‹ Une cour princière au Vatican pendant la RenaissanceChapitre 2 sur 203 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

et d'Alexandre VI dont cet ouvrage contient l'histoire, la Cour pontificale s'occupa

surtout d'affaires temporelles, non pas que les papes aient du tout négligé leurs devoirs de chefs de la religion catholique qu'ils exerçaient assidûment et sans doute pieusement, mais parce que leurs principaux soucis furent d'ordre séculier, on pourrait dire familial. Le soin d'établir, d'enrichir les leurs présida à leur action politique. Le népotisme, bour employer une expression atténuée, atteignit alors son paroxysme. Les ressources, la puissance du Saint-Siège servirent à peu près uniquement à satisfaire les vœux de l'affection paternelle, surtout au temps d'Alexandre VI qui, il ne faut le perdre de vue, élait un étranger, un Espagnol, qui considérait l'Italie comme une terre à conquérir.

Mais il se trouva que cet effort tourna au profit de l'Église, Sic vos non vobis. Ceux en faveur de qui les papes avaient sacrifié les intérêts qui leur étaient confiés, disparurent et l'Église profita de ce qui avait été fait pour eux, surtout sous le pontificat d'Alexandre VI. Inconsciemment il fut un grand pape et répara le dommage causé par ses prédécesseurs, en particulier par Sixte IV. La restauration temporelle de l'Église sortit de celte époque désastreuse. Après la liquidation à laquelle présida Jules II, les États pontificaux étaient reconstitués et la papauté avait recouvré sa force.

Si l’œuvre intentionnelle des trois papes disparut, il subsista de cette période, au Vatican comme à la ville, le goût de la vie mondaïine ; à ce point de vue, la cour des papes qui se succédèrent jusqu'au milieu du XVI® siècle, se ressent de l'influence des pontificats précédents. Elle fut essentiellement une cour princière, semblable aux autres cours italiennes. On s’y divertit, parfois sans grand souci des bienséances ; les fêtes, les représentations théâtrales, les danses s’y succédèrent au milieu d’un luxe inouï, le fou fra Mariano et le poète bouffon Baraballo amusaient de leurs espiègleries et plus encore de leurs grossièretés la foule mélangée, un peu cosmopolite, qui fréquentait le palais ; les femmes y étaient admises et il n'est pas certain que les courtisanes en fussent exclues.

La licence du pontificat d'Alexandre VI fut le résultat des deux pontificats précédenis ;

Pr une trentaine d'années, sous les pontificats de Sixte IV, d'Innocent VIII

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