‹ Une cour princière au Vatican pendant la RenaissanceChapitre 71 sur 203 · On y voit encore le château des Borja · texte numérisé non relu

On y voit encore le château des Borja

4. Par une curieuse rencontre, César Borgia y fut enfermé lors de son transfert de Naples en Espagne.

5 Par D. SANCHIS Y SIVERA.

6. Comme le porte le testament de Juana Borja, sœur de Calixte III et d’Isabel, rédigé le 20 septembre 1458,

qui avait fait son apparition en Catalogue, vers le xi® siècle. En1539, 8 sueldos valaient un maravedi. Au commencement du xve siècle, un document cité par Sanchis (p. 162) porte qu'il fallait 19 sous pour faire l'équivalent d’un ducat de Rome qui, comme on l’a vu, valait environ 12 francs. Voir NARCISO SENTENAC, Estudios sobre Nunismatica española, III, Madrid, 1906. —JoAQuIN BoTET, Les Monedes catalanes, Barcelone, 1908. — Descripcion general de las Monedas Hisp., vol. I, Madrid, 1865. — A. ENGEL, Traité de Numismatique du M oyen Age, Paris, 1905, p. 1346:

celui de l’un de ses maîtres, Juan Garcia, qui reçut même somme. Rodrigo eut également pour maître Antonio Noguaroles.

Mais cette éducation dans un bourg perdu du royaume de Valence ne pouvait qu'être bien rudimentaire et ne lui aurait pas ouvert la carrière des honneurs ; sa bonne fortune voulut que, son père étant mort quand il avait dix ans (1441), sa mère allât s'installer à Valence.

La vie intellectuelle y était active plus que partout ailleurs en Espagne ; c’est dans cette ville que fonctionna, dès 1474, la première imprimerie établie en Espagne !; quatre ans auparavant une université y avait été fondée. De nombreux écrivains y vivaient, dont la plupart étaient originaires du pays et écrivaient en dialecte limousin qui était aussi celui de Valence ?. Juan de Mena, le poète favori et l’historiographe du roi de Castille, y composait des vers aimables et abondants.

Dans ce milieu cultivé, Rodrigo put développer son intelligence et pousser loin son instruction ; il s’appliqua de préférence, comme naguère son oncle Calixte III, à l’étude du droit dans laquelle il devait se perfectionner plus tard à l’université de Bologne et qui était en honneur à Valence où le commerce intense qui s’y pratiquait amenait inévitablement de fréquentes contestations. Et puis l'humeur des Catalans était alors fort processive.

On a avancé qu’il avait plaidé non sans succès devant les tribunaux valencins à ; ce qui est sûr, c’est qu'étant pape il émerveillait ses entours et même Burchard, qui ne l’aimait guère, par l'étendue et la précision de son savoir juridique.

Les plaisirs ne lui manquaiïent pas non plus. Valence était à ce moment une ville commerçante et riche dont le port avait beaucoup d’activité. On y exportait vers l'Italie, la Barbarie et les Echelles du Levant les nombreux produits des riches plaines environnantes, les céréales, les riz, le miel, la laine, les cuirs, de même que les poteries fabriquées dans la ville et des objets de luxe. Valence l’emportait depuis une centaine d’années sur Barcelone, qu'avaient ruinée ses querelles intestines. Il en était résulté que les habitants jouissaient d’une grande aisance. On y vivait largement et joyeusement. Son marché d'esclaves était renommé. Ses jardins réunissaient aux plantes exotiques les fleurs les plus délicates et faisaient l'admiration des voyageurs. Dans sa description de l'Espagne, Jérôme Münzer 4 dit que les hommes étaient aimables, enjoués, élégants, quelque peu débauchés et volontiers prodigues, et queles femmes aimaïent la parure, se décolletaient outrageusement *, se parfumaient d’huiles odorantes et d’onguents et se fardaient. Bien avant dans la nuit, on se promenait à travers les rues où les boutiques des pâtissiers

1. Le premier volume imprimé fut un recueil de poésies en langue a été publié par L. Pfandel dans la Revue Hispanique, 1920, et

limousine.

2. VICENTE XIMENO, Escritores del Regno de Valencia, Valence, 1747-1749.

3. On a dit aussi qu’il s'était fait chef de bandes : cela paraît peu probable.

4. Le voyageur allemand J. Münzer parcourut la Catalogne et le royaume de Valence en 1494-1495. La relation de son voyage

Julio Puzol en a donné une traduction avec une notice préliminaire dans le Buletin de la R. Academia de la Historia, janvier 1924. — Cf. RoBErT GAGUIN, La Mer des chroniques, Paris, 1518. — Martéjoz L'Espagne sous Ferdinand ei Isabelle, Paris, 1892. Dans les Dialogues de Luis Vivès (1492-1540), il est également parlé des mœurs de Valence.

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