remets Djem sultan au roi de France conformément à nos conventions. » Djem pria le pape de le recommander au roi, qui l’assura qu’il le prenait sous sa protection et qu’il n’avait rien à craindre.
Le lendemain, 27 janvier 1495, Djem, accompagné de nombreux archers et de chevaliers hiérosolymitains, se rendit à cheval au palais Saint-Marc où le roi venait de s’ins-
taller de nouveau.
1. Philippe de Luxembourg était évêque du Mans depuis 1476. E mora il Re di Franza e sia squartato ! Son père Théobald l’avait eu avant de devenir cardinal. Il Re di Fransa che ha male in calzone, Les liens de la maison de Luxembourg avec les rois de France E tiene un naso come un cerbellone, étaient nombreux et lointains. Le fils d’Ogive de Luxembourg, E viva il Re Fernando e la bacchetta, Baudoin je Pieux, avait épousé la fille du roi Robert en 1047. E mora il Re di Franza e chi l'aspetta ! Marie de Luxembourg, fille d'Henri VII, comte de Luxembourg Caserri E IMBRIAN1, Canti popolari, Rome, 1871, vol. I, p. 45. et empereur, épousa Charles IV le Bel en 1323... — V. Rossi, Poesie storiche sulla spedizione di Carlo VIIT in Italia, 2. Ils’agit de l’auteur du Vergier d'honneur. Sur lui, voir Ep.-L. Venise, 1887 (Nozze Renier-Campostrini). — F, GABOTtTo, Fran- DE KERDANIEL, André de la Vigne, Paris, 1923. cesismo cd Antilrancesismo in due Poeti del Quattrocento, Panflo Sassi e Giorgio Alione, dans Rassegna Emiliana, 1888. 3. E viva il Re Fernando, for dell'orlo, Les Romains ne pouvaient pardonner au roi sa laideur, son nez E mora il Re di Franza piede stlorlo ! exagéré. « C’est l’homme le plus contrefait que j'aie jamais vu», E viva il Re Fernando e le Corone, dit Sebastiano da Branca de’ Talini. « Le roi, dit Zaccaria Contarini E moya il Re di Franza imbriacone ! ambassadeur de Venise, a un visage d’une affreuse laideur..» E viva il Re Fernando incoronalo, Pasror, vol. V, p. 414, cite bien d’autres textes,
Ce fut le 28 janvier 1495 que Charles VIII quitta Rome après avoir été saluer le pape qui lui donna sa bénédiction. Le roi, qui montait un cheval bai, portait, par-dessus son armure, un pourpoint de brocart d’or, un manteau or et cramoisi et un chapeau blanc. Sa première étape fut Marino où Djem l'avait précédé. Là il apprit que le roi de Naples, se voyant l’objet de l’exécration de son peuple, avait abdiqué en faveur de son fils Ferrantino, duc de Calabre, et s'était réfugié en Sicile.
Le lendemain du départ de Charles VIII arrivèrent à Rome sur des mules 18 000 écus envoyés de France ; 4 000 écus étaient arrivés précédemment ; tout cela était peu. Le cardinal de Saint-Malo dut se rendre en diligence à Florence pour prier la Seigneurie de devancer les versements qu’elle s'était engagée à faire.
À peine le roi était-il parti, qu'Alexandre VI fit augmenter encore les défenses du château Saint-Ange et préparer des munitions ; pour récompenser le gouverneur, G1ovanni di Castro, qui ne l’avait pas abandonné dans les moments difficiles, 1l lui promit la pourpre qu’il lui accorda effectivement l’année suivante, le 17 février.
FuITE DE CÉSAR. — MORT DE DJEM. — RETOUR DU RoO!I.
Le roi ne tarda à s’apercevoir de la fourberie de ceux avec qui il avait traité en confiance; la nuit même de son arrivée à Velletri, le cardinal César, son otage, s'enfuit.
Toutes les portes de la ville étaient gardées, mais César avait des intelligences parmi les habitants ; l’un d’eux était même son parent, Sorio Borgia ; grâce à lui il put, déguisé en valet d’écurie du roi, sortir par une issue secrète comme s’il allait chercher une bête pour la mener à l’abreuvoir ! ; un cheval avait été préparé, avec lequel il gagna Rome dans la nuit ; il y trouva refuge chez l'auditeur Flores, ancien nonce apostolique en France, puis, le lendemain, il s’en fut à Rignano et de là à Spolète ?. Et le pape put dire aux envoyés du roi qu’il ignorait tout de la fuite de son fils et ne savait où il se trouvait.
Quand Charles VIII apprit la nouvelle, son indignation fut extrême; il s’emporta contre ces « traîtres de Lombards et le Saint-Père tout le premier », entendant par Lombards les félons et les fourbes, et voulut s’en retourner pour brûler Rome. On l’en détourna. Il envoya alors deux hérauts au pape pour protester et chargea le cardinal de Saint-Denis (Villiers de la Groslaye), qu'il avait laissé comme ambassadeur à Rome, de réclamer le retour du fugitif. Philippe de Bresse (futur duc de Savoie) partit aussi. Le pape, de son côté, chargeait l’évêque de Nepi de présenter au roi des explications. Le pape d’ailleurs ne se montra pas ému ; il savait que « les Français ont l'habitude d'accepter les faits accomplis », comme le remarque Guicciardini *, et l'événement lui
1. SIGISMONDO, vol. Il, p. 101,143. THUASNE, Djem, p. 359. présence etles principaux citoyens délibérèrent sur le cadeau qu’il
2. Dans la nuit du 31 janvier 1495, dit un des historiens de Spo- convenait de lui faire et décidèrent qu’il faudrait dépenser 25 flolète, le cardinal César et quelques hommes inconnus vinrent se loger rins (ACHILLE SANZ1, Sé. di Stoleto, Spolète, 1884, part. II, p. 111). au château de Spolète, Le lendemain, les prieurs informés de sa 3. La Sioria Italia, vol, II, p. 42.
donna raison. Il se sentait d'autant plus rassuré que, le 20 février, entrèrent à Rome, en bon ordre, sept cents stradiotes ! conduits par Bernardo Contarini ?. Le pape les vit défiler du haut du château Saint-Ange qu'il avait fait garnir de ses défenseurs. Les canonniers tirèrent deux cents coups de canons.
Les caporioni et les conservateurs, craignant que le roi ne revînt à Rome venger cet affront, lui écrivirent pour dégager leur responsabilité.
Charles VIII n'avait, au reste, qu’une pensée, conquérir le royaume de Naples, et il sacrifia à cette folie ses ressentiments, tout en sentant très bien qu’on s'était joué de sa naïveté. Sa lettre au duc de Milan est d’un enfant qui a commis une sottise ; 1l dit qu’il a cru agir pour le mieux, et qu’une autre fois, il demandera conseil à son allié.
Une seconde déception suivit tout aussitôt. Le 25 février 1495, Djem sultan mourut à Naples. Depuis quelques jours, ilse plaignait de douleurs dans la tête et dans la gorge, puis le mal gagna la poitrine. Il fit effort néanmoins pour se tenir à cheval à côté du roi lors de son entrée dans Capoue (18 février 1495), qui avait capitulé le 13 à la suite de la trahison de Trivulzio.
Cet effort l’épuisa ; on dut le transporter en litière à Aversa puis à Naples ; là, sa fièvre redoubla avec de longs évanouissements ; les médecins du roi ne purent rien pour enrayer le mal et Djem, à peine rendu à la liberté, expira le 25 février 1495, âgé de trentecinq ans.
Les excès de toute espèce auxquels il se livrait contribuèrent probablement autant à hâter sa fin que le changement de régime, la vie au grand air après une longue réclusion, l'exercice après une inaction imposée ?. Sans doute, une lésion pulmonaire l’emporta. Mais on crut généralement que le pape l’avait fait empoisonner avant de le livrer au roi. Il mourut, dit Burchard, d’un aliment ou d’une boisson qui ne convenait pas à sa nature et dontiln’avait pas l'habitude. La plupart des «orateurs» italiens adoptèrent cette hypothèse; la version turque fut qu’un barbier, en le rasant, lui avait instillé la mort.
Mais cette mort convenait-elle au pape? Il y perdait de ne plus toucher la pension de 40 000 ducats que lui versait le sultan et dont il détournait une part, comme on l’a vu. Il perdait également un gage fort utile pour la croisade qu’il espérait entreprendre, puisqu'il avait été stipulé que si le roi ne l’accomplissait pas, Djem sultan lui serait rendu. Faut-il admettre qu’Alexandre VI se soit néanmoins laissé dominer par la pensée de nuire à son ennemi le roi de France? Sans Djem, la croisade devenait pour lui impossible et la gloire lui en était ravie. Mais Alexandre VI était un politique trop pratique, ce semble, pour sacrifier ses intérêts au plaisir de jouer le roi de France.
Le sultan Bayesid, que l’avance si rapide du roi avait rempli de terreur, cacha mal son soulagement en apprenant que son frère n’était plus 4.
1, Ils venaient d’Albanie et formaient un corps de cavalerie légère 3. On a vu que, dès son arrivée à Rome, il donnait des signes de armée de longues lances et d’épées larges ; Venise en avait intro- débilité maladive. duit l’usage en Italie. C’étaient d’incomparables escarmoucheurs. 4. M. Thuasne discute à fond dans Diem sultan les circonstances 2. I] mourut en août 1496. Son frère Paolo était également capi- de cette mort, en fournissant tous les documents y relatifs, p. 363
taine de stradiotes au service de Venise, en 1501. et suiv.
Son corps, d’abord enseveli à Gaète, fut plus tard transporté à Brousse (1499) !.
À mesure que la situation du roi périclitait à Naples, les adversaires du pape revenaient à lui ; le 6 mars, le cardinal Ascanio rentra à Rome et reprit ses appartements au Vatican. De son côté, le pape se rapprochait des ennemis du roi. La rose d’or qui, les années précédentes, avait été attribuée au roi de France, fut envoyée, le 29 mars 1495, au doge de Venise ; elle était ornée d’un saphir et coûtait 267 florins or ?. L’orfèvre Angelino di Domenico l'avait sculptée. C'était la seconde fois en quelques années que la Sérénissime recevait cet honneur ; le pape Sixte IV le lui avait conféré en 1478.
La garnison du château Saint-Ange fut renforcée. Les soldats espagnols, se sachant soutenus, devenaient plus agressifs. Le 1°T avril 1495, la garde du Vatican attaqua sans raison un détachement de cent cinquante Suisses qui traversaient Rome pour retourner chez eux. Quinze d’entre eux, plus une femme, furent tués. Il y eut un grand nombre de blessés et de prisonniers qui, entraînés dans le Vatican, furent dépouillés de tout ce qu'ils possédaient. Un Suisse s'était réfugié dans l’église Saint-Pierre : il en fut arraché et on le détroussa comme les autres. Le montant du butin fut évalué à 500 ou 600 écus. Le capitaine du palais réunit les restes de la troupe et les conduisit à l'hôtellerie de la Campanie et de l’Ange sur la place Campo di Fiore, où ils séjournèrent plusieurs jours avant de se risquer à repartir. Ceux qui étaient déjà sortis de la ville, s'étaient barricadés dans une maison où ils soutinrent un siège. On raconta que ce guet-apens avait été organisé avec la connivence du cardinal César qui voulait se venger du pillage de la maison de sa mère ?.
Un noble français qui revenait en France avec plusieurs bêtes de somme chargées de bagages, fut assailli au pont Molle et dévalisé ; le fils du cardinal de Saint-Malo { périt assassiné près de l’Isola, à quelques lieues au Nord de Rome ; on lui prit 3 000 écus dont il était porteur.
La situation de l’armée française s’empirait tellement à Naples, la ligue organisée par ie pape devenait si menaçante 5 que le roi dut aviser au retour 5. Il se fit sacrer dans la cathédrale de Naples avec toute la pompe et la solennité possibles ; Giovanni Pontano, qui avait été au service des rois aragonais et avait vu de près leurs turpitudes, les rappela avec insistance dans le discours qu’il adressa au roi en cette circonstance en même temps qu'il exaltait ses vertus et ses mérites.
Afin de ne pas se voir fermer la route de la retraite à travers les États de l’Église, Charles VIII adressa au pape, le 8 mai 1495, une lettre pour le rassurer sur ses intentions. Préférant le soin de sa sécurité au désir très légitime qu’il aurait pu avoir de venger les affronts qu’il avait reçus, il l’assurait qu’il agirait en allié et ne séjournerait pas ; il
1. En mai 1490, le corps de Djem était encore à Lecca, le Turc de ses fils l’ait accompagné en Italie et ait péri de façon si
ne voulant pas l'envoyer chercher. tragique. Il s’agirait donc ici d’un parent du cardinal. 2, Payés le 24 avril. 5. Traité du 31 mars 1495 conclu entre le pape, Venise, Milan, 3. BurcHaRp. Cf JEAN MouiNET, Chronique. l'Espagne et l’empereur Maximilien. 4. Avant d’entrer dans les ordres, le cardinal avait eu de Raou- 6. ARTURO SEGRE, 1 Prodromi della ritirata di Carlo VIII, dans
ette de Beaune, quatre fils et une fille. Il ne semble pas qu'aucun Archiv, Stor. Lialiano, 8e série, 1904 p. 350.
insistait pour avoir une entrevue avec lui. Le mauvais état des chemins dans les Marches, ajoutait-il, l’obligeait à passer par Rome. Il voulait aussi exprimer au souverain pontife sa filiale affection et rendre grâces à Dieu dans les basiliques romaines de ses victoires. D'ailleurs, des tentes avaient été fabriquées à Naples afin que les soldatsfrançais n’eussent pas à loger chez les habitants.
Briçonnet fut dépêché aussitôt à Rome pour y porter ce message ; onze jours après il était suivi du cardinal de Saint-Denis qu’accompagnait le comte de Bresse et Philippe de Luxembourg. Le 20 mai, ils exposaient au souverain pontife les intentions du roi et, comme il n’avait pas renoncé à la conquête du royaume de Naples malgré la leçon des événements, ils réclamèrent du pape qu'il régularisât l'investiture qu'il s'était engagé à lui accorder ; en retour, le roi offrait un cens annuel de 50 000 ducats et une somme de 100 000 ducats que le Saint-Siège réclamait des souverains aragonais. Alexandre VI les écouta et fit, à son habitude, une réponse évasive. Il était resté longtemps incertain, ne sachant s'il attendrait le roi ou s’opposerait par la force à son passage, car il ignorait s’il pouvait compter sérieusement sur ses alliés ; le duc de Milan, Venise, lui avaient promis des secours et conseillé de défendre Rome, puis, se rappelant que le pape avait appelé dans Rome l’armée napolitaine et l’avait fait déguerpir, ils refusèrent de lui envoyer des soldats et lui conseillèrent de quitter la ville. C’est pourquoi le jour même où le roi entrait à Ceprano, situé à la frontière du Royaume et des Etats de l’Église (28 mai 1495), il s’éloigna avec vingt cardinaux et les envoyés des États qui participaient à la Ligue.
Deux mille soldats vénitiens et milanais lui servirent d’escorte ; son premier refuge fut Orvieto (27 mai 1495), dont il avait nommé gouverneurs son fils et un Espagnol. L’évêque de Terni, Espagnol également, était « provéditeur de la défense 1». Le 1er juin le pape tint un consistoire et y manifesta ses volontés, disant qu’il avait mandé de Viterbe et de Montefñiascone toute l'artillerie disponible avec des munitions et s’apprêtait à résister opiniâtrement. Le surlendemain arriva l'ambassadeur impérial qui fut reçu avec beaucoup de pompe et confirma le pape dans ses velléités de défense.
Le cardinal Pallavicini, un Génois, agréable par conséquent au roi, avait été laissé à Rome comme vicaire.
L'armée royale, en quittant Naples, le 20 mai 1495, ne comptait plus que dix
douze mille hommes dont trois mille Suisses, mille Gascons, neuf cents chevaliers 2. Elle était suivie de soixante chariots d'artillerie. Ses pertes étaient grandes depuis qu’elle avait franchi les Alpes allégrement neuf mois auparavant. On trouvait partout le long de la route qu’elle avait suivie, au dire de l’envoyé vénitien, des morts et des mourants *, Cependant elle était imposante et redoutable encore. A la nouvelle qu’elle appro-
1. L. Fumi, Alessandro VI e Il Valentino in Orvieto, 1877. I] gnilo, alias El Bruscho... Ainsi sans exception tout le long du
existait à Orvieto, à cette époque, une singulière coutume. Tout le monde avait un surnom. Dans un registre mortuaire de Ser Tommaso di Silvestro, publié par Luigi Fumi (Nuova Fenice), Orvieto, 1891), on constate des mentions telles que celles-ci: Mariano, alias Lo Zingaro ; Giuhanna, alias La Stoppa ; Antonio, alias El Piurio ; Pietro de ser Luca, alias El Monzo ; Gruhanna-
registre qui s’étend de 1482 à 1510.
2. li est bien invraisemblable qu’elle ait compté vingt à quarante mille hommes, comme certains historiens l’ont raconté. Le poète Alione parle de huit mille hommes et semble généralement bien reuseigné.