Dans l’église S. Croce in Gerusalemme, comme on verra
Romains affectionnaient ces rapprochements ; on avait eu une idée semblable lors de l’arrivée de la tête de saint André, au temps du pape Pie IT. Cette fois, comme alors, on se ravisa à temps.
La relique fut déposée dans l'église S. Maria del Popolo. Le surlendemain, 31 mai jour de l’Ascension, le pape vint la recevoir et elle lui fut remise au milieu d’un grand recueillement.
Le cortège fit un long détour pour se rendre à Saint-Pierre, afin que plus de monde pût contempler la relique.
La joie de la foule immense accourue pour assister à cette cérémonie était d'autant plus exubérante que, sur le conseil, semble-t-il, de ce bon Burchard, qui était Alsacien ?, les fontaines jetaient ce jour-là du vin au lieu d’eau. La première idée du pape avait été d’honorer l’arrivée de ce trésor par un jour d’abstinence et de prière, mais il lui fut objecté qu’un jeûne entre deux carêmes pourrait bien ne pas être du goût des Romains et qu’on risquerait fort d'entendre des blasphèmes au lieu d’acclamations.
La cérémonie achevée, le pape, brandissant la lance, donna sa bénédiction au peuple assemblé sur la place Saint-Pierre. Il s'était trouvé mal un peu auparavant.
L'entrée de l'ambassadeur turc avait eu lieu la veille, car il sembla peu convenable de faire figurer des turbans dans la procession qui accompagnait la relique.
Elle fut placée dans une chambre attenant à celle du pape, en attendant qu’on lui ait préparé un abri digne d’elle dans la basilique Saint-Pierre. Le pape mourut d’ailleurs sans avoir terminé le ciborium où il voulait la déposer à côté du Saint-Suaire. Avant d’expirer, il confia aux cardinaux Cibo et Pallavicini le soin de veiller à l'exécution de sa pensée, ainsi qu’en faisait foi une inscription aujourd’hui disparue 3. Le ciborium fut édifié après sa mort à l'emplacement d’une chapelle élevée par Grégoire III et qui tombait en ruine.
Quand on démolit, en 1507, la chapelle du Sauveur pour bâtir la nouvelle basilique, le ciborium fut transporté dans la nef de droite ; cent ans plus tard, il fut détruit ; des fragments s’en voient dans les cryptes du Vatican; ils consistent en médaillons représentant des saints, saint Jérôme, saint Augustin, saint Ambroise et ‘les anges vénérant la
cieux, les intimes renseignements sur le règne et la vie privée d’Alexandre VI. Ses adversaires, et surtout Paride de Grassis qui