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LEVPAPE SIXTEX IV ET) LESYROMAINS 33
à la chapelle de Saint-Sébastien située sur la voie Appienne et qui était une des « sept églises » afin d’être protégés contre le fléau. On fit des processions et l’on promena par les rues l’image de Sainte-Marie-Majeure. Sixte IV s’éloigna de Rome dès le 10 juin 1476 pour n’y rentrer qu’à la fin de l’année, probablement le 23 octobre !, après avoir erré tout l'été de ville en ville, à Vetralla, Bieda, Sutri, Caprarola ; quand il revint, la Curie était très diminuée par les décès.
Le cardinal Gio. Batta Cibo, le futur Innocent VIII, avait été laissé comme légat; malgré ses diligences, la misère était devenue de plus en plus grande ; le Capitole avait dû être fermé et la justice se rendait au pied du grand escalier ; les scènes habituelles s'étaient déroulées : pas de porteurs pour les cadavres, les pères transportant ieurs enfants morts sur leurs épaules pour les enterrer, des violences, des pillages.
Le 18 décembre 1476, Sixte IV fit cinq cardinaux dont deux étaient français, Charles de Bourbon, archevêque de Lyon, et Pierre de Foix, neveu de Louis XI 2.
A ce moment, la politique pontificale s’appuyait surtout sur le roi de Naples. La confiance était alors entière entre Rome et Naples ; naguère avant de quitter Rome, c'était à Ferdinando que Sixte IV avait demandé de lui garantir la sécurité de ses États. Le 13 juin 1477, le duc de Calabre, Alfonso d’Aragon, l’héritier du trône, vint vénérer le pape ; il repartit trois jours après par mer, comme il était venu.
Le 24 juin 1477 arriva à Rome la femme de Girolamo, Caterina Sforza dont le père, Galeazzo Maria, venait d’être assassiné le 26 décembre précédent. Ses meurtriers passèrent pour des héros dignes de l’antiquité dont ils s’inspiraient ; telle était, en effet, la mentalité qui commençait à s'imposer. On fit à Caterina grand accueil. Elle assista à Saint-Pierre à une messe solennelle qui dura trois heures. Pourtant on disait à Rome que Sixte IV voulait les cérémonies moins longues que Paul II à.
Le 10 août 1477 * mourut le cardinal camerlingue, Latino Orsini. L'église S. Salvatore in Lauro avait été construite à ses frais et cédée par lui aux chanoïnes réguliers de S. Giorgio in Alga ÿ.
Orsini eut pour successeur comme camerlingue, le vieux cardinal d’'Estouteville. Son ardeur à embellir leur cité faisait de lui un des favoris des Romains. Il est vrai qu’il promettait parfois sans rien donner ensuite. Ainsi il venait d'offrir de payer les frais d'établissement d’un marché sur la place Navona ; la région avoisinante se peuplait, en effet, rapidement et il n’y avait de marché qu’à l’autre extrémité de la ville, sur la place du Capitole 6. Le marché fut installé par les soins du conseil communal, maïs onc ne vit-on l'argent du cardinal.
1. Chronique de Viterbe de Giovanni de Juzzo, suite à celle de Nic. della Tuccia, p. 413.
2. Le fameux Giorgio Costa fut élu dans cette promotion (cardinal de Lisbonne). Il était né en 1406 dans la province de Beira, en Portugal. Il mourut à Rome en 1508, le 19 septembre.
3. P1ER D. PAsoLINI, Caterina Sjorza, Rome, 1893. Caterina était née vers 1463 ; elle avait donc quatorze ans.
4. EUBEL donne la date du 11, INFEssuRA celle du 21 Cf, MuRA- Tori, Chron. Volterrano, nouv. édition, vol. XXIII, fasc. 26, 27.
5. Détruite par un incendie en 1591, cette église a été reconstruite et porte le nom de Madonna di Loreto. Le cardinal, autorisé par le pape, lui avait légué sa bibliothèque qui fut dispersée lors du sac de 1527.
6. Ce marché existait depuis un temps immémorial. Il en est fait mention dans une bulle d’Anaclet, par conséquent vers 1130. On y vendait des grains, des légumes, des victuailles. Fr. CAn- CELLIERI, 1} Mercato, Rome, 1811. Au xv® siècle le marché se faisait une fois par semaine le mercredi.
Le conseil communal, qui allait jouer un rôle important dans l’histoire de Rome, apparaît en cette occasion pour la première fois. Il se constituait depuis quelque temps déjà ; les statuts de 1469 en avaient reconnu l'existence, mais implicitement. Il était composé des trois conservateurs, du prieur des caporioni et de ses douze collègues avec leurs trente-neuf conseillers, choisis par eux à raison de trois par quartier, soit cinquantecinq membres en tout. Ce conseil ne se réunissait pas de façon régulière et n'avait pas encore d'archives. Toutefois, il s’était arrogé le droit de décerner le titre de citoyen romain. Le 15 décembre 1477, il conférait ce titre à Girolamo Riario.
Le 10 décembre 1477, Sixte IV fit une promotion de sept cardinaux dont trois étaient ses neveux comme il a été dit : Cristoforo della Rovere 1, gouverneur du château Saint-Ange, quimourut le 1er février suivant (1478), Girolamo? Basso, évêque de Recanati depuis l’année précédente, et Raffaele Galeotto Sansoni Riarioë. Le 10 février 1478, il nommait encore Domenico della Rovere, frère de Cristoforo, en sorte qu’il eut alors six neveux dans le Sacré Collège.
1. Au titre de S. Vitale puis de S. Clemente. Sa parenté avec 3. Du titre de S. Sabina et de S. Laurenzo in Damaso mort
le pape n’est pas bien établie. en 1521.