CONCLUSION DE LA PAIX. — ENTRE DEUX GUERRES
Les Romains s'étaient flattés trop tôt que la victoire de Campomorto mettrait fin à leurs tribulations.
L'armée royale se reconstitua promptement ; elle n’avait pas même été délogée de Rocca di Papa. Les soldats du duc de Calabre s’enhardirent bientôt jusqu’à venir piller aux portes de la ville; bien plus, ilsallèrent s’emparerde bestiaux que les Romains, croyant les mettre bien à l'abri, avaient parqués au Nord de la ville, au lieu qu’on appelait l’Isola Farnèse, entre le Tibre et le Teverone (Anio) # L'armée pontificale, au contraire, était fort diminuée. Sitôt la mort de Malatesta, les Vénitiens avaient retiré leurs troupes. Le 30 septembre 1482, Girolamo, qui manquait de qualités guerrières, d'énergie et d’habileté, dut lever « sans honneur » le siège de Cave 5 ; cependant on avait amené de la grosse artillerie ; la population reconduisit les assiégeants en poussant de grands cris et en frappant sur des chaudrons.
Les actions de détail sans résultat se succédaient. Enfin, le 8 novembre 1482, les troupes pontificales prirent leurs quartiers d'hiver et le comte Girolamo rentra à Rome 6. La situation y était mauvaise et le mécontentement allait grandissant. Les ennemis dévastaient les champs situés autour de la ville et détruisaient les moulins ; la farine montait de prix, le bois à brûler n’arrivait plus et la main-d'œuvre se faisait rare. Les
1. Machiavel et Sanudo y croient. On fit circuler à Romecdes vers où sa mort est attribuée à Girolamo :
Roberto son 10, che veni, vidi e vinsi L'inclito duca e Roma liberai E lui d'honor e me di vita spinsi.
2 Robertolaissait trois enfants illégitimes: Pandolfino, Raimondo et Carlo, nés de sa maîtresse Elisabetta Obizo Aldobrandini. Sa femme, Isabella, ne lui avait pas donné d’enfants. CH. YRIARTE, Rimini, Paris, 1882, p. 338. Roberto avait une cousine, Agnesina, fille de Sigismondo, qui épousa Fabrizio Colonna et devint mère de la poétesse Vittoria Colonna, Peu à peu apparaissent les per-
sonnages de la belle époque. Elle naquit en 1442(Domenico Tordi),
3. Salles de la sculpture italienne de la Renaissance. Déposé dans les cryptes de Saint-Pierre et longtemps oublié, ce hautrelief passa dans la collection Borghèse d’où il est venu au Louvre.
4. À la bifurcation des voies Cassia et Claudia. On supposait que là était l'emplacement de l’antique Veies, On appelait aussi ce lieu l’Isola del Ponte Veneno. Le hameau, situé sur un monticule, ne comptait que quelques habitants ; il appartenait depuis longtemps aux Orsini.