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Raymond Péraud ou Pérault, évêque de Gurk, en Carinthie

HISTOIRE DE ROMF.

d’ambassadeur en même temps que Jean de Cassagnes, seigneur de Gemozac, et Jean de Res, seigneur de Saint-Loup; il fit son entrée le 8 mars 1481. Il fut nonce en Allemagne pour y recueillir de l’argent pour la croisade qu’on l’accusa à Rome d’avoir dilapidé, A la demande de l’empereur Maximilien, le pape le créa cardinal en 1493. Cependant, ilétaitsujet du roi de France, étant né à Surgères le 28 mai 1435. Il mourut à Viterbe le 5 septembre 1505. BER- TRAND, Biog. du card. Péraud. La Rochelle 1887. — A. GOTTLOB.

son tour d’aller sonder ses intentions (15 novembre 1494), puis le cardinal Piccolomini (4 décembre). Mais aux uns comme aux autres, le roi faisait même réponse : il voulait faire la guerre aux Turcs, et réclamait le libre passage à travers les terres de l’Église, et le droit de faire des réquisitions ; au surplus, il ne donnait aucune assurance quant à sa conduite envers le pape. Celui-ci s’inquiétait de plus en plus. De plus en plus il appréhendait que la simonie dont il s'était rendu coupable au conclave ne permît d'annuler le vote qui l'avait élevé au trône pontifical. Ne lui ferait-on pas un grief de sa conduite scandaleuse et des débauches dont il souillait le Vatican? L'Europe entière en était instruite. Ses ennemis, ainsi que les cardinaux opposants, parlaient ouvertement de le déposer. Or les Français « qui ne pouvaient comprendre qu’un pape n’était pas fait d’autre chair que le reste des hommes» pourraient bien prendre au tragique ces accusations? L’anxiété était donc grande au Vatican, quand une révélation terrible vint aggraver encore la situation d'Alexandre VI. On apprit qu’il avait fait appel au Grand Turc ! Au mois de juin 1494, le pape avait envoyé de nouveau à Constantinople Giorgio Bocciardo en compagnie d’un ou deux de ses frères, avec des instructions écrites dont il donna reçu ; elles lui enjoignaient de réclamer au sultan Bayazid la pension de Djem et de lui représenter que le dessein du roi de France était de venir à Rome pour s’y emparer de son frère, afin de se servir de lui dans la campagne qu'il projetait contre l'Empire turc. Il arrivait, lui annonçait le pape, suivi de bandes de Bretons, de Gascons, de Normands, encouragé et soutenu par le duc de Milan. S'il réussissait à s'emparer de Djem sultan, il obtiendrait sûrement le concours des Espagnols, des Anglais, des Hongrois, des Polonais et de l’empereur. Ce serait une redoutable croisade. Pour parer à ce danger, le sultan devait peser sur les Vénitiens pour qu'ils s’opposassent à la descente du roien Italie. Les ennemis du pape étaient ceux du sultan, ses amis les siens. :

Bocciardo chercherait à obtenir du sultan qu’il cessât d'attaquer les Hongrois et les Croates. Le pape, en retour, se chargeait d'obtenir que ceux-ci s’abstinssent de molester les sujets du sultan.

Le document contenait à chaque ligne des protestations et des assurances d'amitié ; le pape ne se serait pas adressé d’autre façon à son plus fidèle allié.

Ce qui montre à quel point le sultan entretenait de bons rapports avec le souverain pontife et pensait être en faveur auprès de lui, c’est qu’il crut pouvoir lui demander le chapeau pour un parent de Bocciardo, Nicola Cibo, archevêque d’Arles.

Outre les instructions écrites, il y en avait sans doute d’orales et secrètes, comme c'était la coutume et comme la suite de cette ambassade le donne à penser.

Bayazid reçut l’envoyé du pape avec bienveillance, s’entretint avec lui et finalement ui remit quatre lettres datées des 12-18 septembre 1494, dans lesquelles il annonçait au souverain pontife l’arrivée de son ambassadeur à Constantinople, se louait de la façon dont il s'était acquitté de sa mission, l’informait que, bien que l’échéance de la pension de Djem ne fût pas arrivée, néanmoins il lui en envoyait le montant, accordait à Bocciardo la permission de s’en retourner et lui remettait ses lettres de rappel. Dans

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